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He lé, poilliqué du Brésil/;
Les Thébainsy dit Tbistoire, condamnèrent Pindare k Tamende pour avoir loué lés Athéniens; c'était un crime à leurs yeux que de rendre justice h leurs ennemis. M. Maury n'a point à redouter le sort <lu célèbre poète. Le Brésil ne peut pas être Ansidéré comme Tennemi des Etats-Unis ; mais Tégoïsme national de M. Maury ne pardonne pas au Brésil d'être un obstacle aux [projets ambitieux qu'il a rêvés pour sa patrie; il prend k tâche de dénigrer, de calomnier le gouvernement de Tempire avec autant d'amertume que d'injustice. Quand il peignait les richesses du bassin des Amazones, sa vive imagination lui inspirait des descriptions exagérées ; il semait For et les diamants d une main prodigue, et trouvait dans les rivières des pierres précieuses encore incannues aux lapidaires : la même
exagération se retrouve dans les accusations qu'il lance au gouvernement du Brésil ; après avoir excité la cupidité de ses compatriotes, a-t-il voulu leur souffler la haine qui parait l'animer lui-même contre le gouvernement du Brésil ?
Si M. Maury avait été sérieusement animé du désir d'être utile au commerce en général, s'il avait été convaincu que l'ouverture de TAmazone était un bien ^our le monde entier et un bien pour l'Empire, il pouvait exposer ses raisonnements et ses preuves avec tout le calme d'un homme qui parle au nom de la raison. Maïs accumuler les reproches les plus immérités, accuser sans se donner la peine de fonder ses #;cu-^ sations, ajouter Tacrimonie k Tinjustice des griefs, oublier le respect qu on doit k une nation amie et le respect qu'on se doit à soi-même jusqu'à remplacer les arguments par des injures , est-ce bien le moyea de persuader? #
(( Le Brésil, dit M. Maury, a adopté une politique « pire que celle du Japon, puisqu'il exclut la euUurey « la civilisation elle commereeàn plus beau pays au a mondé !»
Cette comparaison flatteuse du Brésil avec le Japon revient a chaque instant sous la plume de M. Maury: il est vrai qu'il dit quelque part que le Japon ne commerçait point avec l'Union, tandis que le Brésil échange ses produits contre ceux des Etats-Unis; con^ tradiction flagrante que M. Maury ne daigne point
expliquer, et qui ne Tempêche nullement de persister a signaler le Brésil comme un autre Japon, inaccessible au coirimerce.
Parfois M. Maury se trouve en face de faits si évidents qu il lui est impossible de les nier; alors il les dénature, et, grâce a son esprit de dénigrement, les mesures les plus libérales deviennent des attentats contre la civilisation. C'est le système qu'il emploie vis-îi- Vis du traité du 23 octobre 1851.
Le Brésil, fort d'un droit incontestable, consacré par le droit des gens, par la coutume des nations et par les traités, pouvait, nous l'avons prouvé, interdire absolument Ma navigation de l'Amazone a tous les pavillons étrangers. Les Etats propriétaires de la partie supérieare du fleuve auraient été privés d'une voie de comàiuîiication avec TAtlantique ; le Brésil a préféré sacrifier une partie de son droit en faveur de ces Etats; il. leur a offert spontanément, sous les garanties nécessaires à sa propre sécurité, l'entrée du grand fleuve bré- . silien. Voyons comment M. Maury considère cette généreuse concession.
« Le Brésil, apprenant que la libre navigation de « TAmazone commençait a être un sujet de conversa- « tion dans les cercles politiques et commerciaux des « Etats-Unis, prit immédiatement les mesures les plus « actives pour inutiliser toute tentative de notre part « qui eut pour objet la libre navigation de l'Amazone, u II redoubla d'énergie dans la guerre contre Rosas,. > 23
et se hâta d'envoyer des ministres extraordinaires et plénipotentiaires dans le Pérou, la Bolivie, TEquateur, la Nouvelle Grenade et Venezuela, avec mission de conclure, avec chacune de ces répnbltqnes, des traités stipulant en faveur du Brésil un droit èxèlQsif k la navigation de TAmazône et de ses affluents. <( Son but était d'empêcher les nations commerçantes de célébrer avec ces républiques des ttaités concernant la navigation fluviale. Le Brésil voulait retarder le progrès de ces Etats, leur fermer plus étroitement que jamais ïissue de ces grandes artères du commerce, et perpétuer ainsi la stagnation et la mort qui, pendant trois cents ans ont régné dans le grand bassin fluvial de TAmazone.
