‹ De la Neurasthénie et de la Mélancolie: Considérées dans leurs rapports réciproquesChapitre 6 sur 33 · OBSERVATION II · texte numérisé non relu

OBSERVATION II

(Clinique psychiâtrique de l'Hôpital Saint-André)

« Jeune âge: un peu chétif, j'étais plus sérieux que mon âge. J'étais très réfléchi, mais je n’'observais rien autour de moi Fils de cultivateurs, je n'ai jamais su l'époque de la semence des grains ni de la récolte. J'étais d'une. affectivité excessive, doux, timide à l'excès, gauche. J'avais une mémoire ingrate pour l'histoire et les noms propres. Je retenais peu les formes des objets, leurs dimensions, et j'étais incapable de me reconnaitre dans une ville, même après avoir passé souvent dans un même quartier. Je retiens encore peu les visages.

À l'école primaire, je remarquai que j'étais peu prompt et qu'il me fallait un long temps pour comprendre des choses même simples.

Je lisais matériellement sans comprendre quand on me faisait lire fort,

eh >

parce que mon esprit n'avait pas le temps de suivre et qu'il ne pouvait pas se fixer wisément. Plus tard, au séminaire, il en fut de même. J'arrivais aux prix d'intelligence et de réflexion, on m'enlevait tous les prix de mémoire et d'imagination, j'étais brouillé avec les mathématiques. Pipi au lit jusqu'à 10 ans, la représentation entraînait l'acte.

À 15 ou 16 ans, j'avais peur des assassins, des voleurs, des chiens enragés des maladies, surtout après des conversations sur ces sujets. J'étais un peu drôle et mystique, À 16 ans, je reçus un coup de boule à quilles à la tête, Cet aecident n'eut pas de suites, mais environ un mois et demi après, vers la fin de juin, je ressentais des vertiges, j'avais peur de m'évanouir, le silence me fatiguait, et il me fallait sortir de l'étude et surtout de la chapelle.

Je ressentis à cette époque un malaise du côté du cœur, suivi d'un froid aux pieds, dont je ne me rendais comple que le soir en me couchant. J'avais fréquemment des douleurs dans les reins et dans le dos, avec une rareté extrême d'urine. Je trouvais qu'il se dégageait de mon côté gauche une odeur pénétrante et insupportable. Je m'étouffais en me baissant et la nuit en me couchant sur le côté droit.

J'élais très faible et j'élais agacé de tout. J'avais de violents baltements de cœur, même pendant une marche lente, et il me semble qu'il y avait une dilatation du fond des côtes du côté gauche.

Avec cela, gaz, constipation opiniâlre, maux de tête, etc. Je me refis peu à peu, mais je me pris jamais les forces d’un homme.

Un an et demi plus tard, je fus pris pendant l'hiver d'une toux

’et d’une faiblesse qui me tinrent au lit pendant 4 mois. Le *mé-

decin qui me vit, prétendait, plus tard, m'avoir soigné pour une maladie simulant l’angine de poitrine et provenant d'une grande faiblesse. Je pris beaucoup d'arséniate de soude.

A l'âge de 22 ans, wn soir, sous l'influence d'un contentement obsédant, j'ai cru perdre la tête. J'ai été très excité la nuit suivante. À 30 ans, pendant l'été, le cœur s'est calmé et la têle et le dos ont été le plus atteints. J'ai eu très caractérisée l'agaraphobie avec hoquets et insomnie, renvois, baillements. Un peu plus tard,

chaleur à la face après le repas avec crainte d’apoplexie.

nl

A 34 ans, j'ai été le soir, pris pendant l'été, en me couchant, de .faiblesse de tête, avec peur de perdre la têle. Les idées que j'avais me faisaient peur. J'avais peur du diable, Je suis resté ainsi deux ans à souffrir de la tête; impuissance, sensation de vide, irritabilité, impuissance d'attention et de mémoire, Cauchemars, peurs diverses... »

Arrivons maintenant aux symptômes actuels pour lesquels le malade demande un traitement efficace. IL a 37 ans.

« Je suis, écrit-il, le prêtre de 37 ans, neurasthénique, qui, äu mois de mars dernier, est venu vous consulter.

J'ai suivi à peu près votre traitement. Comme résultat, j'ai constaté une amélioration dans l’état général. Cependant, voici encore quelques phénomènes que j'ai éprouvés et qui m'ont particulièrement émotionné :

19 Je ressens, le matin un engourdissement général avec difficulté extrême de me décider à me lever, et sensations vibratoires dans le cerveau et dans la moelle.

