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cobayes, des lapins, en même temps que sur quelques malades en traitement à l'hôpital de Naples pour des affections diverses; il s’est servi pour les inoculations de la méthode épidermique, endermique, hypodermique; enfin, chez les animaux seulement, des injections intra-péritonéales et intra-trachéales.
Il conclut que le psoriasis n’est pas une maladie transmissible par contagion chez l'homme et chez les animaux ; que les différentes sortes de parasites rencontrés par quelques observateurs sur les squames psoriasiques sont communs à d’autres affections etne doivent pas être considérés comme la cause de cette dermatose.
Masoceur et Pick partagent l'opinion de Ducray; ils ont tous deux rencontré l’'épidermophyton dans plusieurs affections squameuses.
Le psoriasis existe-t-1l chez les grands animaux ?
HôriNG (1056), Harner (1856), TEnnozpr (1888) prétendent avoir observé des cas de psoriasis contractés par l’homme par contact avec les bêtes à cornes. Kuz- NITSKY rapporte en entier leurs observations, nous traduisons la plus récente, celle de Texnozpr.
Observation. — Les cas avaient, dans le district, atteint quatre personnes, qui s'étaient occupées, comme j'ai pu le constater, de soigner un troupeau de vaches porteurs de dartres écailleuses. Ces bêtes avaient été amenées de Hollande, et l’on considérait seulement leur changement de nourriture comme cause de leur maladie de peau. La maladie consistait en taches arrondies, variant de la grandeur d'une pièce de 5o pfennig à celle d'une pièce de 1 mark, éparpillées de préférence sur le dos, le cou, la tête des bêtes atteintes. Elles étaient formées par une masse sèche, blanche, écailleuse, furfuracée, parsemée de poils
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embrouillés; après l'ablation de cette croûte épaisse et presque globuleuse,le derme apparaissait rouge, sombre, dépouillé mais peu humide, L'état général des animaux était peu où même absolument pas altéré. Mais c'était évidemment là une maladie transmissible des vaches entre elles. car ce n’était que peu à peu que tout le troupeau avait été atteint et, d'autre part, peu de bêtes étaient indemnes. Je n'ai pu éclaircir quel nom les vétérinaires donnaient à cette maladie, quoique j'en ai parlé sérieusement avec l’un d'eux. Peut-être s'agit-il de l'affection décrite par Srixora (Pathologie und Therapie der Thierkrankheït, 1857) sous le nom d’herpes squamosus, maladie qui survient chez les chiens, les chevaux, se localisant chez ces derniers, au début principalement, dans la crinière. Ces mêmes lésions apparurent chez les personnes en question après qu'elles eurent débarrassé les bêtes malades de leurs squames; bref, elles s'étaient manifestées avec intensité par l'attouchement des lésions des animaux,s'étaient localisées surtout suries avant-bras et le visage, et n'étaient point autre chose que ce qui a été décrit sous le nom de psoriasis, Si les écailles n'étaient pas aussi épaisses que chez les animaux, il est facile de l'expliquer par les différences de peau, notamment l'absence chez l'homme de poils serrés, La marche et la ténacité des lésions étaient tout à fait en rapport avec le psoriasis. Au début, on vit des écailles petites comme des lentilles ou des points furfuracés, puis des lésions de la largeur de la paume de la main, régulièrement arrondies; l'épiderme était recouvert d'écailles épaisses et sèches et, en bordure, on trouvait une vive rougeur, de la chaleur.
Le psoriasis est-il une maladie des animaux domestiques ?
Si l’onen croit Vicnaz, ni le psoriasis, ni aucune éruption psoriasiforme ne sont décrits dans les traités spéciaux de médecine vétérinaire, et M. LECLERC, vétérinaire, inspecteur des viandes et préparateur du vaccin à Lyon, a déclaré au D' Riomraxc qu'il n'avait jamais
,— observé, soit aux abattoirs, soit au laboratoire du bureaux d'hygiène, une éruption rappelant le psoriasis.
