EN OA
médicale À (service du DT Bard), pour une hématurie qu’il présente depuis 5 mois. Antécédents héréditaires, sans intérêt. Marié, 2 enfants bien portants. Jamais malade jusqu’en décembre 1922 À cette époque, survient une légère eystite. Au bout de 8 jours tout rentre dans l’ordre,
Subitement, en mars 1932, le malade commence à uriner du sang (hématurie totale) et à souffrir du côté gauche.
À l’examen, du côté gauche, à la palpation, on sent un rein nettement augmenté de volume, rein droit n’est pas perceptible. L’uretère non rétréci, prostate normale.
Cystoscopie ; légère congestion du bas-fond vésical, uretères normaux. Du sang s'échappe de l’orifice gauche.
Radiographie : rein gauche augmenté de volume. Pas de lithiase.
Supposant un néoplasme du rein gauche, ou peut-être une tuberculose de cet organe, l’auteur proposa un cathétérisme urétéral et un examen fonctionnel suivis probablement d’une intervention chirurgicale.
Le malade se refuse et quitte l'hôpital malgré nos instances.
L'auteur le perd de vue pendant quelques mois, mais apprend qu'il a repris son travail, les hématuries ayant cessé. Elles se réproduisent bientôt pour ne plus disparaître. Le malade s’affaiblissant et s’anémiant de jour en jour, consulte un confrère, qui lui conseille lui aussi, une opération. Même refus que précédemment. Enfin, voyant son état empirer sans cesse, il se décide, le 22 août 1924, à entrer à l'hôpital. =
État actuel : à cette date, le malade présente u un teint d’une pâleur cireuse, 1l à perdu ses forces, il n’a plus aucun appétit. Amaigrissement (depuis 2 mois de 15 kilos). Il n’a éprouvé aucune douleur
dernièrement, et se plaint surtout d’une grande faiblesse. Tempéra-
ture : 3708. Les hématuries sont toujours aussi! abondantes. La palpation permet de constater que la tuméfaction rénale gauche a beaucoup augmenté de volume depuis le 17 examen, et qu’elle s’est développée surtout vers la paroi abdominale antérieure, la tumeur est devenue complètement fixe.
Le 23 août, cystoscopie : à droite rien de particulier, à travers le
méat gauche, s’écoule l'urine très sale, et troublant le milieu vési-
cal en quelques secondes.
-Cathétérisme urétéral. bi latéral. À droite, urines claires, à gauche,
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rétention de 150 ec. d’urines très troubles, qui outre le sang, contient du pus en abondance ainsi que des cellules néoplasiques.
La pyélographie permet de constater qu'il y a plusieurs poches irrégulières qui sont remplies de liquide opaque. L'image du bassinet est complètement déformée. Les calices sont disparus.
Ïl existe donc un néoplasme du rein gauche ou plus probablement du bassinet associé à une pyonéphrose.
La seule planche de salut du malade réside dans la néphrectomie gauche, opération déjà proposée, mais dans des conditions bien moins défavorables un an auparavant.
Le 2 septembre, constante : 0,074 -— concentration uréique 20 grammes %, -— Azotémie : 0,34 — P.S. P. 15 + 15 = 30 %.
Le 4 septembre, néphrectomie gauche par voie lombaire (Bæckel, aide Franck). Anesthésie générale à l’éther.
Tenté d’abord en raison de l’évolution de la tumeur d'’intervenir par voie antérieure, selon l’excellente technique décrite par L. Bazy, j'y renonce en raison d’irruption possible de pus dans la cavité péritonéale, que l’on ouvre parfois involontairement en cas d’extirpation d’un néoplasme adhérent.
Les dimensions du rein mis à nu répondent à celles que la palpation faisait prévoir (tête d’enfant) résection de la 12€ côte et dégagement du rein. Libération relativement facile de la tumeur, les adhérences n’étant pas très nombreuses, en raison de la localisation du néoplasme au bassinet. Au cours des manœuvres, l’une des poches crève et la loge rénale est inondée par son contenu purulent. Nettoyage de cette poche à l’éther. Ligature et section de l’uretère, puis du pédicule vasculaire. Tamponnement avec une mèche imbibée d'oxygène. Suture incomplète en deux plans. Durée de l’intervention: 45 minutes.
Les suites opératoires sont des plus satisfaisantes, malgré une bronchite contractée par le malade. Relèvement rapide et très notable de l’état général. Toni-carqiaque, strichnyne, alcool. |
Mais malheureusement, au bout d’un mois, la seène change Vaste désunion de la plaie. Suppuration abondante. Grande oscillation thermique : broncho-pneumonie. Septicémie, escharres multiple, si bien qu'après avoir cru au début l’opéré hors d'affaire, l’auteur prévoit une issue fatale prochaine et avertit la famille. Celle-ci désirant le ramener encore vivant chez lui, vient le chercher en
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automobile. Il succombe le même soir de son transfert à domicile, le 25 octobre 1924.
Causes de la mort : Septicémie, cachexie néoplasique. Examen de la pièce opératoire : masse irrégulièrement bosselée ; de forme oblongue, mesurant 25 centimètres sur 12 centimètres. La coupe montre une énorme poche cloisonnée, d'aspect typique, d’une hydropyonéphrose, sans aucun vestige de parenchyme rénal. Contenu : quelques-unes des cavités, contiennent un liquide jau-
nâtre, grumuleux ; d’autres, un liquide épais, purulent, d’autres
enfin, sont remplis d’une bouillie rouge brun. Les parois de la poche sont tapissées de masses papillomateuses végétantes.
À l’examen histologique, on voit que l’extension des éléments tumoraux est beaucoup plus grande qu’à l'examen macroscopique,
En dehors même des régions végétantes, le revêtement des poches
pyonéphrotiques, est constitué par des cellules néoplasiques.
. Cette observation, que nous avons jugé utile de citer, nous montre une pyonéphrose développée sur un néoplasme du bassinet et que la néphrectomie d'emblée faite à temps aurait pu donner des chances de guérison durable, mais, intervention tardive n’a pu sauver le malade qui sombrait en proie à une cachexie néoplasique et infectieuse, un mois après l’intervention.
VIIL — REIN POLYKYSTIQUE INJECTÉ
OBSERVATION No XLII
RicHEeRr
Communication à la Sté Chirurgicale de Lyon, le 9-1-30, p. 131.
Malade de 35 ans, que M. Richer traite depuis 2 ans pour une pyonéphrite chronique bilatérale. Il est appelé d'urgence auprès d’elle pour des douleurs aiguës du rein gauche avec une température de 3995. Au palper, il est surpris de trouver chez cette malade un énorme rein gauche. Le diagnostic de pyonéphrose s’impose ; 1l intervient d’urgence. 6
Intervention ; incision lombaire gauche, qui fait découvrir un
énorme rein polykystique dont les kystes superficiels sont suwppurés et dont quelques-uns d’ailleurs se rompent au cours de la Kbératron.
Résection de la 12° côte, pour pratiquer lablation d’un rem énorme du volume de la tête d’un enfant à terme. Suites opératoires : infection de la loge rénale par rupture de quelques kystes suppurés. La chute. de la température est rapide. La plaie est assez longue à se cicatriser, étant donné ses dimensions. Volumineux escharre sacré.
La malade est actuellément opérée depuis 1 an, son état général est excellent, mais il pérsiste de la pyurie tenace due à l’imfection antérieurement existante du rein drort.