20 J'apprébende de faire un office public. En arrivant au bas de l’autel pour dire une messe,*les extrémités me deviennent froides, je sens ma tête brouillée ævec manque d'équilibre, peur de tomber, d'être paralysé, même de mourir. Cct'e impression augmente pendant la messe au point que je n'ose plus faire un mouvement, et que, je me cramponne à l'autel. D'autres fois, j'oublie les mouvements à faire et je ne puis me souvenir des prières que pourtant je sais fort bien. Je redescends à la fin les marches en titubant et en tàitant le terrain. Le grand air suffit à me remettre à peu près complètement.

30 J'éprouve parfois comme une sensation de chaleur et de resserrement dans le cerveau. L’attention devient extrêmement difficile et le champ visuel se rétrécit en largeur.

4o À certains moments la vue des objets me fatigue et m'hypnotise à moitié, je reste stupéfié, ne sachant me décider à rien faire; d’autres fois cherchant un pbjet ou une idée, j'oublie ce que je suis venu chercher et je tourne sur place ou bien je reste court en parlant.

50 Un repas un peu long et en dehors de mes habitudes dans

lequel je bois un peu de vin pur ou un petit verre de liqueur me met dans un état de demi-ébriété, où je ne me sens plus tout à fait compos mei. Je crains alors la paralysie, »

Et l’année suivante:

« Ma neurasthénie m'éprouve beaucoup cette année. La nuit de Noël, une sensation de fatigue extrême et d'anéantissement m'a pris à la messe de minuit. Le chant, l'harmonie, les lumières, les ors, ont achevé de me briser.

Ma pauvre tête élait comme clouée sur place, je ñe pouvais plus tenir mes bras en l'air, ni lire, ni prononcer un seul mot, ni exécuter un mouvement.

J'avais les extrémités froides, et je me sentais défaillir, j'ai achevé tant bien que mal, avec une sensation indéfinissable de jchaleur, de vide général, de rétrécissement de l'esprit et d'impuissance d'attention. J'ai pris de suite un bol de lait, qui s’est aigri aussitôt et que j'ai rejeté avec quantité de glaires huileuses et filantes.

Je vais mieux maintenant, mais cependant ma digestion s'accompagne encore de glaires liquides ou coagulées qui me litillent la gorge et provoquent un râclement sui generis. Elle s'accompagne aussi dè douleurs brûlantes à l'épigastre, de douleurs mortes dans le dos et la nuque, de gaz qui s’échappent avec bruit et d'un très fort hoquet par le haut. J’éprouve des sensations vibratoires et des sensations de mouvement dans la tête.

Le moindre travail qui, pour un autre, serait distraction, me lasse et m'abat. J’ai eu vers la fin de mars, des douleurs dans le dos et les membres supérieurs semblables à des rhumatismes, je les éprouve encore dans l’avant-bras. |

J'entends perpétuellement comme un cri-cri vague de grillon dans la tête. J'ai les sens très excités d’une façon habituelle et je souffre beaucoup de la vie solitaire que j'ai pourtant très librement choisie. Il y a en effet chez moi, un mystique et un jouisseur, j'ai peine à accommoder ces deux « moi» qui se contredisent sans cesse et qui ont besoin d'être disciplinés tous les deux par la raison,

Les selles sont irrégulières. L'’urine a été tout cet hiver trouble et baveuse. Parfois il y avait de la cendre dans le fond, parfois elle déposait des plaques jaune et rouge et des cercles rouge pâle

sur les parois du vase. »

OBSERVATION III (Clinique psychiâtrique de l'Hôpital Saint-André)

Mélancolie anxieuse avec délire d’autoaccusation

Léon Y...

Antécédents héréditaires. — Le père est mort, il y a une dizaine

, 34 ans, employé de commerce.

d'années environ, à l’âge de 46 ou 47 ans. C'était un homme bien portant, de constitution robuste, mais fort impressionnable et sujet à des écarts d'imagination qui le rendaient assez souvent malheureux, Il s’exaltait facilement en faveur d’une idée ou d'une opinion et se forgeait des craintes exagérées au sujet de son entourage, de sa famille, de ses affaires. Il était employé de commerce et ne fut pas obligé de quitter ses affaires par suite de troubles psychopathiques. A l’âge de 46 ans, il fut paralysé du côté droit; bientôt aprèsil présenta quelques troubles mentaux sur la nature desquels il est difficile d'obtenir des renseignements précis; il s'agissait probablement d’une psychose dépressive, à la production de laquelle, d’après les renseignements recueillis auraient contribué des chagrins de famille et des Soucis de santé. Il mourut quelques mois après dans une maison de santé.

