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le malade prend 4 litres de lait par jour, mais ne supporte aucune nourriture. Il a rendu par la vessie, à trois ou quatre reprises, une vingtaine de grammes d’urine très purulente. On peut maintenant recueillir une partie de l’urine par les drains de la plaie lombaire. Elle contient 9 grammes d’urée par litre et une proportion faible de chlorure ; le pus s’y trouve encore en assez grande abondance ; la quantité totale s'élève environ à 2 litres 1/2.
1e au 5 décembre. — État à peu près stationnaire. L’inappétence est toujours complète pour tout autre aliment que le lait ; la température reste à 37 degrés. La miction vésicale est toujours à peu près absente, cependant des besoins renouvelés une à deux fois par jour amènent chaque fois l'expulsion de 40 à 50 grammes d’urines très purulentes.
6 décembre. — Pendant la nuit dernière est survenu un besoin d’uriner vif et subit; le malade rend avec 200 grammes environ d'urine un calcul sphéroïdal de 8 à 9 millimètres de diamètre, grisâtre, et taillé à facettes multiples. Toute la journée, les mictions normales se sont répétées ; la totalité de l’urine rendue par la vessie est de 1200 grammes.
10 décembre. — Le malade a continué à uriner normalement ; les drains de la plaie rénale fonctionnent d’ailleurs régulièrement, La quantité rendue par l’une et l’autre voie est sensiblement égale; les urines sont purulentes ; la quantité de pus est plus considérable dans celles qui sont retenues dans la vessie que dans les urines lombaires. L'état général est meilleur et l'alimentation est plus complète. Un des drains est retiré.
20 décembre. — Des lavages ont été pratiqués par le drain rénal. Depuis le 15 décembre, on constate que le liquide passe immédiatement et très rapidement dans la vessie. Une solution boriquée poussée lentement à l’aide d’une seringue provoque aussitôt le besoin d’uriner et est évacuée par la miction normale. On fait ainsi passer chaque jour 3 à 4 litres de liquide. Les urines lombaires s’améliorent rapidement et au bout de cinq jours ne contiennent plus trace de pus. De l'analyse comparative des urines rendues par les deux voies, il résulte que la minéralisation des urines lombaires est plus élevée que celle des urines vésicales; ces
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dernières ne contiennent que 8 grammes d’urée par litre, et celles du rein néphrotomisé 11 grammes environ.
25 décembre. — Le dernier drain dont on avait progressivement diminué le volume est retiré ; les urines lombaires sont presque complètement limpides.
28 décembre. — La plaie lombaire ne donne plus qu’une très petite quantité d'urine; le pansement à peine mouillé n’est plus renouvelé qu’une fois par jour, la quantité des urines rendues par la vessie a augmenté insensiblement ; quant, à la proportion de pus, elle est toujours la même ; l’état général est bon, l’alimentation plus complète.
9 janvier 1892. — Par la plaie lombaire réduite à un trajet fistuleux, le suintement continue, mais diminue progressivement.
14 janvier. — On constate que la fistule lombaire est complètement fermée ; les mictions se font normalement toutes les trois heures environ, les urines sont toujours très purulentes,
20 janvier. — La santé générale est bonne, les forces ont retrouvé leur intégrité ; les urines sont beaucoup moins purulentes, à certains jours même complètement limpides. Aucune douleur spontanée ni provoquée aux régions rénales.
21 janvier. — Accès de fièvre violent avec frisson prolongé et légère douleur dans l’hypocondre droit; pendant toute cette journée les urines furent absolument limpides.
23 janvier. — La température est redevenue normale; il y a eu expulsion d’une quantité abondante d’urine chargée de pus.
13 avril. — Aucun incident n’est survenu et l'état général est excellent ; les urines restent cependant purulentes, mais il n'existe aucune douleur lombaire ni spontanée ni provoquée par la pression ou par la marche. (Fin).
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