« Le Pérou tomba dans ce piège et signa le traité, m Le Brésil proposait d'ouvrir aux Etals riverains de l'Amazone rembouchure de ce grand fleuve, M. Maor; en conclut qu'il voulait les priver de communication avec rOeéan ! Le Brésil permettait k leurs produits de passer librement par son propre territoire, M. Maury en conclut qu'il veut fermer tout débouché à ces produits ! Le Brésil prétendait retenir ces produits prisonniers ; et la preuve qu'en domie M. Maury, c'est qu'il leur ouvrait une porte de sortie! N'est-ce point un affligeant spectacle de voir un iiomme de talent , un homme quia rendu à la science d'incontestables services, outrager ainsi non seulement la vérité et la justice^ mais même le bon sens ?
A qui ce Irailé devait-il apporter le plus d avantages? Âti Brésil , ou aux républiques hispano-américaines? te Brésil est propriétaire de Tembouchure et des' deux rives de TAmazone sur une étendue de plus de six cents lieues; de nombreux affluents sillonnent les provinces de Tempire, les produits de ces riches contrées pouvaient parcourir librement ces rivières, descendre dans le grand fleuve qui les menait jusqu'à rOcéan. Maître absolu de cette immense voie de communication , le Brésil n'ajoutait en rien à ses droits par le traité qu'il proposait ; 1g§ récolles de ses plaines , lés bois de ses forêts, les métaux et les pierres précieuses de ses mines arrivaient jusqu'à la mer sans avoir à traverser d'autre territoire que celui de l'empire.
L^ Pérou no jouit point des mêmes facilités. Il possède des provinces fertiles arrosées par ces affluents de TAniaxone, des villes importantes comme Laguna, Sarayaca et Nauta situées sur les bords de ces rivières ; si le Brésil avait maintenu son droit de fermer la partie inrériearede ses rivières au pavillon péruvien, les productions de ces contrées devaient remonter TUcayali et rituallaga, gravir les montagnes des Cordilières, s'embarquer k Callao, doubler le cap Horn, et traverser tout rOcéan Atlantique avant d'arriver sur les marchés de l'Europe ; les frais de cet immense et difficile parcours par terre et par eau grevaient à la fois les produits exportés et les marchandises d'importation. La
voie naturelle , celle de l'Amazone, plus courte et plus commode, donnait une économie de plus de moitié sur le transport des marchandises jusqu'en Europe. Le Pérou avait donc un immense intérêt a accepter les propositions de l'Empire ; l'Empire ne souffrait point du refus du Pérou. Le piège tendu par le Brésil au Pérou ouvrait a cette république une source nouvelle de richesse et de prospérité.
Le procédé généreux du Brésil est cependant l'objet des plus vives récriminations de M. Maury : <( Le zèle, « dit-il, que mit l'empire a négocier ce traité, ne peut (( être considéré que comme un effort tenté pourarrê- (( ter le progrès de la civilisation ; car fermer TAma-
(( zone au commerce et a la vapeur, c'est priver les (c pays que' ce fleuve arrose, et du milieu desquels il (( jaillit, des lumières de la civilisation, des bienfaits (( du christianisme, de tous les éléments de la félicité (c humaine. » Le traité présenté par l'empire au Pérou et aux autres Etats riverains de l'Amazone avait pîécisément pour objet de permettre la navigation de ce fleuve ; dès lors, toutes ces pompeuses déclamations tombent d'elles-mêmes, et rappellent a la mémoire les paroles indignées de Benlham contre ces fanatiques qui n'invoquent la civilisation que pour dissimuler d'égoïstes projets.
