‹ De la nature parasitaire du psoriasisChapitre 14 sur 19 · RON · texte numérisé non relu

RON

Cultivé sur de la gélatine à la peptone de viande, le mycellims, dans son entier, forme d’abord un blanc gazon, puis des masses jaunes qui paraissent blanches sur le bord de la culture. Ce qui le différencie du champignon de l’herpès qui a avec lui certains points de ressemblance, c’est qu'il liquéfie bien plus lentement la gélatine.

DE Marer (1887) pense que l'agent du psoriasis serait non plus un champignon, mais un microcoque.

C'est dans cette voie que les recherches contemporaines semblent s'être engagées. UNNA qui veut faire rentrer le psoriasis dans le domaine confus de son eczéma séborrhéique parle du morocoque : « Unxa, dit Besnier, dans le Traité de Thérapeutique de Robin, que nous venons d'interroger au moment où nous écrivons ces lignes, trouve le morocoque dans les cas de psoriasis à évolution progressive, mais en si petite quantité qu’on ne le démontre que dans les cultures de squames ou dans les squames conservées sur gélose pendant vingt-quatre heures, souvent en cultures pures identiques à celles que l’on obtient avec les squames des eczémas très secs. La bactériologie n’est pas en mesure d'établir la ligne de démarcation entre le psoriasis et l'eczéma, »

On tente des inoculations du psoriasis à l’homme.

En 1882, Mürrer reconnaît au microscope la présence du parasite de LanG dans des squames qu'il inocule à un psoriasique à un endroit sain. Aux endroits inoculés apparaissent des plaques de psoriasis.

En 1886, Bxisser isole le champignon de LaxG et fait une tentative d'inoculation sur lui-même. « Il

n'obüint, dit-il, un résultat qu'avec le susdit champignon; après quelques heures, il se produisit à l'endroit inoculé une rougeur intense et une sensation brülante. Ensuite, autour du point d’inoculation, apparut une petite auréole rougeâtre, et ronde comme une petite pièce de monnaie, auréole sur laquelle s'installa une très nette desquamation de l’épiderme. Tout demeura ainsi sans interruption et sans changement pendant six semaines. Puis apparurent des excroissances savonneuses qui disparurent sans laisser de traces.

Berssez ne conclut pas que l’affection ainsi provoquée par son champignon est le psoriasis; cependant, il voit dans ce champignon la cause de l’irritation cutanée produite ; or, ce champignon est identique à celui que Lana a décrit comme agent du psoriasis.

En 1889, Desror, à l’instigation de son maître, M. le professeur AUGAGxEUR, s’irocule avec succès le psoriasis ; nous rapportons intégralement le fait :

Observation. — D..., vingt-cinq ans, pas d'antécédents héréditaires; père mort à soixante-huit ans, d'un cancer de la vésicule biliaire ; mère, cinquante-quatre ans, hémiplégique depuis 1887, mais n'ayant présenté ni l’un ni l’autre d’affections cutanées, Pas de frères ni de sœurs. Antécédents personnels : rougeole en bas âge. Février 1886, pleurésie à la suite d'une autopsie de tuberculose, ayant guéri en un mois, mais ayant nécessité un séjour en Afrique. Août 1888, quelques vésicules d'herpès génital sans conséquences. Le g mai 1889, à 5 heures du soir, mon collègue, M. Cuizrerer me fit, sur ma demande, des scarifications sur le bras droit à l'empreinte deltoïdienne, apres lavage à l'éther, y inséra une plaque ferme et complète de psoriasis détachée du bras d'un enfant et développée sur une

pustule vaccinale: écailles épidermiques, pellicule psoriarique,

rt

un peu de sang et de lymphe, tout y fut compris. Un carré de diachylon fixale tout jusqu'au lendemain à deux heures de l’aprèsmidi. Les coudes et les genoux, scrupuleusement examinés, ne présentaient ni la moindre papule, ni la moindre écaille épidermique. Le 11 mai, sur le coude gauche apparaissent des papules sans caractère défini. Le point inoculé est cicatrisé et sain. Le 16 mai, squames furfuracées, recouvrant les papules. Celles du coude gauche sont plus nettes et plus nombreuses. Étant gaucher, la chose peut s'expliquer facilement. Les jours suivants, les plaques prennent de plus en plus l’aspect et le caractère de plaques psoriasiques, et Le 25 mai elles étaient déjà nettement caractérisées. Le 29 mai, je me présentai à la Société des sciences médicales de Lyon et le diagnostic fut confirmé.

Le 8 juin, il existe sur le coude gauche cinq plaques recouvertes de squames micacées brillantes et quelques papules en voie d'évolution; à droite, trois plaques et quelques papules. Le grattage détermine l'apparition d’un piqueté hémorragique très fin. Légères démangeaisons, surtout la nuit. Rien aux genoux !.

Le 26 juin 1895, à la Société des sciences médicales de Lyon, Desror rappelle et complète quelques points de l'observation personnelle d’inoculation de psoriasis qu'il a présentée autrefois à la Société. Il s'est inoculé cette affection au moyen d’une plaque de psoriasis provenant d'un enfant chez qui la vaceination avait amené une exacerbation de la poussée cutanée, Quatre jours après, 1l a vu apparaître une plaque du côté opposé au bras inoculé. Le psoriasis dura six mois et s’accrut par suite du traitement par l'arsenic. Chaque année, depuis cette époque, il

présente une poussée discrète au mois de mai.

Lassar, en 1885, présente à la Société de médecine de Berlin trois lapins atteints de psoriasis à la suite de

! Province médicale, 1889, n° 23.

frictions répétées avec des squames prises sur un soldat réformé pour psoriasis.

Tommasozr et Brissez, en 1886 reprennent ces expériences : ils cherchent leurs éléments d’inoculation tantôt sur des hommes, tantôt sur les animaux en expérience ; ils injectent des squames de psoriasis délayées dans une solution de chlorure de sodium dans les veines et le péritoine des lapins; 1ls frictionnent des lapins préalablement rasés, avec de la lymphe sanguinolente prise sur des plaques de psoriasis mises à nu. Ils voient alors se développer une affection qui, cliniquement, ressemble au psoriasis, et qui se développe plus vite quand la matière d’inoculation provient de l'animal.

De Marer, en 1887, aurait reproduit par inoculation de squames le psoriasis sur la crête d’un coq.

MaPoTer, en 1890, aurait de ‘la même façon fait apparaître chez des lapins des efflorescences psoriasiques.

Cependant, Benrexp conteste le diagnostic de Lassar devant la Société de médecine de Berlin : pour lui, les lapins sont plutôt atteints d’herpès {onsurans ; ce serait le tricophyton qu'auraient inoculé les frictions répétées. Les animaux sont, en effet, atteints d’une affection cutanée caractérisée par la formation de plaques rouges, au niveau desquelles les poils tombent, la peau | s’épaissit, se parchemine se desquame abondamment. Or, chez l’homme, le psoriasis du cuir chevelu ne cause pas la chute des cheveux.

En 1887, au Congrès médical de Pavie, DucraYy rapporte une série d'expériences faites sur des chiens, des

Page 1