SuET., Atig
226 LES RÉœiiPËNSES D'HONNEUR
des autres. On disait qu'à Rome la population de marbre et d'airain finirait par égaler celle des vivants. Encore, si l'on n'avait eu que le tort de conserver des figures d'hommes inutiles ; mais combien de fois on insulta aux regards et à la conscience publique par le triomphe des méchants ! Que de lâches adulateurs \ que de ministres d'infamies et de cruautés, honorés ainsiS pour un AgricolaM Cette manie gagna les provinces ; il n'y eut pas de petit municipe qui ne s'encombrât de stahies debout^ à cheval, sur des biges, des quadriges. Quels étaient les héros? Les uns avaient légué par testament, aux décurions et aux collèges sacerdotaux, des rentes pour une distribution de vivres ou pour un festin annuel ^ les autres avaient fait la dépense d'un superbe combat de gladiateurs pendant deux, pendant trois jours '\ On alla jusqu'à célébrer
1. SuET., VitelL, 2, 3. Le père de Vitellius adorait Claude comme uq dieu, il demandait à Messaline la permission de la déchausser, et un jour prit une des sandales de rimpérairice, qu'il porta toujours sur sa poitrine comme une relique. Il rendait un culte dans son laraire aux images de Narcisse et de Pallas. Le sénat lui décréta une statue sur la tribune aux harangues, avec cette inscription : Fietatis immobilis erga prinâpem,
2. Tac, Ann,, XV, 72. Tigellino..* trivmphales mforo imu' gines. Cf. Dio, LVIII, 14.