Chapitre II
Les revelations donnees a un peuple ne sont point propres d un autre peuple.
« Et Moise lui dit : Si ta face ne vient pas avec moi, ne nous fais point monter dici.v (Exode XXXIII, do.)
Quand le Seigneur donna une revelation a Noe, lui declarant qu'un deluge devait detruire les habitants de la terre, cette revelation lui fut donnee pour son propre salut et pour celui de ceux a qui il l'annonca. Car « il etait predicateur de la Justice. » (2 Pierre II, 5.) La construction de I'arche, Ies amenagements pour les animaux, sa delivrance et celle de sa famille furent autant de revelations pour eux et destines a eux seuls. C'etait la, en effet, des circonstances qui ne devaient jamais plus se renouveler, et qui ne devaient nullement s'appliquer a d'autres. Gar Dieu fit alliance avec Noe, apres le deluge, et lui declara qu'il ne detruirait jamais plus les habitants de la terre par un deluge. (Gen. IX, 8.)
Quelque temps apres, le Seigneur detruisit les villes de Sodome et de Gomorrhe. Mais auparavant il revela son dessein a Abraham et a Lot. Sans cette revelation, comment Lot aurait-il pu se mettre a l'abri du feu du ciel ?
(Gen. XVIII, XIX.) Une arche, comme celle qui fut construite par Noe, ne lui cut ete d'aucun usage, et aucune des instructions donnees a ce prophete ne pouvaient lui etre applicables, non plus qu'aux habitants de Sodome et de Gomorrhe, ou des plaines environnantes. II dut recevoir une revelation speciale, a lui particuliere. qui ne consista point a batir une arche, mais « a se sauver sur une montagne et ne point s'arreter en aucun endroit de la plaine. »
Quand les enfants d'Israel gemissaient sous le joug de fer des Egyptiens, il leur fallut aussi des revelations d'une nature toute particuliere. Moise fut done suscite pour etre leur revelateur et leur liberateur. L'ange du Seigneur lui apparut dans une flamme de feu, et le Seigneur lui dit : « En verite, j'ai vu les afflictions de mon peuple qui est en Egypte, j'ai entendn les cris qu'ils jettent a cause de leurs exacteurs, et j'ai connu leurs douleurs. Aussi suis-je descendu pour le delivrer de la main des Egyptiens et pour le faire remonter de ce pays-la en un pays fertile et spacieux, en un pays ou coulent le lait et le miel.... Maintenant done, viens... Et tu retireras mon peuple, les enfants d'Israel, hors d'Egypte. » (Exode III.)
Maintenant, je le demande, de quel usage les revelations donnees a. Noe ou a Lot eussent ete aux enfants d'Israel? Le monde n'allait pas etre detruit par un deluge, ni l'Egypte par le feu; mais les circonstances etaient entierement differentes. Le peuple du Seigneur se trouvait cruellement opprime par les Egyptiens, qui lui imposaient des fardeaux accablants; et e'etait le dessein de Dieude le delivrer de cet eaclavage, de le soustraire a la rapacite de ses exacteurs, et de le mener au pays de Canaan pour en faire une nation distincte et puissante. Dans ce but, Dieu suscita Moise, le doua d'intelligence et le remplit de son Saint-Esprit. Moise devint le liberateur des Israelites. II recut de frequentes revelations pour operer leur delivrance et guider leurs pas dans le desert. II sentait si bien la necessite de la presence du Tout-Puissant et celle de recevoir constamment de lui des conseils et des revelations, qu'il dit au Seigneur : Si ta presence ne vient pas avec moi, ne nous fais point monter d'ici ; preferant rester oil il etait que d'en partir sans le secours de la revelation directe de Dieu, ou de se tier a son propre jugement et raeme aux revelations deja donnees. Et, chose bien certaine, depuis lors les enfants d'Israel ne furent jamais chaties pour avoir meprise les paroles de Noe, d' Abraham ou de Lot, mais ils le furent severement pour s'etre revokes contre Dieu et Moise, contre les revelations qui leur etaient donnees pour leur direction speciale.
