‹ De la noblesse et des récompenses d'honneur chez les RomainsChapitre 141 sur 147 · Ep fam., VU, 30. Cf. Dio, XLIIÎ · texte numérisé non relu

Ep fam., VU, 30. Cf. Dio, XLIIÎ

effort pour aller jusqu'à faire des consuls de nom et de vêtement \ puis des prœtorii, des quœstorii^ qui n'avaient jamais été préteurs ni questeurs; on donnait bien l'anneau de chevalier à des baladins, à des affranchis. Auguste, qui sut mettre si habilement la main sur la succession de son oncle, et puiser dans les exemples du dictateur renseignement de ce qu'il devait pratiquer, comme de ce qu'il devait éviter, développa hardiment, largement, ce moyen de séduction, tandis qu'au contraire il épurait sérieusement le sénat. C'est que la dignité de sénateur était une autorité en exercice. Les successeurs d'Auguste poussèrent jusqu'aux derniers excès l'intempérence de la faveur et le scandale des abus, d'autant plus effrontément, qu'ils ordonnaient toujours par décret du sénat, et que le sénat portait la responsabilité du mal. De quel prix pouvaient être pour de braves capitaines, pour des sénateurs éminents, pour d'utiles magistrats, ces insignes qu'on leur donnait quelquefois ^ lorsqu'ils les avaient vus prodigués sans raison^ flétris en devenant le salaire du vice, de la trahison, de l'office de bourreau ? Narcisse les rece-

1. Decem prœtoiiis viris consularia omamenta tnhuiU Suet., (^Œs., 76.

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