Colliers, bracelets, phalères
cependant n'étant ni invariable ni réglé d'une manière absolue. M. Henzen n'a voulu montrer ici que l'époque impériale telle que la représentent les inscriptions; elles ne fournissent point de lumières suffisantes pour l'histoire même des derniers temps de la république. Ces classifications ne purent, en effet, s'établir qu'après que les armées furent devenues mercenaires, lorsqu'elles se recrutaient dans le peuple des municipes et des 'colonies provinciales , et lorsque les fils de sénateurs et de chevaliers étaient officiers de naissance *. Les légionnaires de la république , subordonnés , comme soldats, sous le drapeau, gardaient l'égalité de droit, comme citoyens romains. Chacun recevait sa récompense , non pas selon son grade et sa qualité , mais selon la nature et la valeur de son action , au jugement de ses chefs et de ses camarades.
Pline , à l'occasion de la matière de quelques décorations, fait mention d'une différence digne en effet de remarque, si elle est véritable. Il assure que les Romains donnaient des colliers d'or aux soldats des alliés et des étrangers, d'argent aux citoyens. Les bracelets n'étaient
L Mém. sur la noblesse, p. 85^ 93.
accordés qu'aux citoyens; les étrangers n'y pouvaient prétendre *.
Les généraux d'armée distribuaient toutes ces récompenses aux soldais et aux officiers ' , en vertu de leur pouvoir souverain , sans contrôle, sans nul besoin de ratification ultérieure ^
Mais n se pouvait rencontrer des conjonctures telles, que le général suspendit volontairement l'exercice de sa prérogative par un scrupule d'équité. Alors une instruction judiciaire dans toutes les formes s'ouvrait et se poursuivait avec la publicité de l'audience militaire.
Quand Scipion eut emporté d'assaut Carthagène , il assembla l'armée pour compter avec les braves et leur faire leur part de gloire. Llionneur de la journée était à la couronne murale : qui l'a méritée vienne la demander.
Deux se présentent à la fois, un centurion de la quatrième légion, un soldat de la flotte auxiliaire.
\. Hist XXXIII, 10.