Ce n'est point le zèle que M. Maury affecté pour U^s intérêts du Pérou qui lui.a inspiré cette colère et ces injustes reproches ; les avantages que le traité de
1851 offre au Pérou sont évidents, et une amitié sincère devait approuver cette convention. Mais ce traité déjouait des plans ténébreux, tramés daps l'ombre, etr dont M. Maury ayait rêvé la réalisation prochaine. Les Etals-Unis cherchaient depuis longtemps un prétexte pour intervenir dans les affaires de l'Amérique du Sud ; ils entretenaient perfidement la désunion entre les Etats riverains de l'Amazone, signalant le Brésil comme l'ennemi commun, encourageant des prétentions sans fondement. Si les républiques hispano-américaines, séduites par des promesses» mensongères, avaient réclamé le dangereux appui des Etats-Unis, ceux-ci espéraient leur faire payer cher cette intervention en apparence désintéressée, et stipuler a leur profit des conditions qui leur assuraient le monopole du commerce intérieur de l'Amérique méridionale. Le traité de 18S1, acte de sagesse et de libéralité du Brésil, ruinait ce complot habilement tramé, enlevait a TUnion toute occasion de mettre un pied sur un territoire dont elle convoitait de longue main les richesses. Il donnait au Pérou ce que les Etats-Unis voulaient réclamer pour lui, et conjurait les dangers de cette périlleuse intervention d'une nation puissante et aventureuse, entre des nations plus faibles. C'est ce que M. Maury ne pardonne pas au Brésil. <( Le but du Brésil en célébrant « un pareil traité avec le Pérou^ dit-il^ fut d'interdire « Ventrée de ces rivières à cette nation de pirates^ coin- « me on nous appelle là-bas, )>
Que reproche M. Maury au traité de 1851 ? N'oavret-il point un débouché aux produits du Pérou et des autres Etats riverains de TÂmazone ? Le désir si souvent manifesté par l'officier américain dans son mémoire est accompli. Sa colère n'a donc point de prétexte. Des vues intéressées se cachaient sous cette apparente générosité.
Les Etats-Unis ne peuvent se plaindre légitimement de ce traité. Ils n'ont aucun droit k la navigation de l'Amazone, le traité ne les exclut pas de ce fleuve, il confirme vis-à-vis. d'eux le droit existant. M. Madry prétendrait-il par hazard que la faveur accordée au Pérou doit être étendue k l'Union? Sur quel prétexte appuyer cette étrange doctrine? Un Etat concède un privilège à un autre Etat, c'est sa volonté souveraine; il ne porte aucun préjudice aux puissances qui' restent avec lui dans la lïiéme position qu'auparavant ; il ne doit aucun compte de l'exercice de sa souveraineté. Les puissances étrangères peuvent solliciter la m^me faveur, et jamais la réclamer comme un droit.
Mais en dehors de cette incontestable vérité, que de raisons puissantes conseillaient au Brésil d'accorder au Pérou la navigation dans l'Amazone, tout en continuant à la refuser aux Efats-Unis ! La nature a établi entre les deux Etats voisins des liens intimes ; placéa sous le même ciel, côte a côte dans la même partie du continent américain, à peine séparés par une ligne de démarcation idéale, ils sont arrosés par les affluents du
même fleuve^ unis par les mêmes besoins, destinés k travailler ensemble à une même œuvre, la colonisation de rimmense bassin de TÂmazone, ils doivent obéir.k cette solidarité d'intérêts qui leur conseille de se faire mutuellement des concessions réciproques ; l'amitié la plus étroite et la plus loyale leur est nécessaire, autant pour hâter la marche dû progrès, que pour éviter des dangers communs. Lé Pérou ne pourrait, sans se porter préjudice h lui-même, abuser du droit de navigation dans la partie brésilienne de TÂmazone, pour créer à l'empire des embarras dont il souffrirait le premier.