Quand, par suite de leurs transgressions, les Israelites furent condamnes a 6tre menes captifs a Babylone, Jeremie revela au roi Sedecias la volonte du Seigneur. II declara au peuple qu'il irait en captivite a Babylone et y demeurerait soixante etdix ans. Ce qui s'accomplit effectivement ; et depuis les Israelites furent delivres, selon les paroles du prophete. Cette prophetie, ainsi que les precedentes, n'etait applicable qu'aux circonstances particu-
litres oil se trouvait le peuple a qui elle fut donnee. Gette nouvelle revelation lui devenait d'une necessite indispensable, bien qn'il eut en sa possession les revelations des temps passes, que nous avons deja mentionnees, ainsi que des centaines d'autres. De meme sa delivrance de Babylone, sous la conduite d'Esdras et de Nehemie, fut tout aussi partieuliere.
Quand la parole du Seigneur vint a Isa'ie touchant la chute de Babylone, ce fut tout a fait distinct de toute autre revelation anterieure. (Isa'ie XIII. )De meme avec le message de Jonas a Ninive : il fut exclusivement delivre a cette ville. Les revelations dont je viens de parler ne pouvaient s'appliquer a Tyr, a Sidon, a l'Egypte, ou a aucune autre nation, mais uniquement a celles auxquelles elles etaient destinees.
Lorsque noire Sauveur predit la destruction de Jerusalem, les circonstances qui devaient accompagner cette dispensation etaient encore d'une nature essenliellement differente de toutes les autres. Les Juifs allaient etre disperses parmi toutes les nations; leur temple, leur gouvernement et leur nationality allaient etre detruits, et Jerusalem rasee. Les disciples de notre Seigneur recurent alors de sa bouche des instructions speciales sur ce qu'ils avaient a faire pour echapper aux terribles calamites qui devaient frapper ce peuple maudit de Dieu. « Et quand vous verrez Jerusalem environnee par les armees, sachez que sa desolation est proche. Alors, que ceux qui seront dans la Judee s'enfuient aux montagnes, que ceux qui seront dans Jerusalem s'en retirent; et que ceux qui seront a la campagne ne rentrent point dans la ville. Car ce seront alors les jours de la vengeance, atin que toutes les chosesqui sont ecrites s'accomplissent.» (Luc XXI, 20 a 22.) Cette derniere revelation, comme toutes les precedentes, fut donnee aux disciples des anciens jours pour leur bien particulier ; elle nous demontre bien positivement, de meme que les autres, la necessite absolue de revelations continuelles pour la conduite du peuple du Seigneur. Car, puisque les circonstances dans lesquelles se sont trouvees ces nations en divers temps et en divers lieux ont ete differentes, il s'ensuit qu'elles ont du recevoir des revelations propres a ces circonstances particulieres, comme il s'ensuit que ces revelations donnees a telle nation n'etaient pas suffisantes pour une autre.
Cela n'est pas seulement vrai relativement aux nations, mais il Test egalement pour les individus. Quand la Parole du Seigneur etait envoyee a un homme seul ou quand cet homme etait visite par un ange, le message divin ne s'adressait qua lui, ainsi qu'a sa propre nation, et jamais a une autre personne ou a une autre nation. Exemple : lorsque le prophete se presenta a Heli pour lui annoncer le sort prochain qui lui etait reserve, ainsi qu'a sa famille, ce message n'etait que pour Heli et ne s'appliquait nullement a Samuel. (Samuel II et 111). Heli avait neglige ses enfants et avait ferine les yeux a leurs transgressions ; Samuel n'avait point d'enfants. Le message de Dieu a Pharaon differait entierement de celui donne a Nabuchodonosor. Le message a Pharaon fut delivre en ces termes : « Ainsi a dit l'Eternel, le Dieu
d'Israel : Laisse aller mon penple , afin qu'il me celebre une fete solennelle au desert. » (Exode V, 1). Celui au roi de Babylone : « On te chassera d'entre les hommes, ton habitation sera avec les betes des champs, et tu seras
nourri d'herbe comme les boeufs pendant sept ans » (Daniel IV). Quand
la parole du Seigneur fut donnee a Elie, a Elisee, a Isaie, a Jeremie, a Ezechiel, a Zacharie, et a bien d'autres encore, ils eurent chacun une mission speciale a remplir, un temoignage a rendre, un message a annoncer, soit aux Juifs, soit aux Gentils.
