CHEMIN DE FER DE DON PEDRO II
Cette voie, dont l'initiative est due à l'Empereui' actuel, est la base d'un système de railways destiné à change xm jour la face du Brésil et même de l'Amérique méridional. Jusqu'à nos jours, on a rêvé la chimérique jonctioixdes grands fleuves amé-
ricains par d'impossibles canaux. C'est aux locomotives à trancher la question. Une ligne ferrée partie de Rio Janeiro va franchir le Farahiba, étendre ses ramifications dans Minas Geraes, Bahia, Femambuco ; passer le San-Francisco, irradier dans le Brésil septentrional, toucher à la rivière des Amazones et unir le Rio ISTegro à rOrénoque. Un 3utre système, parcourant SaintvFaul et Mato- Groso, se reliera au Férou, à la Bolivie, et de là, aux ports du Facifique, tandis qu'un troisième rameau, se déployant au sud, traversera Rio Grande et la Bande Orientale, pour toucher à Buenos Ayres, au Rosario, à Cordova, et de là s'avancer vers les Cordillères pour donner la main aux chemins de fer du Chili. Tel est le plan qui est en train d'exécution et qui certainement sera réalisé avant un demisiècle. C'est là, quoique l'on dise, une entreprise glorieuse, et dont la seule idée fait plus d'honneur au prince éclairé qui est à la tête des libres institutions du Brésil que la fastueuse érection de ces inutiles tas de pierres, élevés jadis par les Pharaons sur les sables du Nil, et même que la manie toute moderne de remplir les capitales d'hôtels et de palais.
Le chemin de fer de Don Fedro II se composera de trois sections.
La première section, de 38 milles et demi anglais et allant de Rio Janeiro à Bélem, est seule livrée à la circulation.
La deuxième^ section, où la nature semble avoir accumulé tous les obstacles, ne comprend pas moins de 12 tunnels, dont le plus court à 300 pieds, et le plus long 7,040 pieds. Le total des distances par-
courues par les tunnels est de 15,512 pieds ; celle de la section se terminant au confluent du Firahy et du Parahiba est de 18 milles.
La troisième section ou embranchement de Minas comprend un assez g)*and nombre de stations et touche définitivement à Porto Novo de Cunha
La longueur de toute la ligne, depuis Rio JaneirOj sera de 252 milles.
Chemin de fer de san-paulo.
Cette ligne qui part de Santos, ville maritime de la Province de San Paulo, se termine provisoirement à Juiidiahy, dans Tintérieur de la même province. C'est le tronc d'un système de railways dont les rameaux sont destinés à s'étendre vers Campinas, Limeira, Rio Claro, et à irradier un jour vers les rives du haut Paranâ, Minas Geraes et Mato- Grosso. On comprend dès lors toute l'importance qui s'attache à cette ligne dont la concessioi^ a été accordée, le 26 avriljl856, à M.M. le Marquis de Mont Alegre, l'honorable Conseiller José Antonio Pimenta Bueno, et le Baron de Mauâ.
Je n'ai pu visiter qu'imparfaitement l'ensemble des travaux, mais je puis affirmer qu'ils étaient poussés avec une activité et une intelligence qui fait le plus grand honneur à Mr. James Brunlees, l'ingénieur en chef. Cette voie, qui se compose de 3 stations : Santos, San Paulo et Jundiahy, aura l'avantage d'ouvrir l'intérieur de la province au commerce brésilien. Je ne puis mieux compléter ce que j'ai dit sur les chemins de fer brésiliens qu'en rendant hommage aux hommes d'Etat opmme qmx,
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ingénieurs qui en ont approuvé les plans ou qui en dirigent les travaui; leur activité, leur intelligence et la bonne harmonie qui règne parmi eux leur font le plus grand honneur, et rendent on ne peut plus légitimes les espérances de tous les amis du Brésil.
Parmi ces hommes dignes de la reconnaissance in Nouveau Monde, je me plais à citer Mr. le Président Ottoni, dont les talents et l'énergie ont triomphé de toutes les difficultés; le major Ellison, américain du nord, qui, à titre d'ingénieur en chef, a préside aux travaux d'étude et d'exécution ; l'inspecteur Général Mr. Vleminox, homme instruit, intelligent et de l'affabilité la plus aimable à l'égard des étrangers.
L'heureux succès de l'entreprise est principalement dû à l'activité de ces personnages, parfaitement secondés d'ailleurs par les chefs de service, les employés, mécaniciens, constructeurs, ouvriers belges, français ou anglais, placés sous leurs ordres.