D'autre part, au dire de Nrersen, plusieurs vétérinaires modernes, comme le professeur BANG, Friep- BERGER, FRônNeR veulent ne l'avoir jamais observé chez les animaux.
Cependant, dans le Traité de pathologie interne des animaux domestiques de CADÉAC, paru en 1899, nous trouvons un chapitre réservé au psoriasis : maladie catérisée par l’épaississement de la peau, la congestion du derme, larougeur du tégument quand l’épiderme n'offre pas de pigmentation, et par le développement de squames lamelleuses ou de croûtes blanchâtres épaisses et adhérentes.
Comme nombre de dermatologistes tiennent le psoriasis de l’homme. pour une affection parasitaire, le psoriasis du cheval, de l'âne, du mulet ne serait peutêtre pas d'une nature différente, ce qui permettrait d'expliquer la fréquence du psoriasis chez les cochers (Exzunb).
Capéac distingue : le psoriasis des extrémités, le psoriasis gyrala, le psoriasis circiné.
Le psoriasis des extrémités, le plus important de tous, ne ressemble en rien au psoriasis de l’homme ; il ya des crevasses,'des fissures aux plis de flexion, des exsudations séreuses, sanguinolentes, des bourgeons charnus etc.
Le psoriasis circiné, dont deux cas seulement ont été décrits par MÉexin et par PerrusSEL, paraît être de l'herpès tonsurans ou tricophytique.
Plus intéressante est l'observation rapportée par
Méexix en 1876.
Observation. — « La maladie, au lieu de s'étendre suivant les rayons qui émanent du point d'origine vers une circonférence qui irait sans cesse en s'agrandissant, gagne au contraire dans une seule direction et, formant des traînées minces, affecte dans son développement la forme de la ligne au lieu de celle de la surface, elle reçoit de cette singulière configuration le nom de gyrata » (Harpy). C'est en tenant compte des caractères précis que MéGxiN a cru reconnaître cette forme de psoriasis chez deux chevaux de luxe :
Chez l'un. l'affection formait une traînée verticale à la base de l’encolure à droite; chez l’autre, la traînée, aussi verticale, s'étendait sur la fesse gauche; chacune de ces traînées avait de 3 à 4 décimetres de long, présentait des renflements fusiformes et même des interruptions, et avait l’aspect d’une traînée de plâtre tombée accidentellement sur le cheval, La croûte qui formait ces traînées avait, dans certains points, jusqu à 2 à 4 millimètres d'épaisseur; elle était entièrement composée de pellicules épidermiques stratifiées, et l'examen microscopique que nous avons fait de ces pellicules nous a donné la raison de cet aspect blanc et nacré; en effet, les cellules dont la réunion constituait les pellicules étaient granuleuses el un peu opaques; l'acide acétique les rendait transparentes, après effervescence et dégagement de nombreuses bulles gazeuses, ce qui prouve
qu’elles étaient imprégnées de carbonate calcaire.
À la question de savoir si le psoriasis est une affection commune à l’homme et aux animaux,on peul rattacher celle du psoriasis vaccinal.
Nous réserverons le nom de psoriasis vaccinal aux cas où le psoriasis apparaîl à l'occasion de la vaccination chez un sujet jusque-là indemne de psoriasis.
Gaskoin, en 1875, dans six cas, a vu le psoriasis
IPS commencer au lieu d’inoculation pendant la guérison
des pustules vaccinales.
CawegezL, en 1877, mentionne le cas d'un malade où le fait paraît avoir été le même.
Rognsox, en 1882, rapporte à l'American dermatological Association, un fait analogue.
Enfin, nous allons reproduire les diverses observa-
tions publiées :
Observation. — Psoriasis vulgaire consécutif à une vaccination (KzamanN, Jahrbuch f. Kinderheilkunde, 1879, p.371, (in thèse de ViGnaL).