Si nous faisons des recherches dans le Nouveau Testament, nous y trouverons les memes principes. L'ange qui vint annoncer a Zacharie la naissance de Jean (Luc 1, 11 a 20) avail un tout autre message que celui qui vint annoncer a Marie la naissance de notre Sauveur. (Luc I, 26-28). Et ces deux messages etaient differents de celui qu'un autre ange vint porter a Joseph, en lui ordonnant de s'enfuir en Egypte pour un peu de temps avec sa famille (Matthieu II, 13). Un ange vint delivrer un message special a Paul, lorsqu'il fut en danger de faire naufrage. Un ange visita Pierre en prison. Mais ces deux envoyes celestes, ainsi que tous les autres, avaient chacun un message parliculiera annoncer aux hommes, selon les circonstances et leur situation respective.
Ce meme principe est clairement developpe dans les differents genres de messages delivres par les apotres aux diverses Eglises. Comme leurs circonstances , leur position et leur iidelite variaient, de meme leurs instructions variaient aussi. Les conseils et les admonestations qu'ils donnaient a une Eglise ne convenaient pas a une autre. Lorsque Jean eut un message a delivrer aux sept Eglises de l'Asie , ce message ne fut pas le meme pour toules et ne pouvait s'appliquer a toules. Pourquoi ? Simplement parce que leurs circonstances, leur foi et leur position devant Dieu etaient differentes. II lui fut done commande de leur ecrire, selon leurs diverses situations.
A 1'une il ecrivit qu'ils s'etaient « relaches de leur premiere charite » ; a une autre, que « quoiqu'ils se disaient pauvres, cependant ils etaient riches, et qu'ils auraient la couronne de vie s'ils restaient fideles jusqu'a la mort »; il dit a une autre, qu'ils « se disaient riches et qu'ils ne savaient pas qu'ils Etaient pauvres, etc. » ; a une autre, qu'ils avaient permis a une femme qui sedisaitprophetesse,«de seduire ses serviteurs, de les porter a commettre la fornication et de leur faire manger des choses sacrifices aux idoles » ; a une autre, qu'ils « etaient tiedes, et qu'il les vomirait de sa bouche, a moins qu'ils ne se repentent. » (Apocal. II et III.)
Nous voyons par la qu'un esprit continuel de revelation etait absolument necessaire pour devoiler les iniquites qui existaient dans les diverses Eglises, et pour leur donner des conseils, des avertissements et des instructions, selon leurs besoins. Quand Paul ecrivant aux Galates, leur dit : « 0 Galates insenses ! qui vous a ensorceles, pour faire que vous n'obeissiez point a la verite ?»' (Gal. HI, 1) ; e'etait une toute autre declaration que celle aux Romains, a
qui il ecrivait : « Je rends graces a mon Dieu par Jesus-Christ, pour vous tous, de ce que voire foi est renommee par tout le monde. » (Rom. I, 8.) Etcela differait encore de ce qu'il reprocbait aux Corinthiens, savoir : Que la fornication existait parnii eux, « telle qu'on n'en faisait pas raeme mention parmi les Gentils. » (1 Corint. V, I .) Et lorsque Paul ecrivit aux Corinthiens : a Je n'ai pu vous parler comme a des hommes spirituels.» (1 Corint. Ill, 1.) Nous voyons que leurs circonstances etaient bien differentes de celles de l'Eglise , a qui Jean mandait : « Vous avez recu l'onction du Tres-Saint, et vous connaissez toutes choses. » (1 Jean II, 20.)
Pour ne point donner attention a ces choses, des Chretiens du temps actuel s'appliquent a eux-memes certains passages des Ecritures , auxquels ils n'ont point le moindre droit quelconque. Ce n'est pas chose rare, que des hommes appliquent aux Chretiens des promesses faites aux Juifs. Mais, je vous le demande, qu'ont a faireles Chretiens des benedictions promises aux Juifs ? Ils rejettent sur la tete des enfants d'Israel les maledictions qui ont ete prononcees contre eux , et ils veulent leur derober leurs benedictions. Non. Les promesses annoncees aux Juifs, le furent a eux seuls, et non pas aux Gentils; et les Juifs seront obliges a tout subir, benedictions ou maledictions.
