Liv. I, 30, IV, 4 ; Dionts., UÏ
Du moment que Servius appelait individuellement aux comices les citoyens rangés dans leurs classes et leurs centuries, selon la fortune, non plus seulement selon Torigine, le plébéien fut et surtout put devenir quelque chose. Le mouvement d'ascension de la classe plébéienne était décidé , autorisé, insurmontable. L'aristocratie de l'illustration, accessible à tous, était dès lors en germe, mais avec elle en même temps le pouvoir de l'argent, la passion des richesses.
Presque aussitôt après l'expulsion des Tarquins commença la guerre des maisons patriciennes et du peuple ; d'un côté, des efforts opiniâtres , désespérés pour défendre ses prérogatives ; de l'autre , une ardeur infatigable autant qu'intrépide à conquérir la plénitude des droits de la cité. Tite Live, à défaut d'annales plus authentiques , nous donnera la chronologie de ces conquêtes; l'an 261 de Rome, la révolte du peuple et sa retraite sur le Aont Sacré , qui se terminent par le traité de paix avec le sénat, au prix de la création des tribuns , un pouvoir politique tiré de la foule de ceux qui jusque-là n'avaient été rien, un pouvoir reconnu sacré, inviolable par ceux qui avaient été maîtres de tout. En 303, un code de lois écrites, notoires, au lieu d'une juridiction dont les patriciens avaient seuls le secret et les règles avec l'exercice.
C'était une immense amélioration dans le sort des citoyens, mais où Ton sentait encore l'orgueil injurieux et la violence tyrannique du patricien. Les décemvirs étaient tous patriciens, propriétaires opulents, privilégiés jaloux. Ainsi le dégât ou le 4^ol d'une moisson pendant la nuit entraînait la peine de mort * ; l'insolvabilité du débiteur, l'esclavage ^ Les unions par mariage étaient interdites entre les patriciens et les plébéiens ^ L'auteur de chants satiriques mourait sous le bâton ^
Mais les plébéiens n'en poussèrent pas moins vigoureusement leurs avantages. En 305, les comices des tribus font des ordonnances, piebisoita, qui n'obligent d'abord que les plébéiens, mais qui acquerront, en 468, force de loi sur tous les citoyens de tout ordre. En attendant, ils emportent lentes œnnubii avec les patriciens, en 312; ils entrent indirectement, par compromis, en partage de la puissance consulaire, sous le titre de tribuns des soldats, l'an 309, et, l'an 388, ils emportent enfin le consulat de pleine possession; puis, la dictature en 397, la censure en 403, la préture en 417, les fonctions
i . Table VHL