CHAPITRE PREMIER
Historique. — Exposé de la question. — Plan suivi.
Lorsque parut la thèse de Gault, en 1894, l'histoire détaillée de ces myëélites aiguës, accompagnées de névrites optiques, n’avait pas encore été faite. C’est sur les conseils de M. le professeur agrégé Devic, frappé par la lecture des observations, de leur ressemblance et de leurs multiples points communs, que Gault proposa un nom servant à désigner le cas-type, celui de neuro-myélite optique aiguë. Nous accepterons également cette dénomination comme étant suffisamment significative et commode. Dans son travail, Gault rapporte dix-sept observations, prises en majeure partie dans la littérature médicale étrangère. Mais, dans ce nombre il n’y en à vraiment que six à peu près complètes et où les vérifications nécropsiques et microscopi-
PHONE ques aient été faites. Ce sont celles de Knapp, de Fuchs, de Scharkey, de Drechsfeld, d’Achard et Guinon, et de Devic.
Depuis l'apparition de cette thèse le nombre des publications et des observations nouvelles ayant trait à notre sujet est fort restreint et la plupart d’entre elles ont été recueillies par des ophtalmologistes qui se sont surtout attachés à l’étude des lésions de ces névrites optiques.
Katz, en 189,6, dans les Archives de de Graefe, appelle l'attention desneurologistes etdes ophtalmologistes sur cette « coexistence énigmatique » des névrites optiques et de la myélite aiguë.lIl en rapporte une observation avec autopsie et étudie ensuite vingt cas analogues qu'il a pu recueillir dans diverses publications.
Trois années plus tard, Schuster et Meindel publièrent deux nouvelles observations avec autopsie; dans le premier de ces cas la double névrite optique avait précédé de douze jours et, dans le second cas, de vingt-huit jours, une paraplégie flasque terminée par la mort.
En 1901 enfin, Taylor James, en Angleterre, tente une étude d'ensemble des faits de lésions médullaires (traumas, tumeurs. myélites) avec production de névrites optiques et Bielschowsky, en Allemagne, étudie minutieusement les lésions des nerfs optiques dans quatre nouveaux faits de névrites optiques associées à des myélites.
D'après ce rapide exposé on voit donc qu'il s’agit là d’un syndrome en somme fort rare et dont
: MU T— on pourrait réunir au plus 24 ou 95 observations, dont un tiers à peine avec autopsie. Au reste la plupart de ces observations ont été publiées à l'étranger et quatre seulementont été recueillies en France: celles de. Chauvel, Abadie, Achard et Guinon, Devic.
L'observation qui fait la‘ base de notre travail a trait à une enfant de 14 ans. Nous n'avons pas retrouvé, dans la nomenclature des observations publiées, une seule se rapportant à un enfant; toutes relatent l’histoire d'adultes de 80 à 50 ans, quelquesunes seulement celle d'adolescents. Toutefois il ne semble pas qu’il faille attacher une certaine importance à l’âge, car le tableau clinique fourni par notre petite malade est sensiblement le même que celui retrouvé chez les adultes.
En nous appuyant tant sur notre observation que sur celles publiées antérieurement, nous commencerons dans ce modeste travail par analyser etcommenter, dans le chapitre II, l'observation si complète et si intéressante de M. le professeur Weill et de M. Louis Gallavardin, médecin des Hôpitaux.
Dans un troisième chapitre nous tracerons, assez brièvement du reste, le tableau clinique de la neuromyélite optique aiguë.
Dans un quatrième chapitre nousinsisterons quelque peu sur l'anatomie pathologique, tant sur les lésions macroscopiques trouvées à l’autopsie que sur les lésions microscopiques qui ont été parfaitement étudiées dans notre observation.
Nous traiterons de la pathogénie dans le chapitre
ay Ÿ We cinquième et, en nous appuyant sur l'étude des lésions observées, nous arriverons peut-être à une conception un peu nouvelle de l'association des deux actes morbides, myélite et névrite optique.
Enfin, dans un dernier chapitre et pour ne pas être incomplet, nous esquisserons, très rapidement du reste, l’étiologie, le diagnostic, le pronostic et le traitement.