Henriette S..., âgée de douze ans, fut vaccinée en mai 1878 avec du vaccin recueilli sur le bras d'une autre enfant, Marie E...,du même âge. Les pustules évoluèrent normalement. L’état général de l'enfant ne fut point troublé; mais, à la période de dessiccation des pustules vaccinales, elle présenta sur l’arcade sourcilière gauche des squames furfuracées.
Peu à peu, de pareilles plaques apparurent sur la tête, puis se généraliserent à tout le corps. Quand nous vimes la malade, ‘la peau était comme parsemée de plaques de la dimension d'un pfennig ; ces squames étaient surtout abondantes sur la face et le cuir chevelu. Au niveau des points d'inoculation du vaccin étaient des plaques de psoriasis qui ne se distinguaient des précédentes que par une couleur plus rouge. L'état général s’altéra avec le développement de l'éruption. Les ganglions lymphatiques s'engorgèrent, l'appétit diminua, au teint frais et rose succéda un teint pâle. L'enfant se ressentit beaucoup de cette éruption de psoriasis, sa figure était décomposée et ses cheveux tombèrent. Traitement : bains salés, sirop d'iodure de fer, frictions d'huile de foie de morue. Il se fit une amélioration progressive. Bien que la couleur des plaques et que l'absence de squames à la paume des mains et à la plante des pieds fissent rejeter l'hypothèse de contagion syphilitique, nous nous crûmes
neanmoins autorisés à faire des recherches dans la famille de Marie E... Ces recherches furent négatives : ni Marie E..., ni ses sœurs n'offraient la moindre trace de syphilis ou d'affection cutanée, et il n'existait point d'antécédents héréditaires ni personnels. De même, dans la famille de l'enfant malade, aucune maladie spécifique, aucune maladie de la peau ne fut observée. Avec la même lymphe, plusieurs autres enfants furent vaccinés; or, chezeux,les pustules vaccinales évoluèrent normalement, sans la moindre complication, et aucune trace d'éruption psoriasique ou autre ne se manifesta. Probablement, ce cas de psorlasis vaccinal est dû au défaut de soins et à la malpropreté à l'entour de la pustule, qui avait été grattée. On remarque assez souvent l'existence d'une couche épaisse de graisse sur les pustules grattées, ce qui est une source de toutes les infections possibles, mais la responsabilité du médecin vaccinateur ne peut
être incriminée.
Observation. — Psoriasis aiqu généralisé, développé après la vaccination. (D' Georges Ron, Journal of culaneous and vene-
real diseases, octobre 1882, in thèse Vignal).
J,-W, C..., âgé de vingt-huit ans, docteur en médecine; pas d’antécédents, sauf une légère lymphangite et une pneumonie catarrhale. Il est surmené par le travail et la clientèle; pas de maladie cutanée, ni chez lui, ni dans sa famille ; il n’a jamais eu de manifestation bien nette de rhumatisme ou de goutte. Vacciné en janvier 1882 avec du vaccin de génisse; éruption vaccinale non caractéristique. Huit à neuf jours après l'inoculation, le point piqué devint le siège de vives démangeaisons, de rougeurs, et se couvrit de squames blanches qui, détachées, se reproduisirent rapidement Quelques jours après, apparurent sur les bras et sur les cuisses de nombreuses papules rouges, couvertes de squames et prurigineuses. L'éruption s'étendit rapidement et les taches s'élargirent, plutôt par extension excentrique de l’éruption primitive que par la réunion de papules nouvelles. La base des élevures était rouge, infiltrée; les écailles blanches,
très abondantes. Le ro février, l'éruption couvre tout le corps et consiste en lésions psoriasiques caractéristiques, avec prédominance aux lieux d'élection, coudes et genoux. La paume des mains et la plante des pieds sont exemptes d'éruption. Sur la face, on ne remarque point de squames, mais seulement des papules rouges et des élevures. Les démangeaisons sont très intenses et causent l'insomnie. Perte d’appétit, fièvre légère et lassitude. Après traitement, l’éruption s'améliore, puis disparait au bout de trois semaines. Des taches brunes, pigmentées persistent pendant trois mois.
