‹ De la Néphrectomie Primitive dans la Cure Chirurgicale des Grosses PyonéphrosesChapitre 47 sur 69 · OBSERVATION N° V · texte numérisé non relu

OBSERVATION N° V

(Résumée)

Rapportée par M. le Professeur Gaver (Journal d’urol., 1931, p.58). | (Martin de Grenoble). |

Enorme pyonéphrose calculeuse chez une femme enceinte. Néphreestomie d’emblée. Guérison. Continuation de la grossesse.

Mme X.., 35 ans, est adressée par un confrère pour pyurie et gros rein. | ; :

Cette ferme est, par ailleurs, enceinte de 4 mois, primipar, son =. mari est d’un certain âge, c’est dire qu’elle veut conserver sa grossesse.

Les accidents ont débuté 15 jours auparavant, du moins en apparence. La malade n’accuse antérieurement que quelques vagues douleurs lombaires. Elle ne sait pas dire que si ses urines étaient troubles. Pas de coliques néphrétiques, pas d’hématurie. L'état actuel est inquiétant. Température à grandes oscillations, délire par moment. Facies infecté. Amaigrissement notable remontant à quelques mois, mais fonte véritable pendant ces derniers jours.

Intolérance gastrique. Vomissements fréquents. Pouls rapide, quelques intermittences.

Localement : la malade souffre de son côté gauche, et en la découvrant, on voit une masse grosse comme la tête, et qui lui déforme

le ventre de ce côté.

A la palpation : masse bien délimitée, contact lombaire : le diag-

nostie de gros rein s'impose.

Les urines sont très purulentes : dans le bocal, un dépot épais s'élève au 1/3 de la masse totale du liquide. La quantité oscille entre 800 à 1200 cc. par jour.

La séparation d'urine montre que le rein droit n’est pas infecté, concentre bien, et réagit normalement à la polvurie.

Du côté gauche, on n’essaie même pas de passer la sonde ayant vu sourdre de l’uretère d’un façon à peu près continue un véritable macaront purulent.

A la suite de cet examen, on lui administre un lavement purgatif puis en instillations rectales et de petites injections sous-cutanées du sérum. Au bout de 3 jours, voyant que la diurèse se maintient, et les phénomènes toxiques ayant un peu eèdé, on se décide d’intervenir. On prévient la famille.

« J'avoue dit l’auteur, que moi-même, vu l’état peu brillant de la malade, j'étais à peu près décidé à déroger à mes principes ; J'exposai cependant la situation au mari et lui dit que je me laisserai guider par les évènements. Ils furent tels qu'ayant fait une incision exploratice Je me suis rendu compte que le rein était parfaitement chvable, Rapidement j’agrandis l’ineision en bas, en haut, je dus reséquer les côtes, et sans trop de peine, j'extériorisai un rein de 27 centimètres de long, gros et large en proportion, dont je luxai d’abord le pôle supérieur. Manœuvrant ensuite comme dans le procédé d’hystéréctomie dit américain, je pinçai du haut en bas toute bride vasculaire, et arrivai à avoir mon rein suspendu uniquement par l’uretère. Malheureusement à ce moment, il m’échappa et une déchirure quoique aveuglée rapidement par une pince en cœur laissa échapper une certaine quantité de pus dans la plaie. Section et ligature de l’uretère ; nettoyage et fermeture de la paroi aux fils métalliques, large drainage au point déclive.

Le tout n’a duré que 3 minutes.

Le rein examiné est une énorme pyonéphrose multiloculaire

mpossible à drainer par un seul orifice. Il contient un pus épais, et un calcul gros comme une noix.

Quoique la malade a été un peu schokée, son pouls este bien frappé à 110 ; on la met immédiatement à l’instillation rectale glucosée. Le soir la température est à 3707 ; elle ne dépassera pas 3802 le troisième jour. La diurèse s’effectue normalement’et augmente rapidement jusqu’a 1000 ce.

Les urines sont concentrées mais limpides, ‘après 2 ou 3 mictions. Par contre, pendant 4 à 5 jours la malade est agitée et délire

presque constammant, chante et crie sans arrêt, m’obligeant à lui prescrire quelques calmants.

Le 8° jour, tout s'arrange, mais s’ébauche une fausse-couche qui s’arrête à la suite d’un lavement laudanisé.

Par suite, la convalescence fut lente mais régulière.

La malade revue deux mois après sa sortie de la clinique a engraissé ; Sa grossesse continue, sa paroi n’est pas trop mauvaise, quoique baclée en 5 minutes avec des fils métalliques.

Actuellement, la malade va très bien ainsi que l'enfant, l’accouchement s’est fort bien passé.

La pièce en mains, on constate qu'il était matériéllement impossible de faire un drainage convenable de ce rein. Vu l’état de la malade, une néphrostomuie n’eut fait qu’aggraver la situation et rendre aléatoire la néphrectomie secondaire.

« Bref, dit l’auteur, aidé par des conditions particuhèrement favorables que j’ai rencontrées au cours de lopération et qui m'ont permis d’aller vite (paroi peu vasculaire, rein très facilement clivable, pédicule étalé non scléreux) et aussi un peu de la bonne nature qui s'était montrée particulièrement clémente, et médicatrice, dans un cas aussi dé-

sespéré, la néphrectomie d’emblée m’a permis d'obtenir une guérison définitive qu’en l'occurence, il n’était permis d’espérer par aucun autre moyen. »

Z. Mass. . 8

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