‹ De la Néphrotomie d'UrgenceChapitre 32 sur 33 · RE PAR · texte numérisé non relu

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L’expérimentation, ces dernières années, vient de jeter un jour tout nouveau sur la chirurgie des uretères. On a démontré, sur des animaux, la possibilité d'effectuer des greffes de ces conduits sur les organes qui leur sont contigus et de les suturer à la peau. De rares applications cliniques ont suivi ces expériences. En présence d’un cas d’anurie par obstruction forçant le chirurgien à intervenir immédiatement, ne pourrait-on pas au lieu de faire la néphrotomie, opérer sur l’uretère? Celui-ci, isolé et sectionné au -dessus de l'obstacle, serait soit réimplanté sur un point anormal de la vessie, soit abouché au vagin, à lurètre, au rectum, soit cousu à la peau de la région lombaire. Oui, mais remarquons d’abord que ces opérations ne peuvent être pratiquées que dans les cas d’obstruction siégeant sur le trajet même de l’uretère et assez loin du bassinet. De plus, malgré sa séduisante nouveauté, la chirurgie des uretères, toute récente, très difficile, n’a pas acquis le degré de perfection voulu pour entrer dans la pratique courante. Dans cet ordre de faits, l’expérimentation devance la clinique et aujourd’hui, beaucoup de ces opéra tions, possibles au laboratoire, doivent être proscrites des hôpitaux. ®

En première ligne, parmi ces dernières, citons la greffe uretéro-vésicale. Pratiquée pour la première fois avec succès sur deux chiens, par Paoli et Busachi, cette greffe n’a jamais été faite sur l’homme. La raison en est simple : Qu'on essaie à l'exemple de Gangolphe, de réaliser cette opération sur le cadavre : on en verra les insurmontables difficultés. On n’est donc pas en droit d’espérer sur le vivant une suture assez parfaite vour s’opposer au suintement de l’urine et à l’infiltration des tissus périvésicaux.

Re Ru C’est regrettable : & priori, cette greffe constituerait, si elle était possible, une opération idéale. Levée immédiate et sans danger d’hémorragie, des obstacles siégeant à la partie inférieure des uretères, rétablissement du cours normal de Purine, pas de fistule ultérieure, tels en seraient les résultats.

A la greffe uretéro-urétrale on peut également opposer sa difficulté, disons plus, son impossibilité. L’abouchement de l’uretère avec le rectum ne mérite pas davantage d'attirer l’attention. Il expose à une mort presque inévitable par pyélo-néphrite ascendante. Seule la suture de l’uretère à la peau pratiquée pour la première fois par Le Dentu, peut être mise en comparaison avec la néphrotomie et dans des cas très rares lui être substituée.

La création d’un méat lombaire artificiel n’est justifiée, nous avons déjà dit, que par un obstacle siégeant sur le trajet même de l’uretère. Or, est-il facile de diagnostiquer le siège de l’obstruction ? Si cette dernière est due à des calculs c’est impossible.

Dans ce cas, ni la palpation, ni la douleur ne donnent de renseignements précis, et il est nécessaire d’intervenir sur le rein. Si l’anurie est due à l’existence d’une tumeur abdominale, le diagnostic devient alors plus précis. Mais même dans ces circonstances, l’uretérostomie n’est pas toujours praticable. S'agit-il d’un fibrôme utérin peu volumineux ? Mais mieux vaudra l’extraire après la laparatomie, pour amener une guérison radicale.

Si le fibrôme au contraire est très gros et par suite inopérable, qui nous assure que l’uretère n’est pas comprimé sur tout son trajet ? Aussi pensons-nous que la greffe uretéro-cutanée doit être réservée à certains cas de cancers

Sn intra-abdominaux inopérables et amenant l’anurie par compression,

L’uretérostomie a, sur l’incision du rein, l'immense avantage de n’entraîner qu'une hémorragie peu considérable, et, entout cas, jamais mortelle. Par contre, elle crée une infirmité permanente et nécessite de l’opérateur une grande habileté. Si par hasard, un habile praticien rompu à la chirurgie des voies urinaires venait à diagnostiquer une anurie provenant d’un calcul uretéral,ilne devrait pas rejeter l’urétérostomie. Cette opération doit être faite quand les malades l’exigent. À eux seuls il appartient de juger s’il vaut mieux courir quelques chances de mort de plus en s’exposant à l’hémorragie possible de la néphrotomie et vivre ensuite sans infirmité qu’accepter la création d’une fistule dans le but d'augmenter les probabilités desurvie.

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