‹ De la noblesse et des récompenses d'honneur chez les RomainsChapitre 132 sur 147 · Dio,Ln · texte numérisé non relu

Dio,Ln

César, en étendant le décret à sa postérité, quoiqu'il n'eût pas d'enfants, remarque Dion *.

De plus, l'an 727, on avait ordonné un partage des provinces entre Auguste, d'une part, et, de l'autre, le sénat et le peuple romain : au premier les provinces où l'on entretenait des légions ; au sénat celles qui n'avaient aucun appareil de guerre ^

L'empereur était ainsi le généralissime de toutes les forces militaires delà république; les généraux d'armée n'avaient que le titre et le rang de lieutenants, legati Cœsaris. Toutes les guerres se faisaient, toutes les victoires étaient remportées sous sa conduite et sous ses auspices ; il pouvait rester dans sa litière, comme Lutatius; à lui seul appartenait le triomphe; et ensuite, encore à lui seul le titre d'imperator, comme synonyme de victorieux.

Deux exceptions confirment la vérité de ces observations, savoir : Cornélius Balbus, le der-

i . XLUI, 44. Le titre dHmperator accompagnait le nom du prince de deux manières différentes : 1** comme signe de la puissance militaire, placé avant le nom; 2** comme exposant du nombre des victoires, après le nom parmi les autres titres; dans cette forme : Impebator Cœsar Bivi filitis Augustns Pontifex maximus imperator XII (Oreli.., 96). Les recueils d'inscriptions ofTrent des centaines d'exemples de ce gen^e.

2. Dio, LUI, 12 ; « afin que... le Sénat et le peuple demeurassent exempts du souci de la guerre, et qu'il fut seul chargé du maniement des armes et de l'entretien des soldats. »

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nier des triomphateurs, et Junius Blésus, le dernier aussi qui obtint le titre d'imperator sous Tibère ^ Or Fun et l'autre étaient proconsuls d'Afrique, une des provinces du sénat, et il y avait, par cas singulier, dans cette province, une légion sous les ordres du proconsul; et, en qualité de magistrat du peuple romain, le proconsul combattait avec la prérogative de Yimperium et sous ses propres auspices ; légalement le sénat pouvait lui accorder le triomphe, et ses soldats pouvaient l'appeler imperator. Caligula sépara le commandement militaire du proconsulat d'Afrique ^ Tacite a imputé cet acte à l'esprit

i. Tac, Ann., UI, 74. Sed Tiberius.,. id quoque Blœso trihuUy ut imperator a legionibus salutaretur, prisco erga duces honore, qui bene gesta republica gaudio et impetu victoris exercitus conclamabantur : erantgue plures simul imperatorés, nec super ceterorum œqualitatem, Concessit quibusdam et Augustus idvocabulum; ac tune Tiberius Blœso posfrenium.

2. Dion Cassius (LIX, 20) a mal compris TordonDance de Caligula; il suppose que Ton fît alors la nouvelle province de Numidie. Mais les di^bats qui eurent lieu longtemps entre le commandant militaire et le proconsul, prouvent que la province d'Afrique n'»Hait pas encore divisée en deux, même sous les premiei^s successeurs de Caligula. Voici la version de Dion Cassius : « Quand le gouvernement d'Afrique échût à Pison, Caligula craignit que son orgueil ne le poussât dans quelque entreprise téméraire, d'autant qu'il allait avoir sous son commandement des troupes considérables, tant romaines qu'auxiliaires, il divisa la province en deux, donnant à un autre les forces militaires avec la Nuuiidie. Cette disposition s*est maintenue depuis ce temps jusqu'à nos jour.<. » Tacite

brouillon et ombrageux du prince ^ Il me semble, au contraire, que le fou se montrait ici raisonnable ; il faisait disparaître une anomalie unique dans le régime des provinces.

A part ce qui alarmait les susceptibilités du souverain, on pouvait tirer parti de la communication des honneurs du triomphe aux particuliers; il y avait là quelque chose à garder, mais aussi quelque chose à faire. Saint-Simon dit, dans ses Mémoires, que le roi Louis XIY, faute de récompenses effectives, était fort attentif à en faire de tout ce qui pouvait amuser l'émulation, et qu'il se montra fort jaloux de faire valoir le nouvel ordre de Saint-Louis *. Auguste songeait aussi à créer, non pas tout à fait des amusements d'émulation guerrière (car on devait, dans sa pensée, avoir souci désormais de

est plus exact : « La légion placée en Afrique avec les corps auxiliaires pour la défense des frontières de l'empire. . obéissait au proconsul. Dans la suite, Caius César lui retira le commandement de la légion, qu'il remit à un légat envoyé tout exprès. Ils furent égalés l'un à Tautre par le nombre des hommes de service, et les conflits d'ordres divers firent naître des querelles qu'envenima la jalousie. L'influence des légats s'accrut par la durée de leur office, ou par cette ardeur de rivalité toujours plus grande chez les inférieurs. D'autre part, plus un proconsul était illustre, plus il était poité à sacrifier son pouvoir à sa sécurité. » Hist. IV, 48.

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