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ce dernier, l’arthritisme vient du ralentissement de la nutrition, qui se caractérise par la production exagérée des acides.
Gaucuer, défenseur de nos vieilles traditions françaises, se range à la doctrine essentiellement humorale de Boucxarp.
Les anciennes diathèses : scrofule, syphilis, dartres, ete. n'ont plus de raison d'exister. La syphilis, la tuberculose sont des affections parasitaires. La scrofule fait parte de la tuberculose, affection microbienne, et du lymphatisme, tempérament et non diathèse. Rien ne porte plus à diviser la dartre en arthritis et herpétis. Une seule el même cause régit les dermatoses arthriliques et herpétiques, et s’il faut donner un nom à cet état particulier de l'organisme, à cette diathèse, Gaucuer est d'avis de lui donner le nom d’arthritisme. L'arthritisme a pour çaractère fondamental un trouble de la nutrition, qui fait que les substances absorbées et assimilées subissent une oxydationincomplète. Le terme ultime des combustions des aliments quaternaires est l’urée, dont la grande solubilité facilite l'élimination par la sécrétion urinaire.
Incomplètement oxydées, les matières azotées donnent des matériaux extractifs : acide urique, leucine, Lyrosine, créatine, créatinine, etc., dont la fable solubihté ne permet qu’en petite parte Pélimination par le rein. Alors, ces matières sont éliminées par la peau, organe vicariant du rein, mais elles sont irritantes pour celle-ci et provoquent les éruptüons arthritiques. Enfin, quand l'élimination cutanée est
JOUE insuffisante, elles donnent les surcharges viscérales causes des métastases.
Et Gaucuer, au Congrès de dermatologie de Vienne en 1892, ainsi que dans son traité de 1895, rapporte de nouveaux exemples de métastases. Un individu atteint de psoriasis généralisé invétéré datant de son enfance, traité pour un psoriasis, est guéri, et le jour même où 1l demande sa sortie de lhôpital, il est pris de rhumatisme articulaire aigu qui devient du rhumaüsme cérébral, qui met très rapidement ses jours en danger et qui ne guérit qu'avec la réapparition de papules psoriasiques.
Un individu affecté de psoriasis guérit de ce psoriasis ; il est atteint alors de dyspepsie tenace et très douloureuse, avec dilatation de l'estomac, de troubles gastralgiques très rebelles qui n’ont apparu (et c’est une coïncidence bien singulière si ce n’est qu'une coïncidence) qu'avec la guérison des accidents cutanés.
Enfin, un autre malade atteint d'artério-selérose est en même lemps atteint de psoriasis; 1l a une néphrite interstitielle, et, d’une façon très nette, l’albumine augmente et la néphrite s'aggrave chaque fois que l'éruption psoriasique diminue. Au contraire, lorsque le psoriasis revient par une poussée plus intense, les accidents de néphrile s’amendent et lalbuminurie diminue.
Enfin, Tomuasorr, au Congrès de Pavie en 1887, émettait l'opinion que le psoriasis doit être rangé dans les affections dermiques leucomaïniques, c’est-à-dire
provoquées par des substances bio-chimiques produites
dans l'organisme, el pouvant devenir pathogènes par leur production en trop grande quantité.
Théorie nerveuse.
| En 1859, Cuarcor publie les premières observations d’affections cutanées consécutives à des lésions des nerfs : un zona apparait en même temps qu'une névralgie de la jambe et sur les parties douloureuses, chez un homme qui avait reçu une balle à la partie postérieure el inférieure de la jambe ; chez un autre malade, à a suite d'un cancer de la colonne vertébrale, survient un zona cervical lié aux lésions déterminées dans les cordons du plexus, dans les ganglions des racines postérieures correspondantes.
Après lui, Couysa, Homes et Fiscuer, Browx- SÉQUARD, VULPIAN, SAMUEL, Duprayer, Morar, etc., relatent des faits où des altérations traumatiques des nerfs furent suivies de lésions cutanées,
Rexou, en 1875, dans son mémoire sur les altéralions de la sensibilité dansles maladies de la peau,montre,sur les placards du psoriasis d’une certaine étendue, des altérations diverses de la sensibilité.
Tesrur, dans sa thèse de 1876 sur la symétrie dans les affections cutanées, rapporte dix-sept observations de psoriasis symétrique. D'après lui, les lésions du système nerveux peuvent se lraduire du côté de la peau et dans les départements tributaires de la portion lésée, par des éruptions de diverses natures : érythème, eczéma, herpès, impétigo, psoriasis ;: sibien qu'on peut poser la loi suivante : les éruptions cutanées quelles que soient leur forme, leur étendue, leur évolution, dépen-
ibn dent d’un fonctionnement anormal d’une portion centrale ou périphérique du système nerveux.
Il explique de trois manières la symétrie dans les affections trophiques de la peau :
1° Une lésion de deux centres vaso-moteurs homologues se traduit par des troubles bilatéraux et symétriques.
2° Deux excitations dystrophiques parties de deux régions homologues amènent chacune isolément des troubles trophiques bilatéraux et symétriques.
3° A une excitation unilatérale peuvent succéder des troubles trophiques symétriques.
Lecoir (1887-1890) fait des recherches biopsiques infructueuses sur les nerfs des efflorescences psoriasiques.KoPr(1886), dans seize examens semblables, n’est pas plus heureux. Vipar, ManrEGAzzA (1893) ont aussi des résultats négatifs.
LeLoir voit en outre des psoriasis succéder à une violente frayeur, à un accès de colère.
Durox (1886) voit chez divers malades le psoriasis coexister avec le rhumatisme chronique fibreux, il donne même origine nerveuse aux deux affections.
BourbizLox (1888) admet l'origine spinale du psoriasis et des arthropathies qu'il décrit. Pour lui, il s’agit d’une altération fonctionnelle consistant en troubles hypérémiques ou dynamiques de l’axe qui préside aux fonetions de la peau, c’est-à-dire de la moelle, et, plus exactement, de cette partie de la moelle qui est le centre de la fonction de kératinisation.
La thèse de cet auteur est basée sur trente-six observalons : nous en citerons les conclusions principales :
1° Chez un certain nombre de malades atteints de psoriasis, 1l existe des douleurs dont le siège est variable, des arthropathies proprement dites. Ces phénomènes morbides, bien que longtemps passés inaperçus ou considérés comme exceptionnels, ne sont pas des rencontres fortuites et on ne peut méconnaître les liens étroits qui les rattachent à la maladie cutanée.
2° L'ordre dans lequel ils apparaissent, par rapport à celle-ci, n’est pas soumis à une loi constante, mais le plus souvent la dermatose est le premier fait chrono logique.
(Sur 36 malades dont nous transcrivons la relation, nous en comptons 29 chez lesquels le psoriasis est le premier fait chronologique ; 4 autres ont été simultanément atteints par la dermatose et les phénomènes rhumatoïdes. Nous croyons, enfin, que dans quelques cas ceux-c1 ont été les premiers en date. Les faits de ce genre ont une cerlaine importance, parce qu’ils ne permettent guère de subordonner les antécédents articulaires à la dermatose elle-même.)
3° Ils se combinent très fréquemment chez un même sujet, et il est possible que la forme arthralgique ou douloureuse se transforme un jour en forme arthropatique déformante.
4° Celles-ci présentent deux variétés : arthropathies partielles, arthropathies généralisées .
50 Il n’y a pas de signe objectif du psoriasis qui puisse faire prévoir l'apparition des troubles articulaires, mais il y a un ensemble de phénomènes d'ordre nerveux qui se rencontrent chez nos malades avec une
fréquence remarquable.