‹ De la noblesse et des récompenses d'honneur chez les RomainsChapitre 16 sur 147 · LES CHEVALIERS · texte numérisé non relu

LES CHEVALIERS

Au-dessous du sénat s'éleva, dans le septième siècle, Tordre équestre, dressé comme une machine de guerre contre la noblesse par les Gracques. Tibérius conçut le dessein, CaiuS Texécuta en 631.

Ne considérant les chevaliers que dans leurs rapports avec la cité, je ne veux point entrer dans les recherches sur leur organisation militaire, soit dès la première origine, soit après les changements et accroissements qu'elle reçut du gouvernement républicain. C'est un sujet traité avec une grande richesse d'érudition et une profonde intelligence par M. Marquardt*, M.Zumpt^ et M. Niemeyer ^

Un Français, M. de Beaufort, les avait précédés dans cette voie par une dissertation pleine de sagacité, mais qui touchait plus à l'existence des chevaliers dans l'Etat que dans l'armée ^

i . Histonœ equiium romanorum libri quatuor. Berolini, 1840.

2. Uber die Roemische Ritter und den Ritterstand in Rom. (Mémoire lu à TAcadémie de Berlin, mai et juin 1839.)

3. De equitibas romanis commentatio historica, Gryphiœ, 1851.

4. Mémoire qui obtint le prix dans un concours de l'Académie des inscriptions, 1753, et qui fut imprimé, en 1767, dans le se-

de soins d'une administration si lucrative et si compliquée, le zèle de la gloire des armes dût se refroidir; il se refroidit de plus en plus par le luxe el les plaisirs. Outre la mollesse des mœurs, la vanité contribua encore à dégoûter les riches de la vie des camps. La cavalerie légionnaire ne suffît plus aux armées depuis les guerres d'Annibal. Les cavaliers numides, gaulois, espagnols, avec ceux des cités italiennes, la remplacèrent peu à peu et finirent par l'éclipser, surtout depuis que l'infanterie se recruta dans les classes inférieures ^ Les centuries équestres dédaignaient de servir à côté des prolétaires. La cavalerie romaine effective diminua; la cavalerie titulaire, par le cens et l'anneau, fit la partie la plus importante, la plus puissante de l'ordre équestre. C'est dans le temps où les noms de cavalier et de publicain devinrent synonymes que cet ordre se constitua de fait, en attendant que son nom lui fût acquis par l'usage et le droit, vers le milieu du septième siècle. Déjà, «n l'an 585, les deux censeurs Sempronius et Claudius s'attirèrent l'inimitié la plus implacable de la part des chevaliers pour avoir refusé d'admettre aux adjudications des fermes et des entreprises de leur exercice les publicains adju-

i » Révolution militaire opérée par Marius. Sall., Jug, 86.

dicataires de Fexercice précédent, en 580 *. Je ne veux pas dire que tout chevalier fût nécessairement financier et cessât d'être militaire. D'abord, les six escadrons honorés du cheval public, avec les douze autres centuries équestres, se maintinrent jusqu'au règne des empereurs, et il en sortait des tribuns de légion , des préfets de corps auxiliaires, des lieutenants de commandants d'armée, préteurs ou consuls, mais, en général, cette chevalerie figurait plus pour la montre que pour le service. On rougissait d'être simple soldat à cheval, quoique avec triple solde. On aimait mieux entrer dans l'armée en s'attachant comme volontaire à un chef ou à ses lieutenants ; quelquefois on se faisait nommer tribun de légion par eux, si on n'était pas nommé par le peuple, ou l'on se mettait à leur disposition pour toutes sortes d'expéditions et d'emplois. Ainsi Plancius, chevalier lui-même, avait tenu une place distinguée entre les hommes les plus considérables, tous chevaliers romains, dans l'armée de P. Çrassus ^. Ainsi César, dans la guerre des Gaules, prenait des chevaliers pour commander les navires de sa flottille, et les chargeait de transporter les troupes ^.

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