L'AME ET LS COAPS • S
unité. La vie étant le lien du corps ne peut appartenir à aucnn de ses éléments en particulier ; elle est essentielle au
(Y)r[)s en faut que celui-ci roinésoiito l'association dos é\6» nicnls corporels : elle ne lui est pas essentielle en tant qu'il ne représente qu'une multiplicité d'éléments et de propriétés élémentaires sur lesquels la mort est sans prise, et dont chacun reste indépendant de la loi qui los rassemblo pour une nreine fin.
« On cherche dans des considérations abstraites la dérinition de la vie; on la trouvera, je crois, dans cet aperçu général : la vie est rensemble des jonctions qui lesiitent à la mort.
9 Tel est, en effet, le mode d'existence de tous les corps vivants, que tout ce qui les entoure tend à les détruire. IjCs
corps inorgan 1(1 lies agissent sans cesse sur eux; eux-mêmes exercent les uns sur les autres une aclioii conlinuello; bientôt ils succomberaient s'ils n'avaient en eux un principe permanent de réaction. Ce principe est celui de la vie ; in« connu dans sa nature, il ne peut être apprécié que par ses phénomènes : or, le plus général de ses phénomènes est celte alternative habituelle d'action de la part des corps esté* rieurs et de réaction de la part du corps vivant, alternative dont les proportions varient suivant l'âge.
» Il y a surabondance de vie dans l'enfant, parce que la réaction surpasse Taclion. L'adulte voit Téquililm s'établir entre elles, et par là. même cette turgescence vitale disparaître. La réaction du principe interne diminue chez le vieillard, l'action des corps extérieurs restant la même; alors la vie languit et s'avance insensiblement vers son termo naturel, qui arrive lor8(|ue toute proportion cesse ^ »
aé Di: LA NATURE HUMAINE!
La vie est une force de développement et d'unité ; elle est dans l'être vivant ce qui résiste à la dissolution et à
l'inertie, qui est la mort.
La force de vie commence pour nous à se manifester dans le germe, première apparition du corps, elle ne cesse de nous apparaître tout à fait que lorsque le corps dissous a rendu ses parties h leurs affinités élémentaires. Mais les phéuomtMiPs de dissolution commencent avant la mort complète, et dès que l'organisme entre dans la voie des- " oendante; ils ne sont qu'une métamorphose rétrograde, une ima*!e renversée du jiro^rès organique : la vie qui aiîluait dans rêtre y produisait le di^veloj'pfMiienl, cllo y entretenait la cobésiou ; en refluant elle ralTaibiit, et finit par abandonner le corps, comme une épave échouée sur la grève.
Le rhythmc descendant do la vie correspond cx.ictonient à son rhythme ascendant, et le crescendo au decrescetUo organique. Ce qui était diffus se combine organiquement; c'est la naissance, qui commence par le germe. Ce qui s'est agrégé se maiiUienl, se transForme et s'accroît; c'est la vie dans la série de ses évolutions ascendantes. Ce qui s'est développé s'arrête, et pais lentement décline et diminue le lien organique se relâche en même temps que s'épuise la force de |ù ij,rès, larjuclle s'est dépensée dans ses elVets mêmes, ainsi que la séve qui passe dans les feuilles, les fleurs et les fruits. Rien ne s'est perdu « tout s'est transformé. La naissance, la vie, la mort, sont les trois termes d'une métamorphose dont l'être qui l'accomplit e>l à la fuis le j)rinci|te t l i'olijot.
11 y a deux esjiôces de mort, l'une qui vieut du corps, l'autre qui vient de l'âme et qui est la mort naturelle. La mort vient du corps, lorsque par accident extérieur ou maladie, l'équilibie organique des élémeuts est troublé au