‹ De la Neurasthénie et de la Mélancolie: Considérées dans leurs rapports réciproquesChapitre 7 sur 33 · CURE · texte numérisé non relu

CURE

Mère âgée de 71 ans, bien portante. À eu 8 enfants, dont 5 actuellement en vie et bien portants; les autres sont moris en bas-âge. Elle était enceinte de la malade, lorsque son mari mourut.

Du côté des grands parents où des collatéraux, nous n'avons rien trouvé d’intéressant À signaler.

Antécédents personnels. — Bien portante dans sa première enfance elle a eu la rougeole vers l'âge de 6 ans, la fièvre typhoïde à 9 ans. Pas d’autres maladies graves,

Réglée pour la première fois à 19 ans, à la suite d'une forte émotion (peur); depuis sa menstruation se reproduisit régulièrement tous les mois; les règles assez douloureuses, étaient abondantes et duraient 4 à 5 jours.

Elle était très nerveuse et très impressionnable; se mettait faci- [ement en colère; elle n’a cependant jamais présenté de crises de nature hystérique ou épileptique.

Elle a habité avec sa famille, sans rien de particulier ou de saillant dans son existence, jusqu'à il y a 4 ans, époque où elle s’installa à Talence, pour tenir un débit de boissons.

Là sa vie s’écoulait assez régulière, calme, lorsqu'elle fit la connaissance d’un monsieur qui lui proposa de l’épouser; ele accueillit favorablement sa demande et en attendant le mariage, avait commencé la vie en commun, lorsqu'elle apprit, il y a environ un mois et demi, que son ami était déjà marié. Elle éprouva une grande peine, et c’est là, croyons-nous qu'il faut rechercher le début de sa maladie. Voyant qu'elle avait été trompée, elle défendit à son ami de retourner chez elle, lui disant qu'il s'était moqué d'elle, et qu'elle ne voulait plus le recevoir, Il partit, mais un jour il revient, et comme Anna M...

pour l'étrangler; (ce sont là les seuls renseignements que nous avons

, lui reprochait encore sa conduite, il la prit par le cou

pu obtenir de la malade).

Cette nouvelle scène se passait il y a environ un mois; le mèême soir la malade rentre dans sa famille, mais ne raconte rien de ce qui venait de se passer; cependant son entourage remarque chez elle du changement; très triste, déprimée, les traits bouleversés, elle regardait anxieusement du côté de la porte, et si quelqu'un l’ouvrait,

elle avait de violents mouvements de frayeur qu'elle était impuis-

RE

sante à maitriser. Interrogée à ce sujet, elle ne veut donner aucune explication; cependant, pressée de questions, elle finit par raconter la scène de violence dont elle aurait été victime; mais comme on n'avait pas de témoins, et qu'on doute un peu de la véracité des faits racontés par In malade, on n'y ajoute foi qu'à demi, et on décide de garder la malade. Depuis son élat s'aggrave de jour en jour; à la tristesse et à la frayeur du début succèdent une dépression morale un abattement très marqués;. la malade n'a, aucune volonté; mais elle est toujours affaissée, angoissée, Elle mange très peu, et seulement lorsqu'elle y est invitée ou forcée par sa famille. Elle dor: très peu et dit que son sommeil est troublé par des cauchemars ; le plus souvent, c’est son fiancé qui vient lui faire des menaces.

Lorsqu'elle n’est pas observée, elle parle seule: « Elle n'est plus la même, il y a quelque chose de changé en elle. Les gens ne la traitent pas comme autrefois; on la méprise. Cependant, elle n’est pas coupable, elle est toujours resltée honnète. Elle ne veut plus rester à la charge de sa famille. » |

Elle dit qu'elle veut mourir; elle a même déjà tenté de mettre à exécution ses projets de suièide. Un jour on l'arrêta au moment où elle voulait enjamber une fenêtre; une deuxième fois, on lui arracha des mains une hachette avec laquelle elle voulait se tuer. Elle est amenée à la consultation des maladies mentales le 8 janvier ei M. le professeur Régis, conseille l'isolement et l'internement dans une maison de santé; mais on la conduit le lendemain à l'HGtal Saint-André où elle est admise salle 7; elle est presque aussitôt lronseatée au service de l'Isolement, |

Examen de la malade. — Nous nous trouvons en présence d'une femme qui, assise sur une chaise, la tête baissée, la face inquiète, anxieuse, les sourcils plssés, semble en proie à de tristes pensées; parfois elle se lève, fait quelques pas dans la salle, marr:°t#tant quelques paroles inintelligibles, faisant de la tête des signes de négation, puis revient prendre sa place et son attitude primitives.

Troubles psychiques. — Si nous cherchons à interroger la malade, nous éprouvons une certaine difficulté à attirer son attention et à obtenir des réponses. IL faut souvent lui répéter plusieurs fois

les questions; elle reste un certain temps avant d'articuler sa réponse,

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