HEAR AE
90 Voie ascendante. — L'infection rénale par voie hématogène et lymphatique a pris, dans ces dernières années,
une importance très grande, mais néanmoins, la voie ascendante existe cependant dans des conditions bien spéciales.
Albarran (thèse d’Albarran, page 51) fit encore des expériences en réalisant une ligature de l’uretère d’un lapin, et en injectant des cultures de colibacilles, de streptocoques, de staphylocoques. Les microbes, d’après lui, pénètrent, dans ce cas, dans le rein par les tubes collecteurs et les tubes contournés, d’où ils se répandent dans le tissu conjonctif.
Malgré tout, il faut accorder une large part à la propagation d’un certain nombre de germes par voie sanguine, et lymphatique, car chez un lapin auquel on a injecté une eulture de bactérie pyogène dans le bassinet après ligature de l’uretère au préalable, on a constaté aussi que lPautre rein était farei littéralement d’abeès miliaires, siégeant prineipalement dans la région corticale.
En Allemagne, Hess, en 1912, a fait des expériences analogues à celles d’Albarran eu provoquant des rétrécissements de l’uretère. Le résultat était le même. Brewer, en 1911, a montré que les facteurs en cause sont par ordre décroissant de fréquence :
a) Une rétention vésicale, par rétrécissement, adénome, tumeur vésicale.
b) Une cystite intense avec ténesme, et violent effort expulsif.
c) Des inflammations graves, des ulcérations des calices, ou néoformations, qui gênent le fonctionnement normal de Puretère.
d) La paralysie urétérale ou vésicale, d’origine centrale,
e) Une parésie temporaire du sphincter urétéral au cours du passage d’un volumineux caleul.
Il a conclu que dans la majorité des cas, l'infection par voie ascendante est due au reflux vésico-urétéral et que d’après cet auteur, elle s’est propagée, soit directement au
segment supérieur de l'arbre urinaire, soit par continuité de l’infection de la muqueuse vésicale, uretérale et pyélique, soit enfin, par les Iymphatiques urétéraux, et para urétéraux.
Swiet et Stewart accordent une grande importance à l’infection par voie lymphatique et démontrent les connexions directes de la vessie au rein, grâce aux lymphatiques de l’uretère, et d'autre part, les lymphatiques de l'intestin + l’espace péri-rénal communiquent avec ceux du rein.
Irvin S. Koll, a injecté des germes de la gaine urétérale dans l’uretère Juste au-dessous du bassinet, avec ou sans lhgature urétérale, et a recherché sur les animaux sacrifiés les lésions rénales. [Il n’a jamais constaté de véritables abcès, mais des lésions de néphrite glomérulaire avec infiltration embryonnaire. Pour cet auteur, la voie sanguine serait la seule responsable des lésions car, à l’examen histologique, on trouve seulement des altérations de la substance glomérulaire.
Quoi qu’il en soit, il semble établi à l'heure actuelle que l'infection ascendante, rare d’ailleurs, est possible, mais, la propagation, même dans ce cas, ne se fait jamais par la voie canaliculaire seule, mais surtout par voirs sanguine et lymphatique.