La mère est morte d'une affection abdominale, après avoir subi une laparotomie, Au point de vue mental, elle était très ferme, énergique, volontaire quelquefois. Elle ne se laissait pas aller à des écarts d'imagination comme son mari. Pas de troubles nerveux.

Les grands parents sont tous morts à des âges avancés, de maladies de vieillesse; n'auraient pas présenté des troubles nerveux ou mentaux.

Du côté des collatéraux, à signaler, un oncle paternel qui ressemblait au malade au point de vue mental. Impressionnable, se laissant facilement abattre par les événements, il avait la crainte maladive. des agents des tribunaux, se méfiait des gens. Cet état s’exagérait par moments sous forme de crises paroxystiques; n'a pas été interné. |

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Le malade a une sœur âgée de 37 ans; elle vit à Bordeaux et jouit d’une excellente santé.

Antécédents personnels. — Le malade est venu au monde à terme, après une grossesse et un accouchement normaux. Pas de maladies de la première enfance. À l'âge de 6 ou 7 ans, il fut paralysé de tout le côté droit; cette paralysie aurait duré 3 ou 4 mois et guéri sans laisser de traces. A 20 ans, il contracte la syphilis, avant son service militaire. Chancre du prépuce, solitaire, induré, s'accompagnant d'une pleiade ganglionnaire (ganglions petits, durs), Se fit soigner d'abord par un pharmacien, qui lui donna des pilules, puis aux consultations de l'Hôpital Saint-Jean, où on lui donna du sirop de Gibert. Il se soigna d'une manière très intermittente; il a eu une fois une éruption de plaques rouge vif, sur le trone et les hanches; éruption qui disparaît après un bain sulfureux ? Cette éruption lui donna à réfléchir et il fut poursuivi quelque temps par la peur des accidents syphilitiques; cependant, l'absence de manifestations morbides le tranquillisait par moments et il ne fit que quelques cures irrégulières de mercure et d'iodure.

Il a éprouvé des maux de tête assez violents, surtout nocturnes; il prit plusieurs remèdes pour cela, mais sans grand résultat.

N'a jamais fait d’excès alcooliques; s’est toujours relusé à prendre des apéritifs dans la crainte que cela lui fasse du mal; il se permettait seulement, chez lui, sur les instances de sa femme, un petit verre de liqueur digestive, dont un de ses amis lui avait vanté les bons effets.

Au point de vue mental, le malade a présenté des idées qui paraissaient indiquer un esprit sujet à quelques préoccupations presque morbides; il avait la peur innée de la mort, des enterrements, de Ja tombe. Il avait une crainte exagérée de la mauvaise considération, des ennuis qu’on voulait lui susciter, bien qu'il ne se connut pas d’ennemis. Il n'aimait pas voir ses chefs ou ses collègues être au courant de ses papiers, de ses affaires, de peur qu’on parut le suspecter trouver bizarre l'orientation qu'il donnait à telle ou telle entreprise. Il était très actif, très laborieux, ne se plaignant jamais d'avoir trop de travail, au point que sa femme avait peur qu'il se

surmenât.

er qe

Au point de vue affectif, il était doux, aimant, excellent mari et père de famille.

Histoire du malade. — Y.., est né à Bordeaux, en 1873; élevé d'abord dans sa famille, puis au petit séminaire de Bordeaux, $es parents ayant l'intention de lui faire embrasser une profession religieuse. Il resta au séminaire jusqu'à 14 ans, il était bon élève, apprenait facilement, mais il refusa toujours à être prêtre, et fit à ce sujet plusieurs scènes à l’aumônier. Dès qu’il fut en âge de gagner sa vie, il quitta le séminaire et entra immédiatement dans une maison d'exploitation de Bordeaux; il y fut remarqué par sés chefs, pour son intelligence et son zèle. Après son service militaire, il se fit peu à peu une belle situation dans la même maison, et arriva à se faire intéresser aux bénéfices. Il se maria à 26 ans, et sa descendance comprend 2 enfants: une fille de 7 ans, en excellente santé, un garçon âgé de 4 ans, également bien portant; ils n’ont pas présenté de traces de spécificité.

Histoire de la maladie. — Il est difficile de savoir au juste quand l'affection a débuté, sa femme ayant de tout temps remarqué chez lui des idées étranges auxqdelles elle était habituée.

