‹ De la nature humaineChapitre 55 sur 58 · DE L*ÉD0CATION M · texte numérisé non relu

DE L*ÉD0CATION M

leur voloulé, cela est indispeusahle sans doute, l'orieiïtor lUi l'est pas moins : la suppléer c est la détruire. Laissons leuiaut se décider, et s'il manque de décision, obligeons-le d'autant plu» à se déterminer en ne io |)ieveiiUiU pas. Ne gouvernons ])as la nature, aidous-la.

L'éducation avant tout est l'apprentissage du caractère.

Mais cet apprentissage suppose la culture de l'homme et de toutes ses iVicultés. La paternité physi(]ue est du hasard, ce n'est pas la vraie : 1^ vraie paternité est la paternité morale, celle qui de Tenfant fait un homme, l'éducation. Très-peu de pères sont capables d'engendrer par Tesprit, et d'avoir des lils au sens moral. Et cependant, l'on n'engendre des enfants en i*éalité que par Téducation, sans elle on n*a que des petits. La paternité humaine est l'éducation, t Quand vous aurez élevé juscju'à la maturilé la grande nature humaine que vouâ portez eu vous, alors vous pourrez songer à la transmettre »

On voit des personnes très^capabies d'élever les enfants d'auLrui, très- incapables d'élever les leurs. Je crois niènie que c'est la règle: Ne ralliuons pas l'éducation, c'est la fausser; la nature n'est pas subtile et ne veut pas que nous le soyons. Une culture ratlinée ne vaut rien. Cherchons les principes de l'èducatiou dans l'homme, étudions ses facultés, leurs diiférences, leurs rapports, leur développement. L'intelligence de l'esprit humain nous apprendra à respect<jr i'entance dans l'enfant. Mais nous avons hâte de dénaturer rbomme dès le berceau, et nous prétendons plier à nos préjugés, à nos systèmes, à nos erreurs, la nature humaine à laquelle, au contraire, le premier devoir de l'éducateur est de Se soumettre.

* Pèra Uyadotbe.

L'éducation commence par le corps. L*air, la lumière, Teapace sont des éducateurs de l'enfance : ils sont presque

partout Laiiiiis do l'éducation. On élève les enfants dan& les miasmes des villes, et l'on retourne cette maxime des fondateurs d'une école rustique : «c Améliorer Thomme par la terre, et la terre par l'homme. »

Similia similibus devrait être la maxime de l'éducation : on ne développe l'intelligeuce que par i'inleiligeuce, ou n'enseigne la justice que par la justice, la bonté que par le cœur. Les entants n'apprennent bien que par l'exemple : donnezleur celui des vertus que vous prétendez leur transmettre ; pratiquez la justice et la raison, c'est le moyen de leur en montrer le prix. Les discours valent peu; les exemples sont tout, et combien d'exemples bous ou niau\ais nous donnons aux enfantfi sans nous en douter 1 à chaque heure, sans y songer, nous posons devant eux. Leur sensibilité, dont nous ne nous défions pas assez, en fait de fins oliservateurs. Voilà pourquoi l'ascendant de la pei-sonne est de tant de profit ou de tant de dommage pour la jeunesse. L'éducation voulue, apparente et systématique est la moindre partie de l'éducation. Nous ne pouvons dire le nom de tous les alimeuts qui out servi à développer notre corps ; ainsi de ceux qui sont entrés dans notre esprit et dans notre volonté. Tout agit, tout nous sert d'école, hommes, choses, événe> niiMits, raiiiille, pays, climat.

L'étude des facultés humaines est la théorie de Téduca* tion, sa partie scientifique : l'éducation elle-même est un art et veut des artistes, elle est personnelle dans l'application. De même que la médecine, elle suppose la sciem-e, mais elle exige Tai-t pour être pratiquée. Un médecin ti^èssavant, qui n'a pas de coup d'œil, ne saura pas guérir : sa science, au lit du malade, au lieu do le servir, quelquel'ois

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