ISA
6° En tenant comple des caractères propres aux déformations, des conditions éliologiques et des antécédents héréditaires où personnels, on ne trouve pas de raison suffisante pour rattacher ces faits aux différentes formes du rhumatisme. Au contraire, ces mêmes considérations, en l'absence de toute autre cause capable de les expliquer, permettent de les rapprocher des arthropathies nerveuses, particulièrement de celles qui ont une origine périphérique surtout médullaire.
Cette interprétation, bien que purement théorique, est parfailement en rapport avec l'idée qu'on se fait aujourd’hui de la pathogénie du psoriasis, qui serail une trophonévrose .
7° L'anatomie pathologique du psoriasis est encore à faire, et la preuve de l'opinion que nous soumettons est encore à trouver, car elle ne peut guère venir que de l'examen microscopique le plus complet.
Bouray, en 1889, publie une revue générale sur la pathogénie du psoriasis. Il serait porté à croire qu'il existe deux espèces très différentes de psoriasis, l’une de nature parasitaire, l’autre de nature nerveuse. Cette opinion a aussi élé émise en 1899 par pu CaAsTEL.
BrissauD, la mème année, apporte à la doctrine ner-
veuse l'appui de sa grande autorité.
Le
PoLoresxorr, en 1891, émet l'avis que le psoriasis n'est autre chose qu'une manifestation d’une névrose vaso-motrice, dans laquelle les troubles circulatoires et trophiques peuvent atteindre la peau comme les autres organes.
nai ee
Hôzscner, en 1893, tente de montrer les rapports du psoriasis et de l’asthme.
KROMAYER (1892), ManreGazza (1893) admettent un trouble de la nutrition relevant du système nerveux.
TorrezziEer (1894) se montre partisan de la doctrine nerveuse.
THIBIERGE, en 1893, rappelant que Besnier, Bournic- LON, PoLroresxorr ont vu le psoriasis se développer consécutivement à des attaques de névralgie sciatique, rapporte l'observation dont il donne le résumé suivant : Ç Il s'agit d'un psoriasis débutant à l'âge de quarante-quatre ans, chez un sujet nerveux, issu de parents nerveux, atteint lui-même, depuis vingt-trois ans, d'une sciatique récidivant chaque hiver. Le début de l’éruption s'est fait par une plaque correspondant à la distribution du nerf saphène interne du côté de la névralgie, puis par des plaques correspondant au nerf musculo-cutané du plexus bracchial avant de se montrer aux lieux d'élection du psoriasis; le membre inférieur non atteint de névralgie n’est pas le siège de localisation psoriasique. »
DaxLos, en 1896, rapporte l'observation d’un malade chez qui un psoriasis a débuté pendant une attaque de rhumatisme subaigu généralisé. Il ajoute que les deux lésions dont souffre son malade coexistent lrop souvent pour que leur réunion puisse s'expliquer par une simple coïncidence.
Jacquer fait alors remarquer que, dans un cas de ps0riasis généralisé avec arthropathies déformantes, il a trouvé avec Liererinc des lésions médullaires indubitables.
RegreyexD et LomBarD, en 1896, publient un article intitulé : Psoriasis et Zona. Voici l'observation fonda-
mentale résumée :
Observation. — A. Louis, dix-sept ans, cocher, entré à l'hôpital le 25 juillet 1896. Dans ses antécédents héréditaires, on ne trouve chez aucun membre de sa famille d'antécédents rhumatismaux ou névropathiques. Aucun d’entre eux non plus n'a été atteint de psoriasis ni d'affection cutanée. Vers trente ans, éruption généralisée de psoriasis guérie à Saint-Louis par l'huile de cade et les bains alcalins Aucune récidive pendant quatre ans, Puis des plaques réapparaissent au niveau des coudes, des genoux, du cuir chevelu, à des intervalles irréguliers. Pas d'arthropathie. Il entre à diverses reprises à l'hôpital : En août 1894-1895, on lui trouve de l'emphysème. Le 25 juillet 1896, il s'y rend de nouveau pour une spléno-pneumonie. A son entrée, son examen détaillé montre, en même temps qu'une lésion zostériforme intercostale bilatérale, la présence de placards de psoriasis situés aux lieux d'élection : coude gauche, coude droit, avec quelques plaques plus petites disséminées aux environs,
Il existe d’autres efflorescences à la face antérieure de la
jambe droite, aux cuisses, à la région dorsale.