Cette solidarité existe-t-elle entre le Brésil et les Etats-Unis, séparés d'un côte par de vastes mers, de l'autre par de nombreuses nations ? Leurs intérêts ne sont point intimement confondus, comme ceux du Brésil et du Pérou. Les relations entre ces deux nations se bornent à cet échange de services inspiré par la loi naturelle entre des sociétés étrangères l'une à l'autre.
Le Pérou possède des provinces resserrées entre les Cordilières et le territoire du Brésil ; des communications difficiles avec l'Océan retardaient le développement du commerce dans ces contrées fertiles, le Brésil leur a ouvert un passage par son propre territoire. Les Etats-Unis ont-ils les mêmes raisons a alléguer que le Pérou ? Quels sont leurs Etats riverains de l'Amazone ? Quelles sont leurs provinces dont le commerce languit
faille d'une issue par ce grand fleuve ? Le propriétaire d'une maison accorde passage par sa porte a un propriétaire voisin dont la maison n'a point d'issue commode; c'est une concession basée sur. ces relations continuelles, sur cet échange de services qui naît du voisinage ; tous les propriétaires de la même rue auront-ils droit a réclamer pour eux le passage par cette même porte ? Cette comparaison vulgaire fait ressortir Tillégitimité des prétentions de M. Maury.
Si le Brésil maintient, à Tégard des nations riveraines de TAmazone, son droit exclusif • de la navigation de ce fleuve, ce n'est point qu'il écoute les conseils d'une politique mesquine; ses efforts pout appeler la population dans les provinces de l'Empire, développer les ressources commerciales, seconder l'élan du progrès et de la civilisation, sont une preuve du désir qui l'anime. Le gouvernement de l'Empire a un devoir impérieux a remplir ; il doit avant tout veiller à l'intégrité de son territoire, et a la tranquilité publique. La grafnde œuvre qu'il a commencée ne peut s'achever qu'au sein de la paix et du calmé ; et, dans sa conscience, l'ouverture de l'Amazone 'a tous les pavillons étrangers compromettrait le succès de son entreprise.
Le grand fleuve et ses affluents parcourent un immense territoire a peine peuplé; la libre navigation amènerait au sein de l'empire une population nombreuse, sans liensdans le pays ; la population indigène est peu nombreuse et a peine civilisée ; de la des dangers de deux
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sortes, daifgers d'dutànt plus sérieux qu'il est difficile de les conjurer.
Ces étrangers, attirés par Tappas du lucre, peuvent tromper la crédulité de ces peuplades sauvages, obtenir de leur ignorance des produits précieux et importants en échange d'objets sans valeur. Ce commerce etaridestin, dont la répression est pour ainsi dire impossible^ nuit aux intérêts de cette population qui a droit k la protection du gouvernement de Teinpire. C'est èbnt an devoir pour lui d'empêcher qu'on ne puisse abtiâè^âe l'ignorance et de la bonne foi de ces peupladés k demi barbares.
Cette afflirence d'étrangers dans rintcrieur du territoire do^ne en outré a là contrebande des facilités contraîi'es aàx intérêts du trésor public.
Eûfin le plus grand de tous ces périls, c'est celui qui: menace la paix publique. Les commerçants étrangers 4e soumettront aux régfements et aux tarifs de navigatioH; mais que d'embarras quotidiens, que de tracasseries dans l'es rapports nécessaires entre les commandaitfs des bâtiments et les autorités locales ! N'y a-t-il point k craindre de voir surgir des conflits qu'il serait aassr pefu atsé de conjurer que déterminer? L'amourj^ropre national et les intérêts privés, se trouvant en jeu ftans de pareilles discussions, peuvent donner naissance k dès^ embarras sérieux qu'il est du devoir de l'empire d'éviter. Au mitien de l'empire, au sein d une contrée
presque déserte, Bans un petit village de deux cents
habitants, une discussion s'élève entre le cciminandant d'un bâtiment étranger et l'administration ; le com^ piandant ne veut point se soumettre aux réclamations de Tautorité, la querelle s'envenime, Téquipage soutient son chef, une lutte sanglante peut s'en suivre, lutte qui provoquera des représailles et suscitera au gouvernement de graves difficultés. Ces craintes sont d'autant moins chimériques, qu'aujourd'hui io^éme les Etate-Unis ont des différends analogues avec quatire^ Etals divers. La présence de quelques citoyens de l'Union a suffi pour susciter des embarras aux gouvernements qui commandent a Bornéo, à Taïti, à Grey-^ town et au Paraguay. Le Brésil a besoin de consacrer tout son temps et tous ses efforts au développement du progrès dans son vaste empire, tout ce qui tendrait à le distraire de cette noble tâche est considéré par lui comme un danger ; et^ comme il est plus simple de Tempécher de naître que de le détourner, i\ obéit aux conseils prudents de la sagesse et attend le jour où il pourra, sans nuire a ses propres intérêts^ décréter la libre navigation de ses rivières intérieures.