Observation, — Cas de psoriasis survenant après la vaccination (D: Pirrar», Journal of cut. and ven. dis., janvier 1883, in thèse Vignal).
M. H.…., jeune fille de dix-neuf ans, examinée en novembre 1882. Elle raconte qu’en décembre 1881, elle avait été vaccinée avec du vaccin de génisse ; comme l’éruption vaccinale n'apparaissait point, elle est revaccinée huit jours après, également avec du vaccin de génisse, Nouvel insuccès, mais elle voit se développer à l'endroit des piqûres une plaque rouge, squameuse, un peu surélevée, semblable, dit-elle, aux taches qui apparurent ensuite sur le reste du corps. Quelques semaines plus tard, en effet, apparurent sur les différentes parties du corps de petites papules qui débutèrent par la face dorsale des mains. L'irruption persista tout l'hiver et diminua l'été, Actuellement, on observe une magnifique éruption de psoriasis, disséminée sur les bras, les jambes et les hanches. La malade avait été vaccinée dans son enfance el revaccinée sans accident. Elle avait eu autrefois la chorée. Bon état général. A signaler une certaine irrégularité dans les règles, qui apparaissent toutes les trois semaines et sont douloureuses. Elle se nourrit surtout de viande, mais en petite quantité. Traitement: régime végétarien.
Arsenic à l'intérieur,
Observations. — Deux cas de psoriasis après vaccinalion, Dr Thomas Wooo, (Journal ofcul., mars 1886, in thèse Vignal.)
(hu
Deux sœurs âgées, l’une de huit, l'autre de onze ans, n’ont Jamais eu de traces de psoriasis, mais elles ont un frère atteint de cette affection. Au printemps 1882, elles se font, comme leur frère, vacciner à l'aide de vaccin de génisse; elles sont atteintes d'une éruption de psoriasis qui persiste chez elles depuis près d'un an.
Observation. — Dans la discussion qui s'engage après la com munication du Dr Georges Ron à la Société de dermatologie de New-York, le D' Hypx cite le fait d'une jeune fille jusque-là exempte de toute affection cutanée, et qui, à la suite de la vaccination, a vu évoluer une éruption de psoriasis caractéristique. C'est le seul cas de ce genre, sur plus de 500 sujets vaccinés par le même médecin (in thèse Vignal).
Observation. — Garçon de cinq ans el demi revacciné avec du vaccin animal. — Psoriasis consécutif, d'abord localisé aux lieux d'inoculation, puis généralisé (observation de CHamBar»,
Annales de dermatologie, 1885, p. 199). ”
B... Jules, assez bel enfant de cinq ans et demi, a été vacciné une première fois à seize mois, et porte à chaque bras trois cicatrices caractéristiques, ses parents ont toujours joui d'une bonne santé, et lui-même n’a jamais eu, dit sa mère, «le moindre bouton ». A la fin de mars 1884, une épidémie de variole, assez légère d'abord, sévissant à Lyon, l'enfant est revacciné par une mesure générale, avec tous les élèves des écoles maternelles. On lui fait, au bras gauche, {rois scarifications superficielles au sein desquelles on dépose une parcelle de nôtre électuaire vaccinal, dont l’activité et la sûreté sont aujourd'hui comparables à celles du meilleur vaccin humain. Le troisième jour de l'inoculation, Jules est pris de phénomènes généraux : courbature, fièvre, soif, anorexie, etc., assez intenses pour que sés parents croient, un moment, à l'invasion de la variole. En même temps surviennent au bras gauche et exactement sur les points scarifiés, trois
boutons rouges tellement prurigineux qu'il est impossible d'em-