Cic, y prodom
valent fournir aussi matière à des questions de droit civil dans les héritages, elles ne comptaient plus dans les affaires de droit public. Beaucoup avaient disparu par extinction; d'autres, devenues pauvres ou demeurant volontairement éloignées des magistratures, se perdaient dans l'obscurité, ignorées, oubliées, ignobiles^ jusqu'à ce qu'elles fussent ramenées à la lumière par les talents et la valeur i'un homme de leur sang. Cicéron se permettait de rire des vanités dédaigneuses et des prétentions surannées de certains personnages estimables d'ailleurs , mais entichés de préjugés ridicules , comme ce Sulpicius, qui s'indignait d'avoir été vaincu dans sa compétition au consulat par un plébéien, L. Muréna, lui fils d'antiques patriciens. « Si vous déclarez, lui disait-il, qu'il n'y a que les patriciens qui soient bien nés, il lious faudra encore une fois nous révolter et conduire le peuple sur le mont Aventin. Mais s'il existe d'honorables et grandes familles plébéiennes, si le bisaïeul de Muréna et son aïeul ont exercé la préture, si son père a triomphé glorieusement comme préteur, ne vous étonnez pas qu'ils lui aient ouvert l'accès au consulat.... Votre noblesse est des plus belles, Servius Sulpicius, mais elle est plus connue des historiens et des savants qu'elle ne brille aux yeux du
peuple et des citoyens qui votent aux comices. ■Votre père était de Tordre équestre, votre aïeul ne s'est fait connaître par aucune distinction. Aussi je me félicite de vous compter parmi les nôtres (les chevaliers), parce que vos vertus et vos talents vous ont rendu, vous, fils de simple chevalier, digne des plus grands honneurs *. > Qcéron disait encore à un de ces patriciens arriérés : « Tout le monde ne peut pas être né patricien; et, s'il faut tout vous dire, on ne s'en soucie guère. Aucun de vos rivaux ne voit - en cela un'avantage pour vous sur eux ^ »
A côté des familles patriciennes, souvent audessus d'elles, s'étaient élevées, dans l'ordre plébéien, des familles prétoriennes, consulaires, triomphales ; on se vantait, on se prévalait de ses ancêtres sans distinction de races. Les images des Décius, des Sempronius, des Mé-' tellus, des Marcellus protégeaient les descendants de ces grands hommes, aussi bien que celles des Emiles, des Cornéliens, des Servilius pouvaient recommander à la faveur publique leurs héritiers. Il n'y avait d'éminent, de puissant par privilège de naissance, que des notoriétés de plus ou moins vieille date^ La no-