‹ De La Nature Juridique Des Clauses Dites 'Conventions De Mariage'Chapitre 9 sur 64 · MENT · texte numérisé non relu

MENT

régime qui nous paraît aujourd’hui le plus approprié à la nature même du mariage — est un produit spontané du progrès naturel etéconomique, n’explique pas comment le droit romain, si parfait par ailleurs, ne l'ait pas connu. A moins, n'est-ce pas, que l’idée qu’on se faisait du mariage à Rome, et celle qu'on s’en fit au moyen âge, n’explique qu'il ait été réservé à la moins raffinée des deux civilisations de produire une institution juridique beaucoup plus parfaite !

Or c’est précisément ce qui est vrai. La communauté de biens entre époux est un produit spontané de la conception qu'ont eu du mariage les Français du moyen âge. Et cette conception était celle que leur en donna l'Eglise, celle qui, de toutes, est la plus intime en même temps que la plus indissoluble, puisque fondée sur ces paroles du Christ lorsqu'il éleva à la dignité d’un sacrement l'union de l’homme avec la femme : « Adhaerebit uxori suae, et erunt duo in carne una (1). » Les époux, s’associant tout entiers dans leurs personnes, devaient et voulaient aussi s'associer dans leurs biens qu’ils mettaient en commun. C’est donc la conception chrétienne du mariage qui inspira à nos ancêtres l'institution qui, pat un usage de six siècles, devint la communauté de meubles et conquêts et fut devenue logiquement la communauté universelle si les principes féodaux n'avaient conduit à maintenir les immeubles propres à l'époux apporteur.

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