ANALYSE ET COMMENTAIRES
RÉSUMÉ. — Cliniquement : Paraplégie ayant débuté insidieusement, sans cause étiologique connue, devenue totale en huit à dix jours et réalisant le tableau d’une section médullaire complète : impotence absolue, anesthésie totale, tactile, douloureuse, thermique musculaire remontant jusqu’à trois travers de doigt au-dessous du sein, abolition des réflexes cutanés et tendineux, incontinence des matières fécales et de Purine (guérison de l’incontinence par les cathétérismes systématiquement rapprochés). Eschare fessière.
Amaurose bilatérale, ayant débuté un mois et demi après le début de la myélite, devenue totale en quelques jours et ayant présenté ultérieurement une légère amélioration.
Broncho-pneumonie terminale,
AD
AUTOPSIE ET EXAMEN MICROSCOPIQUE. —- Myélite aiguë diffuse très intense de la moelle dorsale inférieure et du renflement lombaire. Névrite optique double. Lésions légères de névrite périphérique (sciatique poplilé externe). Encéphalite interstitielle diffuse,
F. V..., âgée de 14 ans, entre dans le service de M. le professeur Weill (clinique des Maladies des Enfants), le 29 octobre 1901.
Il n’y a rien à noter dans ses antécédents héréditaires.
Dans ses antécédents personnels on note une rougeole à 9 ans, une fièvre typhoïde peu après, en 1896 ; cette dernière maladie aurait duré six semaines environ.
Au reste, durant ces cinq dernières années, sa santé fut excellente.
Le début de l'affection actuelle remonterait à un mois environ. L'enfant commença à se fatiguer rapidement ; vers la fin de la journée ses jambes se refusaient à la porter, et cette faiblesse des jambes alla en augmentant progressivement, La paralysie aurait commencé par la jambe droite et serait restée localisée à ce membre pendant huit jours. L'enfant marchait alors en boitant; puis progressivement la jambe gauche se prit et la paralysie fut constituée. Il y à trois semaines que la malade .dut s’aliter et, à ce moment, parut l’incontinence des urines et des matières fécales. Au dixième jour d'alitement apparut aussi une eschare fessière.
Actuellement, voici ce que l'on constate : L'enfant est étendue dans son lit sans pouvoir faire d’autres mouvements que ceux de la tête et des membres supérieurs. L’amaigrissement n’est pas très considérable, l'appétit est relativement conservé, les fonctions digestives se font bien.
La paralysie des membres inférieurs est complète et totale,
la ma&lade ne peut exécuter aucun mouvement; les muscles fessiers semblent également paralysés.
On note une abolition complète des réflexes tendineux, du réflexe abdominal et du réflexe plantaire.
11 y a abolition complète du sens musculaire, la malade ne