LES MÉFAITS DE LA BLENNORRAGIE DE LA SYPHILIS=ET-DE LA: TUBERCULOSE
a) La Blennorragie
C’est la maladie vénérienne la plus répandue et elle esk d'autant plus redoutable, que n’étant pas mortelle, elle est négligée. Le docteur Siredey disait : « Je suis personnellement convaincu que les méfaits de la blennorragie sont au moins aussi graves que ceux de la syphilis. Celle-ci est plus effrayante parce qu'il est facile d’en fournir des exemples frappants, mais, les méfaits de la blennorragie sont constants et le nombre de femmes qui en sont atteintes dépasse ce qu’on peut imaginer. » Leclerc-Dandoy déclare qu'à New-York, sur 1.000 individus contractant le mariage, 800 ont eu la blennorragie et 90 % de ces imdividus n'étaient pas guéris au moment du mariage et, fatalement, contaminent leurs femmes.
La blennorragie est extrêmement contagieuse et les porteurs de gonocoques qui se marient sont légion. Ils sont la cause — souvent il est vrai sans le savoir — de métrites douloureuses, de salpingites, d’ovarites, de pelvi-péritonites, maladies condamnant leurs épouses à rester de longs mois au lit, dont elles ne se relèvent souvent que pour aller à la salle d’opérations, d’où elles sortent à tout jamais privées du droit à la maternité, qu’elles avaient acquis par le mariage.
Une statistique de Dujardin citée dans un rapport
de Leclerc-Dandoy donne, sur 1.300 cas de blennorragie chez l’homme :
14 épididymites simples ; 44 épididymites doubles.
Sur 28 individus atteints d’épididymites doubles, nous trou- VODS :
21 azoospermiques ; 4 necrospermies.
Pour les femmes, la « Royal commission on veneral diseases » estime que 50 % des femmes ayant contracté la blennorragie sont frappées de stérilité et la même commission admet que 75 °, des castrations féminines ont pour cause imtiale le gonocoque.
La guerre n’a pas vu diminuer la blennorragie, et des compagnies entières qui descendaient au repos étaient contaminées. On a essayé de lutter « pr ophylactiquement » contre la blennorragie ; l’armée américaine avait beau faire distribuer des liquides antiseptiques, multiplier les conférences d’hygiène, répandre des tracts à profusion où se trouvaient d'excellents conseils pour éviter la blennorragie. Les résultats ont été lamentables. Des crédits ont été votés il y a deux ans pour répandre dans lParmée française des «nécessaires prophylactiques », là encore les résultats ont été Jamentables. Devant un tel échec, on a supprimé les crédits. Pourquoi, me direz-vous, toutes ces méthodes ont-elles échoué ?
Pour la raison bien simple, c’est que les liquides antiseptiques détruisent quelques microbes, mais ils irritent la muqueuse urétrale et diminuent sa résistance et préparent un excellent terrain aux gonocoques. Les globules blancs voient également leur
mile
force diminuer, et l’agresseur, en la personne du gonocoque, a beau jeu pour mener la bataille victorieuse.