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et parle alors d'une voix lente, traînante, empreinte de tristesse. Ses réponses sont confuses, elle répondra qu'elle est à l'hôpital, mais ne Saura pas depuis combien de temps le numéro de sa maison, l'année les mois, Si nous lui faisons raconter son histoire, elle s’embrouille, mêle ses souvenirs, les idées, prononce des phrases sans suite, mais dans ses paroles incohérentes nous pouvons cependant saisir une idée dominante qui semble obséder la malade: c’est le sentiment du changement de sa personnalité; et là-dessus se greffe un délire triste, monotone, qui a trait à la perte de sa mémoire, et se compose surtout de protestations en faveur de son honnêteté, de justification de sa conduite. — « Quelque chose est changé en moi, J'ai eu la fièvre il y a un mois... Des grévistes voulaient boire sans payer, et je ne voulais pas faire crédit! J'ai dit à ce monsieur que ce n'était pas bien ce qu'il faisait; depuis, je ne -me rappelle pas bien ce qui s’est passé; — pour ne pas mentir, je ne sais pas, Je ne suis pas coupable... je suis toujours restée honnête, let je ne veux plus êlre à la charge de mes parents. »
Elle présente quelques hallucinations de la vue, surtout nocturnes: elle voit de la poussière, des cimetières, en général des choses tristes; parfois même elle voit des gens masqués qui passent devant elle, mais sans lui faire des menaces.
Elle a présenté des bhallueinations de l'ouïe; elle a entendu des Voix qui lui reprochaient sa conduite; elle ne reconnaissait pas ces voix; elle prétend ne plus les entendre depuis deux jours.
Pas d'autres hallucinations du goût ou de l'odorat.
L'affectivité est conservée; elle aime bien sa mère, sa sœur. Elle éprouve un grand plaisir lorsqu'elles viennent lui rendre visite. Quant à son fiancé, cause de tous les malheurs, il paraît ne plus tenir aucune place dans les sentiments aflectifs de la malade.
Son aclivité est très amoindrie; elle passe ses journées immobile sur une chaise, loujours tête baissée, l'air abattu, triste. Parfois elle se lève fait quelques pas dans la salle, et revient prendre sa place. Si on lui donne du travail, elle paraît s'y intéresser, s'en acquilte bien et avec conscience, mais spontanément, elle n'a pas l'idée d'en demander.
Elle mange peu, mais ne. refuse pas de s’alimenter; elle se nourrit