II nous est souvent repete qu'il est necessaire de bien savoir dispenser la parole de la verite. Mais qui peut dire de nos jours ce que Jean ecrivit a l'Eglise : « Nous avons recu l'onction du Tres-Saint , nous connaissons toutes choses, et nous n'avons pas besoin qu'aucun homme nousenseigne ?» Nous parlons d'etre justifies par la foi. Mais ne voyez-vous pas que ces personnes-la, ainsi justifiees, avaient obei aux ordonnances de 1'Evangile; qu'elles avaient ete baptisees par immersion, au nom de Jesus-Christ, pour la remission de leurs peches , qu'elles avaient recu l'imposition des mains pour le don du Saint-Esprit ; et qu'elles s'etaient conformees a tous les premiers principes de 1'Evangile. Elles etaient justifiees par leur foi en Jesus-Christ, pour avoir obei a 1'Evangile , et non pas par la loi mosaique.
Jean dit dans l'Apocalypse : « Soyez fideles jusqu'a la mort, et je vous donnerai la couronne de vie. » A qui ? a l'Eglise de Smyrne, non pas a l'Eglise dePergame ou de Laodicee, ni a aucune Eglise, ou gens qui, de nos jours, jugent a propos de s'appliquer a eux-memes ces paroles. Afin de pouvoir realiser cette promesse, une personne ou une Eglise devait se trouver placee dans des circonstances semblables. On pourrait tout aussi bien s'appliquer d'autres passages, tels que ceux-ci : « Tes oeuvres n'ont pas ete trouveesparfaites devant Dieu. » « Parce que tu es tiede,m chaud ni froid , je te vomirai de ma bouche. » « Souviens-toi done d'oii tu es tombe, repens-toi et fais tes premieres oeuvres, ou incontinent je viendrai a toi et j'oterai ton chandelier de sa place, a moins que tu ne te repentes. »
Mais comme ces dermers passages ne leur conviennent pas autant que ceux cites plus haut, on fe applique en general aux Eglises asiatiques, et
on applique les passages favorables aux Eglises de nos jours. Or, les promesses de l'Evangile furent faites a ceux qui avaient obei a l'Evangile. Ces promesses furent faites par des homines inspires, «qui parlerent selon qu'ils etaient inspires du Saint-Esprit. » (2 Pierre I, 21 .) Car l'Eglise avait alors des ap6tres, des prophetes, des evangelistes, des pasteurs et des docteurs, tons soumis a l'intluence de l'esprit de Dieu. Ces hommes avaient des songes, des visions, recevaient la visile d'anges, et comprenaient les mysteres de Dieu. Ces choses « furent mises dans l'Eglise pour le perfectionnement des saints, pour l'ceuvre du ministere et pour l'edification du corps du Christ. » (Ephes. IV; 11,12.) Et combien de temps ces choses devaient-elles exisler dans l'Eglise ? « Jusqu'a ce que nous soyons tons parvenus a l'unite de la foi et de la connaissance du Fils de Dieu ; a l'etat d'homme parfait et a la mesure de la stature parfaite de Christ; afin que nous ne soyons plus des enfants , ni flottants , ni emporles par le vent de toutes sortes de doctrines , par la tromperie des hommes, et par l'adresse qu'ils ont de seduire artificieusement.» (v. 13,14.) En d'autres termes : il nous aete donnedesapotres, des prophetes, etc., tous hommes inspires qui, par revelation etparla parole de Dieu, seront a meme de nous guider continuellement dans la voie de la verite et de nous garantir de tout mal. Et a cause du manque de cette intelligence et de cette communication, touthommea pris le chemin qui lui convenait ; ils ont abandonne la purete des principes de l'Evangile, ils sont tombes dans le labynnthe de l'ignorance, de la superstition et de 1'erreur; et, au lieu d'etre revetus de sagesse, de puissance, d'intelligence et de certitude, au moyen des revelations, semblables a l'une des Eglises d'Asie, qui pretendait qu'ils elaient riches, qu'ils avaient accru leurs richesses et n'avaient besoin de rien ; ils ne savent pas qu'ils sont malheureux, pauvres, miserables, aveugles el nus, depourvus d'apotres et de prophetes, prives de revelations, de l'administration d'anges, prives de la connaissance de Dieu, ignorant son pouvoir, son plan et ses desseins , ignorant cette gloire , cette vie, et ces vives lumieres qui caracteriserent autrefois ses saints.