Il y a une vingtaine de jours environ (au commencement du mois d'avril), il paraissait plus sombre que de coutume, repoussait ses enfants et monologuait.répétant incessamment: «Je suis perdu! Que faire, mon Dieul » Sa femme lui demandant des explications, il répondit qu'il avait commis de grosses fautes et qu'il allait être découvert. On l'épiait, on le poursuivait dans les rues, Les garçons, ses collègues de bureau savaient l'histoire, la police était peut-être prévenue. Pendant plusieurs jours il resta dans cet état, parlant bas, fermant les portes avec précipitation recherchant s’il n'y avait pas sous les meubles des appareils électriques, des phonographes pour enregisirer ses paroles. Il continuait néanmoins à aller tous les jours à son bureau; dans une conversation avec son patron, il fit allusion aux fautes qu'il croyait avoir commises, et celui-ci, d'abord étonné, puis s'étant rendu compte que ces fautes n'existaient que dans l'esprit du malade, fit part de ses craintes à la femme du malade. Le lendemain Y..., voulut revenir à son bureau, il fit le courrier,

comme d'habitude, puis alla au coffre-fort; croyant voir que Ia ser-

rure était changée, il se figura que tout était découvert, qu'il n'avait plus qu'à avouer. Il alla trouver son patron, et lui dit: « Vous savez tout, je suis un misérable ». Celui-ci l'ayant engagé à parler, il s’accusa d'avoir volé, fait des faux, communiqué la syphilis à sa petite fille le jour de la vaccination, ainsi qu'à l'associé de son patron qui s'était servi du même crayon que lui. Le patron l'ayant engagé doucement à rentrer chez lui, il rentra dans son bureau et quelques instants après, il se jetait par la fenêtre; dans sa chute il se fractura la jambe à la partie moyenne.

Transporté à l'Hôpital Saint-André, il est placé dans le service de M. le professeur Lanelongue, où il continue à s’accuser, se désespérer : « Je suis un être ignoble, C'est affreux... » Il fait une nouvelle tentative de Guicide en essayant d'avaler un mouchoir qu'il avait sur lui et qui contenait des pièces de monnaie; on le lui a retiré à grand'peine au moment où il était déjà à demi asphyxié. M. le prof. Régis lest alors appelé à voir le malade; il le trouve étendu sur son lil, plongé dans ses idées tristes, poussant des exclamations sans suite. Il est difficile d'attirer son attention; cependant on réussit À lui faire parler des crimes dont il s’accuse, des visions terrifiantes qu'il a eues. Il est alors transporté à l'isolement, Là encore, il essaie de se couper la langue avec les dents et réussit à amputer le quart antérieur du côté gauche.

Examen du malade. — L’aspect général est celui d’un homme jeune, de wonstitution moyenne. Il est immobile, dans le décubitus dorsal, les yeux fixés au plafond. La physionomie est empreinte de tristesse, les sourcils sont froncés; parlois elle devient inquiète, commis si de malade assistait à des scènes pénibles.

Troubles psychiques. — Idéation, — Le troub'e le plus net consiste en la concentration pénible de l'esprit sur un fond d'idées tris-

tes, dont il ne sort pas; si on le presse de questions, si on insiste,

) il répond: « je ne sais pas, dans ma tête c'est le chaos. » — Il délire: ses idées délirantes sont constituées surtout par des idées de culpabilité, de cériminalité imaginaires. Il s’accuse d’avoir volé, d'avoir fait des faux. Il est couvert de honte, c’est un « être ignoble », suivant son expression; il a déshonoré sa famille, assassiné un grand

nombre de personnes, mérité le bagne. — Il a Communiqué la sy-

philis à sa fille, à l'associé de son patron, qui s'est servi. du même crayon que lui, et il éprouve le besoin de l'avouer devant lémoins, de crier bien haut sa culpabilité.

Voici ce que la femme du malade nous a raconté, et qui permet de comprendre la genèse de ses idées délirantes, Il y a quelque temps. ayant voulu emprunter à son patron une certaine somme d'argent, pour faire des réparations à sa maison, l'architecte qui dirigeait les travaux, lui demanda une somme supérieure; il fut oblicé d'emprunter encore l'excédent demandé par l'architecte; c'est de là que dérivent ses idées de culpabilité. Le délire qui se rapporte à la syphilis a aussi le point de départ dans ce fait, qu'il se fit vacciner avec toute sa famille, il y a quelques jours...

