LATE
Lambert de Reims, en 1906, et surtout Pousson, en 19059; publient un certain nombre d'observations:
Brewer de New-York, communique des résultats de ses recherches expérimentales, cliniques et thérapeutiques (en 1910, 1913), il insiste surtout sur la fréquence d’une latéralité de ces lésions qui on le conçoit, donne un essor particulier à leur thérapeutique chirugicale.
in France, notre Maître, M. le Professeur Chevassu, fait entre autres, au Congrès Français d’Urologie, en 1923, une communication pleine d'intérêt et le premier attire l’aitention des urologues français sur cette importante question et démontre la fréquente unilatéralité des lésions en les faisant entrer dans la pratique chirurgicale.
Dans ces dernières années, en France, de nombreux travaux ont été consacrés à l’étude des suppurations rénales (1).
Le rapport de M. le Professeur Agrégé Fev, à la Société Française d’Urologie en 1929, a suscité de vives discussions sur la conduite thérapeutique à tenir.
Ün important travail de Ch. Motz en 1931, a précisé d’une façon parfaite, en apportant 148 observations à ce sujet, les idées actuelles sur la’ symptomatologie, étiologie, pathogénie, anatomie pathologique et thérapeutique des pyonéphrites.
Tout dernièrement, à la Séance du 3 avril 1933, à la Société Française d’'Urologie, à l’occasion d’une communication du DT Berne-Lagarde sur ce même sujet, M. le Professeur agrégé l'ey a précisé de nouveau en apportant de nouvelles observations, la conduite opératoire moderne en présence d'une pyonéphrite. Cette communication a été suivie d’une discussion très intéressante par M. le Professeur Chevassu, MM. les Docteurs Pasteau, Michon, Lepoutre.
De tous ces travaux, il résulte que les pyonéphrités sont très voisines des pyonéphroses, et très souvent cette parenté,
(1) Thèse de CLerez (1919). — Thèse de GrasserT (1921). — Thèse de GoparD 1924). — Thèse de Prrrr (1929). — Thèse de LAVAKXALAIRE (1930).
sans entrer dans les considérations anatomiques et patho géniques, se traduit en dernier lieu par une infection totale de la substance rénale, du bassinet, et du tissu péri-rénal. Ces pyonéphroses sont, en quelque sorte, souvent compli| quées de pyonéphrites et de périnéphrites, et d'autre part, les pyonéphrites se compliquent souvent d’une rétention et destruction septique du bassinet et l’infection de l'atmosphère péri-rénale en déterminant un phlegmon périnéphrétique.
De toutes ces considérations, que nous avons jugées utiles, nous conceluons :
Qu’une pyonéphrose qui se constitue dans un rein antérleurement sain, est très souvent, le résultat d’une pyélonéphrite et d’une pyonéphrite (1), et que, sile diagnostic anatomique des lésions est très souvent diflicile, et même impossible, avant l'intervention, le traitement chirugical reste seul Juge de la situation. C’est seulement à l'intervention qu'on déterminera le bilan exact des lésions, et que lon prendra la décision sur le choix de la conduite opératoire.
Mais en particulier, nous voulons signaler, au cours de la grossesse, vers le 4€ ou 5€ mois, sous l'influence de troubles intestinaux, de la constipation (syndrome entéro-rénal de Heitz-Boyer), ou après l'accouchement, du fait de l'infection puerpérale, les microbes passant par le rein, trouvent un terrain particulièrement favorable à leur développement, du fait de la suractivité fonctionnelle et de la rétention rénale dûe à la compression de l’uretère par l’utérus gravide.
Nous voudrions profiter ici, pour bien souligner que lorsqu'il s’agit de pyolénéphrite de la grossesse et de pyélonéphrite en général, même avec des phénomènes généraux graves, qui semblent menacer l'existence, la substance rénale garde encore une certaine valeur sécrétoire, linfection n’est pas totale, et l’intervention sanglante, la néphrostomie perd beaucoup de terrain, devant un moyen plus simple
(4) Abcès cortical du rein.
cathétérisme et la sonde urétérale à demeure. Et si, il arrive, malheureusement assez souvent que la sonde à demeure ne donne pas de résultats satisfaisants, c’est parce que les malades arrivent à l’urologue trop tard, après avoir été traités par des antiseptiques urinaires et d'innombrables vaccins ; ces malades seraient rapidement améliorés et l’infection supprimée par lavages du bassinet et surtout l’emploi systématique de la sonde à demeure qui restent les méthodes thérapeutiques de choix en présence d’une pyélonéphrite, et c’est seulement quand le drainage par les voies naturelles échoue, que l'intervention sanglante peut, à elle seule, guérir le malade.
Guyon disait cette vérité : « Sans doute, vous échouerez souvent, l’écueil des lésions rénales est et restera redoutable, mais débridez l’uretère, protégez-le pendant plusieurs jours, par une sonde à demeure, videz la vessie, et purifiez-la, ouvrez le rein, laissez la plaie rénale largement ouverte et vous commencerez une élimination qui va continuer, vous verrez avec étonnement se rétablir l’équiibre qui conduit à la reprise de la santé. »
Mais nous parlons ici des reins très altérés, où l'infection est totale, des reins énormes, transformés en une poche septique, contenant du pus épais, dont la valeur fonctionnelle est irrémédiablement compromise. Dans ces cas, la néphrostomie est une opération de pis-aller et c’est la néphrectomie
faite d'emblée ou après la fistulisation du rein qui peut amener la guérison du malade.
Votes SUIVIES PAR L'INFECTION
Les études expérimentales sur les modes de production des pyonéphroses ont donné lieu à de nombreuses discussions. Les uns prétendaient que la propagation de l'infection se faisait par voie cireulatoire (voie descendante), les autres, par intermédiaire des voies urinaires inférieures (voie ascendante).