ANATOMIE PATHOLOGIQUE
Une pyonéphrose, le terme employé pour la première fois par les chirurgiens anglais, est caractérisée par une poche pyélo-rénale, remplie de pus et produite par distention et destruction du parenchyme rénal. Cette poche peut présenter tous les degrés intermédiaires entre une rétention légère du bassinet au cours d’une pyélonéphrite et une distension énorme atteignant parfois le volume d’une tête d’adulte.
Mais anatomiquement, Albarran disait qu’il y a « réellement une pyonéphrose que lorsque par dilatation du bassinet et des calices, la substance rénale se trouve refoulée et plus ou moins atrophiée ». 5
Un rein pyonéphrotique se présente en général, avee deux types anatomo-pathologiques principaux et qui nous intéressent particulièrement au point de vue chirurgical.
17 type : pyonéphrose par voie ascendante, bien décrite dans la thèse de Hallé, où la distension porte principalement sur le bassinet. C’est le type pyélique. Bassinet très augmenté de volume, forme une masse ovoïde, aplatie, lisse et régu- Lère, de couleur grisâtre, avec des taches ecchymotiques. Cette tumeur pyélique est surmontée «en cimier de casque » (Hallé) par un rein dilaté, plutôt atrophique, petit et scléreux. Bassinet et rein, sont séparés par un sillon au niveau du hile.
2e type : pyonéphrose par voie sanguine descendante (Gosset) qui est le plus souvent du type pyélo-rénal. Au début, la forme du rein est peu modifiée. Sa surface est inégale et son bord interne est élargi autour du bassinet. Plus tard, quand la disteñsion augmente, l’ensemble se présente sous
forme d’une tumeur irrégulière, bosselée. Ces bosselures sont rénitentes, ou fluctuantes. Les cavités sont constituées d’une part, par la dilatation des calices, ou de la substance rénale, et d’autre part, par des cavernes formées par nécrose du parenchyme rénal.
Le bassinet très volumineux se distingue du rein par sa forme plus régulière, la trace du sillon est plus souvent disparue, sauf au niveau des pôles du rein.
Le contenu est, par définition, du pus véritable, mais d’un cas à l’autre même dans la différente loge d’un même rein, son aspect est très variable (Guyon, Albarran). Expérimentalement, Gosset remarque que la dilatation peu volumineuse correspond à un contenu purulent très dense et concret, les grosses poches contiennent, au contraire, un pus très liquide.
Toute pyonéphrose s’accompagne, le plus souvent, d’une réaction de l’atmosphère péri-rénale. Au début, c’est une péri-néphrite scléreuse, plus tard, la périnéphrite scléreuse évolue vers la suppuration, ou la réaction scléro-lipomateuse du tissu péri-rénal.
De là, les différentes variétés de périnéphrite que l’on peut observer, depuis la périnéphrite scléreuse qui entoure le rein d’une gangue épaisse, jusqu’au phlegmon périnéphrétique total, en passant par le phlegmon périnéphrétique localisé.
A l’heure actuelle, depuis les travaux de Bergeret, la plupart des auteurs, considèrent qu’il n’y a pas de périnéphrite suppurée sans abcès cortical du rein. Mais 1e1, nous touchons la question complexe des pyonéphrites en général, qui ne fait pas partie de notre travail, et nous croyons que ce qui a été dit plus haut, suflit pour aflirmer la parenté étroite qui lie les pyonéphroses et les pyonéphrites. Nous nous bornerons, en faisant une étude clinique des pyonéphroses, à insister sur les diflicultés qui surgissent en vue du diagnostic différentiel et de souligner l’impossibilité fréquente de trancher ce diagnostic avant l’intervention.
Z. Mass. 5