La mémoire ne paraît pas atteinte; le malade se rappelle sa vie, ses maladies, les dates, les noms, L’attention est troublée; le malade est plongé dans un monoidéisme douloureux qui l'empêche de suivre la conversation. Il est souvent nécessaire d'insister pour arriver à le tirer de son délire et de ses hallucinations, En effet, comme troubles de la perception, il a des hallucinations en rapport avec l'orientation de son délire: 1° hallucinations visuelles, terrifiantes: il voit des cercueils, des tombeaux, des bourreaux; des guillotines, des flammes; il voit aussi des mots écrits devant ses yeux: Châtiment, Misérable. Souvent, il voit écrit en lettres de feu le mot: Adjudication.

20 des hallucinations auditives variées: des voix lui reprochent sa conduite ses crimes, lui promettent des châtiments terribles.

Ces hallucinations le torturent presque constamment.

Pas d’hallucinations gustatives, ni olfactives. Pas d'illusions internes,

Affectivité. — La tristesse et souvent la terreur, constituent le fond de son émotivité morbide, entretenues par son délire et ses hallucinations.

Il paraît y avoir chez lui une diminution de l'affection pour sa femme ou ses enfants, ou plutôt désorientation de son affectivité provoquée par la nature de son délire d'indignité; il dit, en parlant de sa femme: « Pauvre femme, il serait préférable qu'elle fut morte, ainsi que son enfant. »y Pas de troubles de la conscience ou de

la personnalité.

Activité. — Les troubles de l'activité résultent de la nature du dé-

TD

lire: il faut signaler les 3 tentatives de suicide auxquelles il s'est livré. Actuellement ses tendances au suicide paraissent s'être atténuées, mais lorsqu'on lui demande s’il ne recommencera pas, il ne promet pas d'une facon très convaineue.

Il refuse les aliments qu'on lui donne, avec une certaine énergie. ‘Cependant depuis 2 ou 3 jours, on est venu à bout de ses résistances et on peut l'alimenter sans qu'il soit nécessaire de recourir à la sonde.

Troubles physiques. — Examen du système nerveux, — Les sen-

sibilités générale et spéciale sont conservées sous tous leurs modes. L'examen en est actuellement plus facile qu'aux premiers jours, pendant lesquels l'esprit du malade, concentré sur ses idées tristes, réalisait une sorte d'anesthésie psychique. IL sent aujourd'hui parfaitement la douleur que lui cause un léger déplacement des fragments de sa jambe fracturée. :

La mobilité est intacte; fine trémulation des extrémités, surtout pendant les périodes d'’exaltation,

Les reflexes cutanés, tendineux, sont conservés, mais un peu lents.

La réfleetivité oculopupillaire est normale; on remarque à ce sujet, mine légère inégalité des pupilles.

Pas de douleurs spontanées ou de sensations subjectives.

Appareil digestif. — Langue saburrale, haleine fétide; mais pas de troubles dyspeptiques très nets. Constipation.

Appareils circulatoire et respiratoire. — Le cœur bat régulièrement, mais avec une fréquence variable avec l'état d’'agitation du malade; le pouls, régulier et assez fort, suit la même marche. Pas d'œdèmes ou de troubles trophiques. La respiration, normale dans Jes intervalies de calme, devient irrégulière et plus rapide pendant ies crises

d'agilalion.

Analyse des urines: 26 avril 1907.

Densité HO once 1025 Caractères généraux. Réaction... SAUCE Et acide

par litre Urée. re sert 34.00 Ejéments normaux... «< Acide phosphorique total. 2,34 | Chlorure de sodium.......…. 8.4 AIBUMINER AR EP NENEEeSTES 0 GIUCOSer terre te 0 LA f 2 < HR Pigments biliaires::...2... 0 Ürobiline rer eeree présence.

Examen du malade, 3 mai. — Le malade n'a pas fait de nou-

velles tentatives de suicide. Il se plaint assez fréquemment de sa jambe fracturée et de sa langue qui commence à se cicatriser. Au point de vue mental, il revient peu à peu à des idées plus variées et moins sombres. Il reconnaît comme fausses une partie de ses idées délirantes d’auto-accusation. Plus d’anxiété, Le sommeil est encore troublé par des cauchemars pendant la première période de la nuit.

6 mai. — L'amélioration continue, La langue est en assez bôn état; ‘e malade se plaint encore de sa jambe.

Il ne subsiste plus d'idées délirantes à proprement parier. Le malade reconnaît ses erreurs et déclare qu’il a agi en idiot et en fou; mais il ne saisit pas très bien l’enchaînement des actes qu’il a commis. La mémoire est conservée, il se rappelle tous les détails de sa maladie.

10 mai. — Le malade sort sur sa demande, guéri ou du moins

très amélioré.

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