‹ De la navigation de l'Amazone: réponse à un mémoire de M. Maury, officier de la marine des EtatsChapitre 46 sur 57 · ŒUVRES PUBLIQUES. — FAITS DE L'ADMINISTRATION · texte numérisé non relu

ŒUVRES PUBLIQUES. — FAITS DE L'ADMINISTRATION

Quoique le budget de la province ne puisse s'élever encore à un total bien considérable, on peut dire qu'il règne, depuis quelques années, dans l'administration du pays, un esprit d'ordre et d'économie qui permet d'améliorer sensiblement les

différentes braaiches du service public et d'effectuer même quelques dépenses extraordinaires.

C'est ainsi qu'on a pu construire dans la capitale une église nourelle, un ^pont en face du jyalais de la présidence, une caserne et divers autres édifices publics.

Dans la province, on a élevé des fortifications nouvelles à Tabatinga et à Cucuhy. H est vrai que cette dépense incombe au ministère de la guerre ; mais c'est aux frais du trésor provincial que l'on restaure les écoles publiques, les rues, les ponts, les digues, les prisons, les cimetières, enfin tout ce qui constitue le matériel d'une société civilisée.

L'illumination au gaz liquide a été introduite à Manâos. Grâce aux soins du président Francisco José Furtado, cette ville, où la viande de boucherie faisait souvent défaut, en a été abondamment approvisionnée au moyen d'un engagement avec la Compagnie des bateaux à vapeur. Je dois dire de plus que cette Compagnie, dont un des principaux actionnaires est l'honorable baron de Mauâ, s'est prêtée avec un désintéressement patriotique aux vues du président, et a consenti à transporter désormais de Santarem ou d'Obidos à Manâos tout le bétail nécessairo à la consommation de cette dernière ville, et cela au minime prix de 4 mille réis par tête de bétail. C'est ainsi qu'il a été obvié à la disette de viande fraîche qui se faisait sentir à Manâos toutes les fois que la baisse des eaux ou quelque autre circonstance retardait l'arrivée des troupeaux du Rio-Blanco supérieur.

Les efforts du gouvernement central et de l'ad-

ministration provinciale ne se bornent pas aux choses matérielles. De louables efforts ont été

tentés pour propager Tinstruction primaire au sein des populations indiennes, plus ou moins^ civilisées, et aussi pour organiser les municipalités des différentes petites villes de la Haute-Amazone. C'est une tâche très-laborieuse, d'abord parce qu'il est difficile, vu les grandes distances qui les séparent, de réunir les conseillers municipaux, ensuite, un grand nombre de ces derniers ne comprennent pas assez l'importance de leurs devoirs. Cependant, des résultats satisfaisants ont déjà été obtenus, et, des six conseils municipaux qui existent dans la province, trois fonctionnent régulièrement II est veillé aussi à ce que la célébration du culte divin ait lieu partout avec la décence et la dignité convenables. A cet effet, des fonds supplémentaires sont ajoutés au budget ecclésiastique toutes les fois qu'il y a nécessité. L'Assemblée provinciale accorde en outre la somme annuelle de 7,500 francs pour l'entretien et l'éducation de douze pensionnaires au séminaire de la province.

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