HazLopeau et GASNE, en 1808, rapportent le fait suivan! ;
Observation. — Une orpheline âgée de huit ans aurait présenté, ilyadeux ans, à ia suite d'une chute, quelques placards de psoriasis au niveau des aines et du coude droit. Elle n'a jamais subi de traitement. L'éruption a persisté au coude, mais elle à disparu aux aines, laissant des taches achromiques très nettes. Le 7 juillet 1898, elle a une poussée de psoriasis, et si on cherche à déterminer quels sont les trajets nerveux dont la sphère de dis-
tribution correspond aux parties intéressées du membre supé-
Oo
rieur et de la partie correspondante du tronc, on arrive à reconnaître qu'ils sont multiples; ce sont, en effet, la cinquième branche dorsale, le circonflexe, le radial, le cubital. L'affection se présente sous forme de bandes métamériques,
L'interprétation qui paraît à Harrorrau la plus vraisemblable est que, sous l'influence d’un trouble d'origine embryonnaire, le territoire affecté présente dans sa nutrition une altération qui en fait un terrain favorable au développement du psoriasis,
KuzxrrzkY, en 1898, observe un psoriasis unilatéra]
Observation. — En avril 1894, vient à la consultation de la clinique dermatologique de l’université de Strasbourg, un garçon boucher de vingt ans, porteur d'un psoriasis nummulaire typique, localisé à un seul côté du corps; la ligne médiane n'est dépassée qu'en deux endroits sur le cuir chevelu, dans une étendue qu'il est à peine utile de noter et qui est de 1 ou 2 centimetres.
Karl D..., qui n’a jamais eu de psoriasis, ni personne dans sa famille atteint de cette même affection, donne les intéressants renseignements qui suivent : En décembre 1893, il se coupa, dans sa boucherie, avec un hachoir, au pouce droit, au niveau de l'articulation métacarpo-phalangienne. La coupure allait jusqu'à l'os. Il ne remarqua alors aucun trouble de la sensibilité, ni de la motilité. Environ cinq semaines après cet événement (au commencement de février 1894), après que la blessure, qui n'avait pas été suturée, fut guérie, le malade remarqua, à la face de flexion de l'avant-bras droit, un peu en haut de l’articu- Jation du poignet, une petite tache rouge, qui bientôt prit la grosseur d'une lentille et ne tarda pas à se recouvrir d'écailles brillantes. Dans le courant de février, jusqu'au commencemen de mars, des taches semblables se développèrent très rapidemen les unes après les autres et uniquement sur le côté droit du corps et dans l’ordre suivant :sur l'avant-bras, le bras, la tête, l'épaule, la poitrine, le dos, le flanc, la fesse, la cuisse. Le malade est de taille moyenne, très bien musclé, peu gras. Les fonctions végé-
tatives sont normales, Rien du côté de la poitrine, ni des organes
he
abdominaux. La cicatrice de la blessure au pouce droit a environ 5 centimètres de long et un demi centimètre de large. Elle est restée vierge de toute efflorescence psoriasique.
Karl D... fait à époque (septembre 1896), d'une façon satisfaisante, son service militaire dans un régiment d'infanterie.
Kurzxirzxy, à l'occasion de ce fait, publie un important travail dans lequel il s'efforce de démontrer que le psoriasis est une névrose vaso-motrice, en se basant surtout sur les expé-
rience des physiologistes (CI. BEernarp, Gorrz, etc.).
Jourparer (1899) fait connaître une récidive de psoriasis dans laquelle le patient, qui a un père psoriasique, mais rien dans ses antécédents personnels, ni frayeur, n1 émotion, a présenté un aspect particulier de l'éruption : à la cuisse, à l'avant-bras, les éléments papulo-squameux dessinaient des lignes perpendiculaires à l'axe du membre, À la partie supérieure du tronc, on observait des lignes parallèles également distantes les unes des autres, Elles affectaient la forme de cercles excentriques, dont le centre serait la têle humérale. Elles étaient de plus en plus grandes, à mesure qu'on se rapprochait de la ligne médiane, et devenaient tangentes au bord du sternum. Le malade avait, de ce fail, un aspect zébré.
Ces courbes parallèles, ayant leur centre au moignon de l'épaule, ne pouvant relever des troncs nerveux, ni des racines,
n'auraient-elles pas pour origine une lésion médullaire directe ?
Théorie de la prédisposition cutanée.
CAZENAVE avait déjà regardé le psoriasis comme une anomalie congénitale de la peau. « Les éruptions squameuses, dit-1l, sont des maladies constitutionnelles, mais des maladies constitutionnelles de la peau. Elles üennent à une disposition innée ou acquise de la peau, à une modification profonde du système sécrétoire, » Le psoriasis est une maladie idiopathique