Quoi qu'en dise M, Maury, cet ajournement est nécessaire k la sécurité de Tempire. La civilisation de vastes contrées ne s'opère point en un jour; aucune force au monde ne peut faire soudainement un pareil miracle. Le gouvernement du Brésil répond devant la nation de la sécurité de Tempire; il écarte d'une main prudente
U>iit ce qui peut la compromettre, et grâce k cette paii tssurée, il pourra répandre la civilisation sur tous les points de cette vasle contrée, sans craindre les secousses, les périls et les révolutions. A en croire M. Maury, les Etats-Unis pourraient seuls apporter le progrès chez les populations nomades qui habitent les bords de TÂmazone. L'Orient, au dire de Tacite, avait besoin de la sagesse de Germanicus : Orientem^ nîsi Germanid éapientia, componi ; le Brésil n'a pas besoin de la sagesse des'Etats-Unis. Le gouvernement de TEmpire, ayant seul la responsabilité de son œuvre, est seul juge du choix des moyens qu1l peut employer pour la mener à bonne Gn; il a foi dans l'avenir vers lequel il marche d'un pas ferme; mars il sait que ses efforts ne peuvent point aboutir en un jour, et qu'il lui faut Taide du iempSj ce grand nvvateur qui innove tout^ mais lentement et par des degrés presque imperceptibles (i), |l. Maury accuse le Brésih d'impuissance ; mais M. Maury n'est pas prophète ; car ses prédictions à l'égard éei'Empire ont été heureusement démenties par l^s événements, a Quand le Pérou, dit-il, fut invité a « célébrer le traité du 23 octobre 1851, et que le ^ Brésil lui proposa d'introduire des bateaux a vapeur n dans les rivières péruviennes, un fait devait faire. « Juger la valeur des projets de l'Empire. A l'embou- « chure même de l'Amazone, se trouve un fleuve ma-
(4) Bàcon. Essai. § Des innovations.
« gnifiqi^e, qui coule ontièremeut ^ans le territoire <c brésilien : le Tocantins traverse plus de degrés de (( Jatitude que notre Mississipi, il reçoit de nombreux (( tributaires dont les bords sont peuplés de \iUes et de (( villages, habités par plus de 120,000 sujets brési-: (( liens : il naît au cœur même de rEmpire ; de ses (c sources au palais de TEmpereur, il y a k peia^ 50Û « milles ; et ppurtant le Brésil, malgré l'esprit d'entreu prise dont il se vante aujourd'hui, p'a pas encore été u capable d'y introduire des bateaux à vapeur, il ne w Ta même pas essayé. N'est-il point étrange que \e <( Pérou n'ait eu aucun soupçon, en voyant l'envoyé du tt Brésil, qui laisse les rivières de son propre pays dans « un pareil abandon, faire un voyage de quelques (( miliers de milles, pour aller proposer au Pérou d'in- <( troduire la navigation dans les rivières de son terri- « toire, aux pieds même des Andes !
