‹ De la Nécessité du Certificat Médical PrénuptialChapitre 21 sur 26 · RIRE · texte numérisé non relu

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création de consultations prénuptiales. De telles consultations fonctionnent déjà à Dresde, à Berlin, à Hambourg, à Magdebourg, etc., avec le concours des « Caisses locales d’assurances contre les maladies ». La Société médicale de Berlin s’est prononcée le 24 mars 1926 en faveur de l'examen médical prénuptial obligatoire pour les deux sexes, avec libre choix du médecm, mais elle estime que le secret professionnel doit être rigoureusement maintenu et que les fiancés doivent rester maîtres absolus de leur décision.

En Autriche, une consultation prénuptiale fonctionne à Vienne depuis 1922 ; et des consultations analogues sont sur le point d’ouvrir en Belgique, à Anvers, à Bruxelles, en Italie, à Milan.

Nos voisins belges, dont on connaît la lutte efficace contre les maladies vénériennes, s’occupent activement. de résoudre le problème. La Croix-Rouge de Belgique et la Société belge d’Eugénique, sous l’impulsion du docteur Gowaerts, s’en sont emparés et, après de longues études, ont conclu que, dans l’état actuel de nos mœurs, 1l ne pouvait être question, sans empiéter lourdément sur les droits individuels, d’imposer cet examen, d’en faire une obligation. Toutefois elles demandent qu'il soit facultatif et que lPattention du public soit attirée sur sa nécessité.

Une première réalisation va être faite. Tous les bourgmestres de l’agglomération bruxelloise, réunis, ont décidé, à la demande de la Croix-Rouge et de la Société belge d’ Eugénique, que les chefs de bureau de l’état civil remettraient à ce sujet une notice à tous les futurs époux qui viennent solliciter leur inscription en vue de leur mariage. Voici le texte de cet avis :

« Si vous n'êtes pas bien portants tous les deux, votre union ne sera ni prospère, ni heureuse, car la maladie du mari entraîne la misère et celle de la

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femme le désordre du foyer. De plus, certaines affections se transmettent d’un époux à Pautre et de ceux-ci aux enfants.

«Il faut donc, avant de vous marier, demander à un médecin, qui à votre confiance, de vous examiner complètement et de vous donner son avis que vous vous communiquerez lPun à lPautre. Votre responsabilité serait grave, si vous négligiez cette précaution et vous pourriez en être cruellement punis en vous-mêmes et dans vos futurs enfants.

«Les médecins sont tenus au secret par la loi ; ils ne peuvent, sans votre autorisation formelle, répéter à qui que ce soit ce que vous leur aurez dit ou ce qu'ils auront constaté au cours de leur examen.

« Si le médecin vous conseille de remettre votre mariage en raison de vctre état de santé, écoutez la voie de la sagesse et de votre conscience. Sans doute, votre désappointement sera grand, mais il serait bien plus grand encore si lPunion, dont vous attendiez le bonheur, devenait par votre propre imprudence une source de chagrins et de maux pour vous et vos enfants,

« Dans la majorité des cas, d’ailleurs, le médecin pourra vous donner un avis favorable, et c’est avec d'autant plus de plaisir et de confiance que vous réaliserez le projet qui vous est cher. »

En 19253, au Congrès international des Croix-Rouges, la reine de Belgique assista à la réunion inaugurale de cette grande session d'Hygiène et d’Eugénique. On y étudia les moyens de lutter contre les maladies vénériennes, on y posa le principe du certificat médical prénuptial. La seule présence de la reine marque un événement dans l’histoire ; elle montre que dans les nulieux éclairés, on revient du préjugé ridicule des maladies honteuses. On comprend enfin qu'il n’y a pas de maladies honteuses, mais seulement des mal-

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heureux, qu'avec notre arsenal thérapeutique moderne nous guérissons toujours.

En Angleterre, la lutte est aussi imtense. Des revues, des congrès d’Eugénique clament à tous les échos les malheurs familiaux et sociaux qu’entraînent la syphilis et toute la cohorte des maladies contagieuses.

La seconde conférence panaméricaine de la Croix- Rouge, qui s’est tenue à Washington du 25 mai au 5 Juin 1926, a obtenu le plus grand succès. Les dixhuit Croix-Rouges du continent américain y étaient représentées, ainsi que les Croix-Rouges albanaise, allemande, australienne, britannique, bulgare, chinoise, espagnole, française, grecque, italienne, Japonaise, néerlandaise, polonaise, portugaise, serbe et suédoise. Des résolutions importantes ont été adoptées ; au point de vue eugénique, signalons le vœu suivant : « La Conférence recommande aux Sociétés de la Croix- Rouge de faire comprendre aux populations la nécessité de examen médical prématrimonial et éventuellement de leur faciliter cet examen. »

La Société polonaise d’Eugénique (Z Tovwarzystwa Eugenicznego), présidée par le docteur Wernie, a institué une série de commissions : COMMISSION prophylactique et thérapeutique, commission eugénétique, commission Jur idique et sociale, ete., etc. Elle a organisé un dispensaire eugénique à Varsovie (Zorawie], n° 28).

Le vieux monde se réveille ; il essaie de sortir de la vase dans laquelle il menaçait de disparaître à jamais et où disparut jadis la Rome superbe. La France se devait d’entrer en ligne et à la première place : elle n’y à pas manqué.

Le professeur Letulle, le docteur Guespat, estiment indispensable un examen prénuptial pour dépister la blennorragie, la syphilis et la taberculose. La « Société française d’Eugénique », à la fondation de laquelle pré-

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sida Edmond Perrier, membre de l’Institut, professeur au Muséum, qui fut par la suite remplacé par le professeur Pinard, a aiguisé les premières armes et mena le premier le combat pour ladoption du certificat médical. La « Ligue nationale française contre le Péril vénérien » a jeté depuis longtemps le cri de guerre et a entraîné de nombreuses personnalités dans son sillon. Le docteur Sicard de Plauzolles, a, dans son cours libre à la Sorbonne, indiqué la nécessité du certificat médical.

Enfin, le professeur Pinard est venu. Il a concrétisé tous les efforts, toutes les idées dans un article de loi qu'il doit déposer incessamment à la Chambre des députés ; le voici

«Article premier. — Tout citoyen français désirant contracter mariage ou remariage ne pourra être inscrit sur les registres de l’état civil que s’il est muni d’un certificat médical daté de la veille, établissant qu’il n'est atteint d’aucune maladie contagieuse. »

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