JEneid., VII ; 748, IX, 613 : Vivere rapto
gnoQs de Romulus ne composaient pas un peuple très-civilisé. Ce n'était pas non plus une bande de voleurs , impur et misérable rebut de villes policées. La discorde et la violence régnaient parmi ces rudes habitants des montagnes, et bien des fugitifs abandonnaient la terre natale pour se soustraire à l'oppression ou à la vengeance. Romulus leur ouvrit un refuge sans leur trop demander compte de ce qu'ils avaient fait chez eux, estimant plutôt ce qu'ils pour-' raient faire pour lui et pour les siens. Plus d'un se présentait avec une troupe nombreuse; il n'en était que mieux reçu. I,' esprit d'organisation aidant, ce ramas d'çiventuriers et de bannis devint la tige de la plus grande nation du monde.
A la suite des premiers fondateurs et des tribus sabines , les colonies issues des pays circonvoisins, Albains , Latins , Toscans, vinrent, soit par des immigrations volontaires , soit par des transplantations forcées, soit par une occupation de consentement mutuel ou de conquête , couvrir de leurs habitations l'Aventin, le Cœlius et les autres collines , et former, sous quelques chefs de Taristocratie , cette partie de la population romaine subordonnée et passive , colons sur le domaine d' autrui , artisans , marchands , laboureurs, journaliers pour toutes sortes de
services, auxiliaires irréguliers dans les besoins de la guerre , corvéables dans la paix , tous associés sous le nom commun de Rome , tous exclus des droits civiques, comme plébéiens , jusqu'au temps du roi Servius Tullius. On distingue ainsi trois époques principales des premières origines : l'époque romuléenne, tribu des Ramnés; l'époque sabine, tribu des Tities; enfin l'époque étrusque, inhn des Luceres , que des savants dateraient de l'incorporation des Albains et du règne de Tullus Hostilius, issu d'une colonie de Toscans; mais qu'une opinion plus générale rapporte au roi Tarquin l'Ancien, le Lucumon d'Etrurie , et au compagnon de Cœlé Vibenna,*ce Mastarna que Claude identifiait avec Servius Tullius *.
Il est difiBcile, en efiet, de penser que la constitution de Romulus s'établit systématiquement tout d'abord et se perfectionna ensuite sous les autres rois législateurs, aussi régulièrement que Cicéron, Tite Live et Denys d'Halicarnasse le racontent^; il ne serait pas non plus sans témérité
i . Discours de Claude, gravé sur des tables d*airain conservées à Lyon. Voyez les Notœ et ammadversiones du Tacite de Brotier, XI, 24. Ces tables ont été magnifiquement reproduites en fac-similé par M. de Boissieu, in-fol. 1846-1854. Cf. Description du musée lapidaire de la ville de Lyon, par le D' A. Comarmond, in-4, Lyon, 1846-1854, p. 30.