‹ De la navigation de l'Amazone: réponse à un mémoire de M. Maury, officier de la marine des EtatsChapitre 39 sur 57 · INSTRUCTION PUBLIQUE · texte numérisé non relu

INSTRUCTION PUBLIQUE

Les progrès de l'instruction publique dans le Para sont, avec raison, une des principales préoccupations des autorités administratives. Hâter l'éducation d'un peuple, c'est hâter son développement social, c'est lui apprendre à se respecter lui-même et lui préparer une place honorable, et même glorieuse dans l'histoire de l'humanité. C'est en même temps améliorer son esprit et ses mœurs. Car la statistique nous apprend, toutes les années, que la grande majorité des individus reconnus coupables de délits infamants appartient aux classes illétrées. On doit reconnaître que l'état de cette institution, dans la contrée dont nous parlons, fait concevoir les plus flatteuses espérances. Les professeurs chargés de la direction des études peuvent être signalés comme des hommes remplis de zèle et

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de talent, honorant leur ministère et leurs personnes par la dignité de leur conduite.

n est universellement reconnu aujourd'hui que, pour atteindre son véritable but, Tinstruction doit se diviser en deux branches : la première est Pinstruction générale, dont aucun individu ne devrait être privé, puisqu'elle procure les connaissances les plus usuelles et apprend à toutes les intelligences à tirer immédiatement parti d'elles-mêmes ; la seconde est l'instruction spéciale, convenant à des sujets beaucoup moins nombreux, que la nature a prédestinés à briller dans la carrière des sciences ou dans celle des arts, et à procurer à la patrie une gloire bien supérieure à la gloire sanglante des faiseurs de conquêtes, C est d'après ce plan que l'instruction publique de l'Amazonie paraît être organisée.

Voici les établissements d'instruction secondaire que possède actuellement le Para :

Le Lycée paralen, où se trouvent aujourd'hui 104 élèves, et dont les classes sont ainsi distribuées : Latin, 31 élèves; géométrie, 23; français, 55; géographie, 14 ; anglais, 14 ; philosophie, 6 ; rhétorique, 4 ; histoire, 4 ; comptabilité, (> ; musique, 29 ; total : 186.

On pomprend que la supériorité de ce total sur sur le nombre des élèves inscrits provient de ce qu'un certain nombre d'entre eux fréquentent plusieurs classes.

Les chaires d'histoire et de comptabilité sont données au concours. H était question, en 1860, de transformer le lycée pari^en en internat.

L*école de Latin de la ville de Bragance, aujourd'hui fréquentée par 10 élèves.

Le collège de Santa-Crux, comptant 289 élèves ainsi distribués : Internes. 93 ; demi-pensionnaires, 10 ; externes, 126.

Cet établissement, qui rend les plus grands services à la province, reçoit une subvention de 3,000,000 réis.

Le collège de Santa-Maria de Belem, fréquenté par 160 élèves : Internes, 19 ; demi-pensionnaire, 1, externes, 140.

Ce collège, qui se trouve aussi sur un pied satisfaisant, reçoit une sudvention de 2,000,000 réis.

Le Séminaire épiscopal. Il comptait, en 1860, 92 élèves.

Le collège de S. Luiz de Gonzaga, à Obidos. Il laisse malheureusement beaucoup à désirer.

Le collège de If. S. do Amparo. Cet établissement, destiné aux orphelines et aux filles des pauvres familles, est organisé de façon à remplir parfaitement l'objet de son institution, H compte actuellement 91 enfants.

Cet aperçu doit suffire pour donner au lecteur une idée assez juste de l'état de l'instruction publique dans cette région du Brésil. On regrettera peut-être de ne pas trouver, dans le programme de l'administration, des classes gratuites de dessin, dont les éléments ^ont indispensables à tant de professions artistiques. On sera étonné aussi de , ne pas voir figurer la langue grecque, au moins dans les principaux collèges où l'on enseigne le latin. L'étude de cette langue, la plus belle que

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les hommes aient jamais parlée, fait, en Europe, une des bases do l'instruction publique. La littérature latine n'est qu'un pSle reflet de la littérature grecque, à laquelle se rattachent plus on moins toutes les littératures des peuples civilisés. Et d'ailleurs, en apprenant du grec, on se nourrit l'esprit de ces nobles et fortes pensées qui relèvent l'homme et forment le citoyen.

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