(c Au delà du Tocantins, sont le Chingu, le Tapajoz « et une douzaine d'autres rivières, cpulant entièrece ment entre deux rives brésiliennes, quelques-unes u descendent des versants des Montagnes de Diamants, w leurs lits sont remplis d'or et les bateaux à vapeuc <c n'y sont jamais entrés. Leurs sources, perdues dans <c rintérieurdu Brésil, sont parfaitement inconnues; « et les astronomes ont des données plus certaines sur « la lune, que les hommes d'Etat et les géographes sur (c lels contrées baignées par ces cours d'eau. Comment le « Pérou, témoin de l'incurie et de l'ipapuissanice du
ft Hv^iï a-t-il pu prêler Torcille aux propositions qui tt \\k\ firent faites ? »
Le ppqr^ du Tocantins se trouve entouré d'obstacles sg^s npipbre que Ca§telnau décrit minutieusement dans . se^vpyagea; M. Maiiry, que les obstacles n'arrêtent ja|pûu}i39 suceuse le Brésil de n'avoir point tenté une entreprâ^que le voyageur français considère comme impossible ; et il en conclut avec la même logique que le Brésil est impuissant à établir une navigation a vapeur sur rAïQazone : « Comment pourra-t-il introduire des « koifioux à vapeur dans les eaux du PéroUj ainsi « qu'il a voulu le persuader au gouvernement de cette « république? »
1*6 Brésil a iait comme ce philosophe devant qui on q.iatt le mouven>enty il a marché ; une ligne régulière de bateaux à vapeur parcourt aujourd'hui TÂmazone depjûs Para jusqu'à Nauta^ en dépit des prophéties de M. Maury.
i^e Ueuteoant américain condamne le Brésil à ne ]jsua[iai$ devenir une nation maritime; ses habitants ne j^urrQjf^t jan^ais s'arracher aux douceurs du climat, atfs^dç^aner un sol fertile pour affronter les rigueurs de ls|iqer,; ils seront toujours forcés de charger les autres n9;li|90S; du transport de leurs propres produits. M. Mfu^l'a décidé^ mais le Brésil, persévérant dans ses ^kffts^ limitant sagement son ambition, a déjà prouvé qu'il n'avait nul besoin de confier a d'autres le soin in gs^rder- ses côtes.
Le Brésil, qui ne compte encore que trentenleux ans d'existence politique, a déjà beaucoup fait pour le progrès. Les bateaux k vapeur sillonnent ses rivières ; les chemins de fer unissent déjà les cités intérieures; la presse jouit delà plus grande liberté, Tinstruction se répand dans le peuple, grâce aux nombreuses écoles que le gouvernement a établies dans toutes les populations ; le courant d'émigration européenne a été habi-, lement dirigé vers le Brésil ; des colonies sont formées dans toutes les provinces, sur les bords fertiles des affluents dé TÂmazone, le Brésil voit la prospérité répondre a ses courageux efforts.
L'Empire ne s'est point contenté de ces progrès inlérieurs, il a associé k l'extérieur son nom à dç nobles et justes entreprises qui lui ont assuré dans l'Amérique du Sud le respect de toutes les nations, la seule prépondérance qu'il ambitionne. Il a tendu une main protectrice au Paraguay qui s'éveillait a Tindépendauce,^ il Ta reconnu comme nation, et lui a prêté généreusement son appui dans les difficultés qui ont signalé les premiers temps de son existence. Les soldats brésiliens ont pris part à cette campagne qui mit fin k la longue dictature du général Rosas. Aujourd'hui encore, une république voisine , affaiblie par de longs malheurs, ruinée par une guerre de dix années, trouve dans le gouvernement du Brésil le concours le plus efficace et le plus désintéressé.
Le Brésil n'abandofnnera point cette voie dans laquelle
il est définitivement entré. Il en a pour garant la sagesse de l'Empereur qui préside k ses destinées. Elevé au milieu des idées modernes, ce jeune monarques apporté sur le trône Tamour de la liberté et du progrès; entouré de conseillers habiles, il contribue puissamment lui-même k la prospérité de TEmpire, et ses nobles efforts le rendent digne de Taffection de ses sujets et de l'estime du mondé entier !
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