De la decoule la grande necessite de nouvelles revelations pour restaurer son Eglise dans toute sa plenitude , sa gloire et sa puissance , avec les dons spirituels , la guerison des malades et les aulres benedictions, comrne elles existaient anciennement; afin de ne plus etre ni flottants, ni emportes par le vent de toutes sortes de doctrines, ni d'etre obliges de n'avoir uniquement recours pour notre direction qu'aux choses anciennes; mais afin que nous puissions avoir des revelations directes pour nous guider a travers le labyrinthe de cette vie et nous faire obtenir la vie eternelle.
Mais on pourra nous objecter : Si cela est vrai, a quoi bon les Saintes-Ecritures? Je reponds: Elles sont d'une valeur inappreciable independamment des nouvelles revelations , elles sont pour les hommes le tresor le plus precieux qu'ils puissent posseder; elles contiennent de grands evenements et d'importantesveritesai'usagedu genre humain, dans leur partie historique,
dans leurs doctrines , leurs ordonnances et leurs propheties. Elles sont une voix d'avertissement , une enseigne et un guide au voyageur egare; elles sont la lettre morte , mais non pas le teinoignage vivant.
II nous est fort agreable de lire dans les Ecritures que lcs hommes etaient autrefois visites par des anges; mais a qui se niontrent-ils de nos jours? Nous y lisons le recit d'hommes qui avaient des visions prophetiques; pouvant contempler les desseins de Dieu , et prophetisant des evenementsdevant se realiser dans les siecles fulurs. II y est question de Revelateurs et de Voyants. Mais tous ces Prophetes , ces Revelateurs et ces Voyants vecurent dans les temps anciens. Nous voyons qu'il y avait des Apotres , des Prophetes et des homines inspires au jour de la dispensation chretienne; ils ne sont pas les notres , mais ils furent les officiers , les administrateurs d'un autre peuple. Nous lisons avee joie leurs instructions , leurs doctrines , leurs ordonnances et leurs propheties. Mais c'etaient la les Apotres, les Prophetes et les officiers d'un autre age; leurs instructions s'adressaient a un autre peuple. Leurs doctrines et leurs ordonnances nous servent comme d'une lumiere pour rendre manJfestes les tenebres du monde chretien actuel , et leurs propheties indiquent son apostasie. Les Ecritures nous parlent des dons spirituels , des guerisons , de la foi , des miracles , de l'unite , de la puissance et de la certitude qui existaient autrefois dansl'Eglise; mais les eglises de nos jours en sont privees , et ces choses ne servent qu'a devoiler leur situation et a rendre plus manifestes leur pauvrete, leur nudite , leur indigence et le manque absolu de ces dons qui furent anciennement la gloire de 1'E-
glise.
Comment les Ecritures, dites-vous , ne sont d'aucune valeur? Elles sont un phare pour le voyageur , une pierre de touche pour distinguer les doctrines vraies et les propheties.
Quand Jesus etait sur la terre , il avait souvent recours aux Ecritures , et il fit le commandement de les lire et de les scruter soigneusement. (Jean V, 39.) Ses Apotres firent de meme. Paul nousapprend : « que toutes les choses qui ont ete ecrites autrefois, ont ete ecrites pour notre instruction; afin que, par la patience et par la consolation que les Ecritures nous donnent , nous retenions notre esperance. » (Rom. XV, 4.) Ce sont enfin les Ecritures-Saintes qui devoilent les immenses evenements de ces derniers jours avec tant de clarte et de precision , qu'il est impossible de s'y tromper. Mais avant d'aborder ce sujet , nous demontrerons succinctement que nous devons comprendreou entendre 16s Ecritures d'une maniere litterale , a 1'exception des figures et paraboles, et la oil elles se trouvent elles sont toujours clairement deftnies; et que, quand une revelation etait donnee pour la direction d'un peuple ,' cette revelation etait toujours precise, explicite et facile a comprendre.