I8D DR LA MATORR HUMAINE
» Dieu! (|uVst-ce«]iu' jedois dire, puisque je ne sais heu? » » I/ayant fait guiader à diverses reprises^ elle a dit : « Par » grâce, âoniies*moi la mort! soulagez-moi, Seigneur, mon » Diim! Je n'ai aucuue coiiuaissaïu e d(» la luort d»» mon » mari. Je ne sais rien. Je ne me damuerai pas, puisque je » ne sais rien. » Les médecins lui ayant fait respirer du vi- V nHi|j:re, «lie est restée une heure assoupie; puis, ayant re- )) doublé ses plaintes et méconnaissances, a ajouté : « Je l'ai » tué comme vous lavez tué... » Étant restée plus d'une » heure dans le silence, toujours suspendue par les bras, a D dit : « Vous ferez de moi ce que vous voudrez, je n'ai pas » tué mou mari, w (niindte encore, ayant perdu connais- » sance, fut dcseeudue et habillée. »
» L'attirail du supplice n'est pas moins savant et moins compliqué que celui de la torture. Pendant des siècles, le cerveau des légistes travaille, comme l'imaginalion des poètes tragiques, pour aggraver et vai icr la mort, il y met uue poésie infernale. La force destructive des quatre éléments est requise contre le coupable. — L'air vient d'abord. De tous les instruments de trépas, le gibet fut le plus actif. On remplirait une page des synonymes du mot : pendre. Dans les vieilles formules juridiques, le pendu, tour à tour, « che-^ vauche Tair, » « travaille le gibet, » «est voué aux oiseaux, » « chevauche l'arbre sec, » « est coniié à l'air assez haut [X>ur qu'un cavalier, le casque haut, puisse dessous passer à cheval. » La pendaison, telle qu'elle était piatiquée au moyen Age, prenait la forme d'une horril)le lutte aérienne. Le bourreau montait à reculons l'écheUe de la potence, traînant après lui le patient par la corde passée autour de son cou ; du genou il lui faisait quitter l'échelon ; puis, les pieds sur SCS épaules, à force de secousses et de coups dans l'estomac, * il le décidait à mourir. — Un roi d'Aragon ordonna qu'un