LE BIEN RT LB MAL
Si chat {lie besoin naturel du rorps contient le germe d'un défaut, il eu est de même des besoios de l'âme. Le mysticisme est l'abus du sentiment dans la religion, la superstition est la foi qui, détachée de la raison, verse dans la crédulité. Quiconque se livre sans contrôle à son imagination, l'aiLd'une faculté précieuse lorsqu'elle est alliée à l'observation et à l'étude, la faculté de création, un usage qui, de degrés en degrés, le peut conduire, par Texcentricité et la fantaisie, jnsqu*à la folie pure. La curiosité elle-même, essence de l'esprit, devient un défaut lorsqu'elle envahit tout l'homme et l'absorbe ; un savant qui n'est que savant est une mons* truosité. Elle peut s'égarer, et l'homme à sa suite, lorsque visant au delà des facultés humaines, elle s'attaque à des problèmes insolubles et s'y obstine ; elle peut en sens opposé nous entraîner au-dessous de l'humanité lorsqu'elle tombe, comme cela se voit chez les mondains, dans les futilités, 1 indiscrétion et les vains commérages. L'instinct du cœur est d'aimer, l'amour est son droit et sa vie j mais tous les genres d affection peuvent dégénérer : Tamour conjugal, Tamour maternel, filial, fraternel, l'amitié, toutes les noblesses et les puissances du cœur qui déplacent l'individu, et par la vertu du dévouement l'absorbent en autrui, sont susceptibles en s'attachaut à des objets indignes, en sacrifiant ce qui vaut mieux à ce qui vaut moins, de desservir Thumanité au lieu de la servir. Quelle noble flamme que l'enthousiasme, que de ravages pourtant elle a commis alimentée de nos erreurs I II en est des facultés morales et physiques de l*homme comme de toutes les forces, le bien et le mal qu'elles font dépend de leur application ; sans changer de nature, en changeant seulement d'ohjet, elles deviennent des artisans de mort ou de vie, et les plus puissantes le sont à la fois pour le mal et pour le bien.
m DE LA HATURE HUMAINE
La vertu consiste dans remploi des facultés humaines
conrormément à la nature de l'hommo, elh; supjiose leur coucoui'Si aussi les ascètes qui niulilaiont l'homme afin do mieux pratiquer la Tertu, n'entendaient rien à la vertu, parce qu'ils ignoraient l'humanité, La vertu est Vordredaus l'homme, et la raison, où réside l'amour do Tordre, est son tuteur naturel. Dans les moiiï^t .vs à face huniaine, une passion unique emporte tout l'homme d'un seul côté ; en eux la laisoni Tordre, la vertu sont outragùs ensemble» et Dieu avec elles. Un Néron, un Marat sortent de Thuroanité ; regardez-y de près, ils eu sortent parce qu'ils n'ont obéi qu'à une tendance exclusive qui progressivement a tout mailiisé, et qu'ils ont subie avant de l'imposer aux autres : ce furent des fous incompl s; mais quelle tendance, même la plus dt'sasti'euso dans s-s ellois, quelle passion, ui-'ine la [dus horrible dans ses actes, me Terez-vous voir (]ui n'ait eucore racine humaine ? on tue par cupidité , ambition, colèro , jalousie, Yenô'cancc ; qu'on supprime tout cela dans son principe, il restera peu de chosn de rhonime.
Les monstres sont des exagérations; il en existe parmi les plantes et les animaux, aussi bien que parmi nous. Il y a même un certain degré de monstruosité en chaque individu; car il nes*en rencontre point où les facultés hu« maines soient dans une proportion parfaite, et dans rr-ux en qui elles se balancent le mieux, elles ne. se balancent toujours. Quel homme ne lutte jamais avec lui-même? lequel jamais ne succombe ?