L'IDÉAL HUMAIN
augmente, tend de plus eu plusvèrs un pouvoir sans limite ; elle atteste à son tour l'ambition de FinjOni qui noua remplit.
Le désir de l'inGni coustitiie rhumaiiitt'. Sans lui, il u'y aurait sur la terre qu'un animal de plus ou un dieu.
Nous nous faisons un idéal de toute chose : de la famille, du mariage, de l'éducation, de la femme, de Thomme, de la patrie, de la société, de la civilisation et de Dieu. Politique, science , industrie, poésie, religion, tout nait en nous de l'idée. Chaque homme agit en vertu des notions qu'il s'est formées du bien, du mal, du beau, du laid, du vrai, du faux, du bonheur et du malheur; sur chaque objet, sur chaque événement, sur chaque personne, sur lui-même et sur les autres, il promène quelque idéal qu'il porte en soi et dont il les éclaire ; c'est à cette lumière, vraie ou trompeuse, que tout lui apparaît. L'homme, en un mot, pense tout; c'est pour cela qu'il ne sera jamais au but. 11 est né pour voir l'idéal grandir et changer avec lui, il ja« lonnerait de ses progrès Tinimensité sans nulle part achever sa course. Sa condition est la perfectibilité et non la perfectioQ, il gravira réchelle des sociétés et n'atteindra pas la cime de la justice ; il ira de découvertes en découvertes, et ne pénétrera pas la vérité dernière des choses qui serait la science infinie dont il réve la possession ; il élèvera dans son cœur des amours plus vastes, plus purs et plus ardents, et de son cœur malgré tout s'échapperont encore les soupirs, les désirs, les défaillances et les regrets : il ne connaîtra pas le bonheur iscomplet. L'homme est condamné au progrès sans relâche, le progrès est sa fatalité. Quand il voudrait s'arrêter, la douleur ne le lui permettrait pas ; il le* commencera sans cesse son œuvre, comme l'aballe ou Ut fourmi la leur, en vertu d'un instinct aussi invincible, quoi-
que d'un ordre plus élevé. L'aiguillon de sa misère restera
dans ses flancs, l'idée de la perfection dans sou esprit. Il est semblable à un architecte (n'est-ii pas celui de ses destinées?) qui aurait réré un palais de diamant à l'ahri des injures du temps, et qui, contraint d'employer des matériaux réfractaircs, ne possédant d'ailleurs qui- des outils inférieurs, ne réussirait, au lieu d'édiber son réve, qu'à élever des cous* tructions tronquées, où se montreraient les sublimes desseins de son intelligence et les admirables efforts de son Ame, mais aussi les infirmités de son or-anisalion et riusuffisance manifeste des éléments qu'il a sous la main.
Reconnaissons donc nos misères; l'econiiaisBons également qu'il y a dans nous un vœu qui défie toute réalité, et que MonUii-ne a eu tort de dire : « Qui verra l'homme sans le flatter, il n'y verra ny eÛicace ny facuité qui sente auitre chose que la mort et la terre. »
l'ame kt le corps — l'homme physique et moral
la vie et la mort.
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Le corps est composé, et le corps est ua : le principe de son unité est la vie. La mort est l'opposé de la vie, et la mort a toujours pour conséquence la décomposition de l'organisme; la vie est donc la force qui unit entre eux les éiéuieuls du corps et qui les maiuticnt sous la loi d'une commune fin. Elle est une cause, que nous connaissons et constatons comme toutes les autres, par les efiets qu'elle produit. Qui voit un corps vivant ne peut nier Tuuité de vie qui l'aninie ; qui voit uu corps se décomposer ne peut nier la multiplicité des éléments au sein desquels cette unité se manifeste. La vie est la synthèse de l'être viTant, Qliandellele quitte, le faisceau organi(|aese rompt et la forme se dissout; la décomposilioii atteste rexisleoce d'une chose qui était en plus dans le corps vivant, qui est eu moins dans le corps qui ne vit plus.
Tout corps vivant représente un ensemble d'or<?anes, mais
aucuu oi'i^àne ue foucliouue isolémeut^ chacuu se rattache à
Si Dî' LA NATURE HUMAINS
Torganisme, comme la brauche au tronc, et le suppose : Torganisme en disparaissant entraîne ses organes. L'organisme lui-même a sa racine dans l'unité qu'il trahit à nos
yonx. CcMe lîiiilé ne détruit ni ne nMiiplaci' les propriétés •los élcinenls mullipies qu'elle associe dans r^lre sous la loi d'un type spécial ; elle n'y ajoute rien, elle n'en réfranche rien. Quelle nouveauté nous propose donc la Tie? Elle nous montre les lois méraiiifiues, physiques, chimiques, 8*nccompiissant dans un milieu particulier. Les éléments qu'elle met en présence gardent leurs qualités respectives, mais ces qualités subordonnées à la loi du groupement organique, obéissent sans qu'ils changent de nalure à la finalité commune de ses parties. Chaque loi implique une force dont elle n'est que le mode d'action. Les lois mécaniques, physiques et chimiques expliquent-elles tous les phénomènes du corps vivant? alors il n'y a pas de force spéciale de la vie. Qu'est-ce que le poumon? une pompe à air; le cœur est une machine hydraulique, Teskomac un crible ; les intestins ne sont qu*un tamis, les nerfs une télégraphie, les nniscies et les os des leviers. Mvrc, c'est respirer, expirer c'est mourir. Poui* expliquer ces phc»nonuènes, je n'ai besoin que des lois connues de la matière. Mais pour que les lois physiques , chimiques et méca^ niques soient ainsi mises en jeu dans lo corps vivant, il faut que ce corps existe, c'est-à-dire que ses molécules constitutives se trouvent unies d'une manière particulière dans un organisme déterminé : qu'elles forment une bouche, des dents, un estomac, un poumon, un cœur, un cerveau, un réseau de vaisseaux et de nerfs, une charpente osseuse, des tissus, des fibres et des muscles ; et que ces ehojies soient associées de telle sorte qu'elles conspirent en* bt'iuljle u créet uu être unique duué du sentiment de bua