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il ne s'arrêta plus dans sa lutte avec les patriciens, qu'il n'eût emporté toutes les prérogatives politiques, et que, non content du partage égal, il ne se fût mis à certains égards dans une position supérieure : deux plébéiens pouvaient tenir à la fois le consulat ; il n'y avait place que pour un seul patricien. Le tribunat était interdit aux patriciens, à moins de renoncer à leur titre originaire et de se faire adopter dans une famiUe plébéienne, comme Clodius. Les plébiscites firent loi pour tous les citoyens de tout état, sans que le sénat y eût pris part. Enfin, sous la conduite de ses tribuns, la multitude troublait les comices de centuries, ou faisait prévaloir les comices de tribus. A la fin elle arrachait par tumulte et par violence tout ce qu'elle ne pouvait obtenir parles formes légales.
Mais dans un torrent qui renverse tous les obstacles sur son passage, pour combien compte chacune des gouttes d'eau dont il s'est formé ? Pour combien pouvait compter le prolétaire dans les assemblées, lorsque chacune des quatrevingt-seize centuries composant les cinq dernières classes renfermaient plus de têtes que les quatre-vingt-dix autres toutes ensemble de la première classe * ?
if Cic, de Rep, W, 22 : u Les autres céotaries, au nombre
Même au-dessus de ces prolétaires , de ces capite censiy qui ne faisaient enregistrer dans les rôles du cens que leur personne, n'ayant nul bien à déclarer, les plébéiens de la quatrième, de la cinquième classe, que devenaient-ils, rentrés dans la vie privée, dans leurs foyers, s'ils en avaient? L'homme ne valait, à Rome, que selon son avoir. Qui ne possédait rien, n'était rien*. On estimait comme ne présentant aucune garantie tout citoyen qui n'avait d'autre fortune que son travail ; il n'était point reçu comme soldat, avant Marins ^ Il faut entendre de quel ton dédaigneux le poëte comique, tout en plaisantant, traite les gens du peuple et en fait la différence avec les riches ^ C'était la moindre de leurs disgrâces. Tarquin les avait désolés jadis
de quatre-vingt-seize, bien supérieures par la multitude de citoyens qu'elles renferment, ne sont alors ni exclues des suffrages, ce qui serait despotique, ni investies d^un trop grand pouvoir, ce qui serait dangereux. » (Traduct. de M. Le Clerc.)
i . a Je ne veux pas qu'on puisse me faire honte de ma pauvreté, » dit un personnage de Plante, Trin. III, 2, 27.
2. Sall., Jug,, 86. Cf. 73 : « Des gens dont tous les biens et les garanties étaient dans le travail de leurs mains. »
3. « Cet autre là-bas se plaint de n'avoir pas de place. Vat'en. Si tu n'as pas de siège pour t'asseoir, tu peux te promener... ne t'imagine pas que je vais m'égosiller pour toi. Vous, citoyens, qui pouvez faire déclaration de biens au bujeau du censeur, écoutez mon récit. » Plaut., Captiv. proL, il-15. Et Horace : « Scelestade plèbe. » Carm. U^ 4, i7. Cf, S<U. II, 3, 188,
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en les contraignant de porter et de tailler les pierres de ses cloaques et de ses temples *. 11 y eut des consuls et des préteurs qui essayèrent de suivre cette tradition, et d'employer leurs soldats comme manœuvres dans leurs do-
maines ^ ou de faire ramer, sous la menace du fouet, des citoyens romains, auxquels ce titre, dans leur indigence, ne servait de rien ^ Punis très-durement comme soldats pour des batailles perdues qui n'empêchaient pas leurs officiers de solliciter des tribunats et des prétures *, molestés, insultés souvent par les riches dans le commerce ordinaire de la vie, ou dans des rencontres fortuites '\ sans pouvoir obtenir justice ", saisis par leurs créanciers et réduits en servitude provisoire pour insolvabilité de dettes