Liv. XXVI
Alors la transformation de la noblesse était accomplie. Que restait-il aux patriciens qui leur appartînt en propre et sans partage ? Le droit purement nominal de conférer par une loi curiate le commandement militaire, imperium^ ou de confirmer le pouvoir politique, potestas, aux magistrats élus par les centuries *. Il leur restait encore les honneurs du sacerdoce de Jupiter, flamen dialis, du collège des Saliens, et des auspices à prendre pour l'inauguration des comices ^. Les gentes n'étaient plus des puissances, mais seulement des noms historiques. Elles pou-
1. On ne tenait compte que des genteSy des maisons patriciennes dans les comices par curies. Un vieil écrivain cité par Aulu-Gelle (XV, 27) l'explique ainsi : Lorsqu'on vote selon Tordre des races, les comices sont formés par curies; d'après la foilune el l'âge, par centuries; selon la division locale des régions, par tribus. Quum ex generibus Jwminvm suffragium feratur, curiata comitia esse; quum ex censu et œtate, centuriata; quum ex regionihus et locis, tributa. Cicéron Ta dit expressément, en s'adressant au peuple dans sa seconde Agraire (cap. i 1 seqq.) : « Maintenant que vous êtes en possession des deux premières sortes de comices, par centuries et par tribus, les comices par curies ne se sont conservés queT pour inauguration, auspiciorum causa. » Mais ces comices mômes n'étaient plus déjà, au temps de Cicéron, qu'une fiction, un simulacre. A la convocation et à la proposiUon du consul ou du préteur, comment répondait l'assemblée patricienne? Elle était représentée par trente licteurs pour les trente curies, illù (comiliis) ad spedem atque ad usurpationem vetustatis per triginta Iktores auspiciorum causa adumbratis. (Cic, Ibid., VZ.)