‹ De la noblesse et des récompenses d'honneur chez les RomainsChapitre 133 sur 147 · Nouv. Mém., tome I, p. 130 (édition de Sautelet · texte numérisé non relu

Nouv. Mém., tome I, p. 130 (édition de Sautelet

conserver et non de conquérir), mais plutôt des appâts pour la vanité, et comme des lacs politiques pour attirer et enchaîner les volontés à la nouvelle domination ; il imagina les ornements triomphaux \ la couronne de laurier, la robe brodée de palmes, qu'on pouvait porter dans certaines fêtes, une statue d'airain dans le Forum, des lauriers à la porte de la maison ^ Les mêmes formes qu'autrefois furent observées pour conférer cet honneur: il n'était accordé que par un sénatus-consulte ^; les césars mêmes qui tyrannisèrent les Romains avec le plus d'insolence, ne négligèrent pas la formalité du décret K Mais on devine sans peine qu'ils n'en ordonnaient pas moins selon leur bon plaisir, tenant dans leurs mains le sénat, ce merveilleux instrument d'arbitraire légal ; et d'ailleurs c'é, tait à l'empereur seul qu'appartenait l'initiative de la délibération, relatio ; à lui seul les généraux victorieux envoyaient leur rapport. Les princes abusèrent étrangement de cette faveur :

1. Omamenta triumphalia. Suet., tib.y 9; Vesp., 4; Dio., LIV., 24.

2. Liv., X, 7; XXX, i5 ; Dio, XXXVÏI, 21 ; LI, 20; LV, 10; Vell. Pat., H, 40; Tac, Agric, 40; Am., I, 80; XV, 72; Hist I, 79 ; II, 78.

3. Tac, Ann., I, 72 ; II, 52 ; HI, 48 ; IV, 44, 46 ; VI, 39 ; XII, 28, 38. Orell, Insc, 622.

4. (Nero) vocat senatum et triumphcUe decus tribuit. Tac.^ Ann., XV,72.

2i2 LES RÉCOMPENSES D'HONNEUR

Claude la prodiguait pour les moindres choses *; et les autres, comme lui, récompensèrent ainsi des services étrangers à la guerre ^ quelquefois réprouvés par l'honneur. Curtius Rufus reçut les insignes pour avoir employé ses soldats à découvrir des filons d' argent; et les soldats, excédés des travaux des mines, s'en vengèrent par une requête à l'empereur, dans laquelle ils le suppliaient de vouloir bien, à l'avenir, quand il nommerait un général, lui conférer d'avance les ornements triomphaux ^ En même temps, on les accordait à Corbulon pour le consoler d'avoir été frustré de l'occasion de combattre et d'augmenter sa gloire, déjà trop brillante au jugement de la cour \ Tibère les avait refusés à Dolâbella, vainqueur d'un ennemi redoutable, pour ménager l'amour-propre d'un oncle de Séjan ^. On revêtait de cette parure des enfants de la famille des césars ® ou destinés à leur alliance \ Tacite a montré, par un exemple curieux, à quelles conséquences, ou plutôt quelles inconséquences la logique des fausses applica-

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