OBSERVATION XX
(Compte rendu par M. Reliquet de trois observations de néphrotomie. Deuxième congrès de chirurgie, 1886).
Messieurs, je veux attirer votre attention sur un point spécial, un état particulier que j’ai observé chez trois malades auxquels j’ai fait la néphrotomie. Tous les trois ne pouvaient'prendre aucun aliment, à grand’peine j'en pouvais soutenir deux avec de l’eau albumineuse. Tous avaient de véritables vomissements incoercibles et de plus des envies fréquentes d’uriner, avec douleur en urinant et avec diminulion considérable de la quantité d'urine. Les douleurs dans le rein malade existaient, mais elles n'étaient pas également intenses chez tous les trois malades. L'un avait un cancer du rein gauche et accusait des douleurs extrêmement vives qui étaient semblables, disait-il, a de véritables coliques néphrétiques qu’il avait cues antérieurement. Les deux autres avaient des abcès du parenchyme rénal (l'auteur ne dit pas de quelle nature). L’un avait de vives douleurs ; chez l’autre elles étaient moindres. Chez tous les trois les urines étaient très peu abondantes. Le cancéreux, malgré le ténesme incessant de l’urètre et de la vessie, rendait moins de 100 grammes d’urines sanguinolentes par vingt-quatre heures. Les deux autres rendaient de 300 à 400 grammes d'urine dont une bonne partie était du pus. Chez ces trois malades, aussitôt la néphrotomie faite, les douleurs cessent absolument; les urines reparaissent et arrivent après vingt-quatre heures à la
quantité normale. Les malades se nourrissent indifféremment de tout. Le cancéreux me dit qu’il se croit guéri. À propos de ces trois observations le Dr Reliquet ajoute :
« Devant des faits aussi nets, je me suis demandé, si maintenant, en présence d’anurie calculeuse, lorsque l’anurie existe depuis plusieurs jours et qu'aucun moyen n’a pu faire reparaître les urines, nous ne serions pas autorisé à faire la néphrotomie. J'ai vu mourir plusieurs anuriques calculeux qui étaient dans les conditions de mes malades, dans le même état général. Certainement, il est permis de croire que la néphrotomie aurait pu les guérir. Je compte faire cette opération chez les anuriques caleuleux. »