I. — OBSERVATION DE PONCET
Hydrocèle essentielle primitive d’origine tuberculeuse — Ostéo-Arthrite tuberculeuse du genou droit.
T. F..., soixante ans, gendarme retraité, demeurant à Chantemerle (Drôme), entre le 5 juin 1902 dans le service de M. le Professeur Poncet.
Rie nde particulier dans ses antécédents héréditaires, pas d’antécédents tuberculeux, pas d’alcoolisme, ni de syphilis. ;
Marié, il n’a jamais eu d'enfants; sa femme n'a pas fait de fausses couches.
A l’âge de quatorze ans, il est atteint de douleurs au niveau du genou droit, avec gonflement et
(6 2 impotence fonctionnelle. Il reste, à cette époque, trois mois au lit, sans fièvre et sans autre arthrite. Après un traitement par le repos et la révulsion, les accidents articulaires disparurent. Quatre ans plus tard, de semblables accidents surviennent au même genou, traité du reste par un repos de deux mois au lit: guérison définitive. À l’âge de seize ans, ül aurait eu une orchite double qui dura une quinzaine de jours. Îl ne présentait cependant aucun écoulement urétral. Pas d’oreillons. Les testicules étaient, dit-il, très augmentés de volume et douloureux. Nous remarquons que ce malade, qui s’est marié à trente-trois ans, n’a jamais eu d’enfant.
En 1866, à l’âge de vingt-quatre ans, il fut atteint d’une pleuro-pneumonie qui dura deux mois. Guérison parfaite. Il n’a jamais toussé ni présenté d'accidents pulmonaires depuis cette époque. L’année suivante, en 1867, il partait au service en qualité de remplaçant. Il combattit en 1870 et fut emmené en captivité après la capitulation de Metz, du 26 octobre 1870 au 21 mars 1891. À partir de 1875, au sortir de son service militaire, il entrait dans la gendarmerie et y restait jusqu’en 1890.
Actuellement, il entre à l'Hôtel-Dieu pour une arthrite du genou droit dont il fait remonter l’origine aux premiers accidents relatés. En 1889, à l’âge de 47 ans, trente-trois ans après la seconde atteinte, survinrent des douleurs au même genou, avec gonflement, impotence fonctionnelle. Il fut traité pendant deux mois et demi à l'hôpital de Saint-Etienne par la compression, des pointes de feu
et l’immobilisation par un bandage silicaté. Il put alors reprendre son service. En 1890, il fait une saison aux eaux de Bourbon. Amélioration. La guérison paraît complète pendant onze ans. Quatrième atteinte au mois de février 1902: douleurs plus vives que précédemment, gonflement compliqué cette fois d’amaigrissement rapide du membre inférieur droit. Il marche avec des béquilles depuis cette époque.
Actuellement cet homme se plaint de douleurs vives au niveau du genou droit. Les douleurs sont localisées dans l'articulation, sans irradiation à la hanche, à l'articulation tibio-tarsienne. Les exacerbations nocturnes sont telles, qu'il a manifesté à plusieurs reprises l'intention de se suicider.
A la pression, on détermine un point douloureux maximum au niveau de la face externe du plateau tibial. Toute l'articulation est douloureuse à la pression, surtout au niveau de l’interligne articulaire et des culs-de-sac prérotuliens. Il existe un gonflement notable de l'articulation du genou, uniformément distendue. La synoviale est épaissie, empätée. On constate tous les signes d’une ostéo-arthrite fongueuse. Les mouvements de flexion et d’extension sont complètement abolis. La jambe droite est immobilisée par la douleur, par les accidents inflammatoires, par la contracture musculaire. Elle est en flexion et rotation externe. Atrophie considérable des masses musculaires de la cuisse. Le diagnostic n'est pas douteux, il s’agit d’une ostéo-arthrite tu-
berculeuse du genou (Poncet, Delore). Rien dans Îles autres articulations. ee :
Le malade présente en outre une hydrocèle vaginale droite, qui remonte à trois ans, sans qu'on puisse incriminer une épididymite préalable, un cathéterisme, une hypertrophie appréciable de la prostate. Les signes de cette hydrocèle, de moyen volume, sont caractéristiques : peau normale, fluctuation, transparence, indolence absolue. Autant qu'on peut en juger, le testicule correspondant est sain. Il en est de même du testicule du,côté opposé, rien à la prostate, aucun signe de cystite. Poumons indemnes. Les urines sont normales. |
Le 11 juin, M. Delore assistant de la Clinique fait des pointes de feu profondes au niveau du genou, qui est ensuite immobilisé dans une gouttière. Il pratique également la cure radicale de l’hydrocèle, et enlève une partie de la tunique vaginale. Celle-ci présente l'aspect ordinaire des hydrocèles essentielles, sans granulation miliaire à sa surface, sans corps étrangers, sans aucune lésion tuberculeuse classique, elc., son épaisseur peut être évaluée à un ou deux millimètres au maximum. Le testicule est normal ainsi que l’épididyme. Il n'existe aucune trace d’orchi-épididymite ancienne ou récente. Pas de communication entre la vaginale et le péritoine. Une première partie du liquide, extrait au moment de l’incision, est envoyée à M. le Docteur Barjon, pour pratiquer l'examen cytologique. M. Barjon trouve dans le liquide des spermatozoïdes.
Une seconde partie du liquide vaginal est re-