‹ De la noblesse et des récompenses d'honneur chez les RomainsChapitre 63 sur 147 · Eîecti e plèbe» Suet. , loc, c · texte numérisé non relu

Eîecti e plèbe» Suet. , loc, c

3. n faut bien le remarquer; dans ce cas, à Rome, il s'agissait d'une afiaire de régime essentiellement municipal, et non de gouvernement. L'élection ressortissait à la curie, c'est-^-dire au sénat. Les intendants de quartiers, curatores regionuniy désignés par le sort entre les préteurs, les tribuns, les édiles et les questeurs , pouvaient choisir ces magistrats subalternes, mais au nom du sénat et pour le sénat, non de leur propre et plein pouvoir.

M. Egger a victorieusement démontré le mal fondé de la criticpie de son contradicteur, qui lui reprochait comme une erreur d'avoir rattaché l'origine des Augustales à. la réforme de Tan 747. L'analogie est frappante entre les deux cultes de Rome et des provinces. L'erreur est certainement du côté du savant qui affirme qu'il n'y eut point d'Augustales avant la mort d'Auguste, dans les municipes, et qu'on ne s'avisa de les instituer qu'à l'instar des sodales augustales, de la création de Tibère, en l'honneur^ non-seulement d'Auguste divinisé, mais de la famille Julia*. Qui n'aperçoit au premier coup d'œil les nombreuses et profondes différences qui séparent les deux cultes? différences de temps, d'objet, d'exécution. L'un date de 747 ^ l'autre de 768; l'un s'adresse à des dieux de la patrie, sacrum publicnm y l'autre à des dieux

i. « La môme année (la seconde de Tibère) fut marquée par iinstiiution du nouveau sacerdoce des Augustales , de môme qu'autrefois Titus Tatius, pour maintenir la religion des Sabins, avait fondé le collège des Titii, Vingt et un prêtres furent désignés par le sort parmi les citoyens les plus notables. Tibère, Drusus, Claude et Germanicus s'y adjoignirent. » Tac, Ann., I, 54. Cf Hist., U, 95 : « Sacerdoce consacré à la gens Julia par Tibère César, comme celui que Romulus avait consacré à Tatius. »

2. On a des preuves incontestables de Texistence des magistri Jarum augmtorum dans la cité romaine et dans l'Italie avant la mort d'Auguste. Egger,. iVouv, ohserVy, p. 3iO.

d'une famille, gentilitium ; l'un a pour ministres des gens du peuple, l'autre les plus illustres citoyens de Rome, et, à leur tête, les neveux, le fils de l'empereur, l'empereur lui-même. Evidemment c'est M. Egger qui a raison.

Cependant, lorsque, sur la foi des deux scoliastes d'Horace S qui attribuent à un acte dictatorial d'Auguste la formation d'un sacerdoce augustal pour les dieux pénates à Rome , dont Suétone ni Dion Cassius ne parlent point, notre savant confrère identifie les vici magistri de ces deux historiens avec les augustales des scoliastes, et lorsque, pressant de plus en plus l'assimilation, il conclut que les augustales des municipes étaient aussi de petits magistrats urbains, de même que les petits magistrats des rues de Rome auraient été aussi des augustales , je ne peux le suivre jusqu'à l'extrémité de cette déduction. Laissons le cumul des fonctions civiles et religieuses, sans double titre, aux magistrats inférieurs de Rome, et ne donnons pas aux augustales des municipes des attributions civiles

i. PoRPHYRio, ad Horat, serm» II, 3, 281 : « Les lares, c*est-à-dire les dieux domestiques, furent placés dans les carrefours par Auguste; il nomma des prêtres de Tordre des uffrancbis, qui furent appelés augus^aZes. » Acro, ibid. : «Auguste avait fait placer les dieux pénales dans les carrefours , afin qu'on leur rendit^ un culte plus assidu. Les prêtres étaient des affranchis ; on les appelle augustales, » .

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qu'aucun témoignage historique ne leur donne. Dans les honneurs recherchés ou subis par les décurions, on dislingue les services administratifs et les sacerdoces, qui venaient pour chacun successivement, et non simultanément *; il en fui de même pour les augustales, et je crois que les deux scoliastes , à une grande distance de temps, et peut-être insuflSsaiïiment instruits, en recherchant une assimilation de titres, sont tombés dans une confusion d'idées.

L'augustalité était un honneur, mais aussi une chargea II fallait pourvoir, ou tout au moins contribuer avec le trésor municipal, aux fêtes et aux jeux annuels des lares de Tempire. Ce fut de tout temps une coutume romaine d'annexer aux dignités une obUgation onéreuse ^ particulièrement celle d'amuser le peuple, dans les siècles de liberté, pour se conciUer ses suffrages; sous l'empire, pour plaire au maître, qui voulait absolument que le peuple fût amusé. Les municipes se conformèrent à Tusage. Quelquefois un décret de la curie, en nommant un augustalisy lui accordait en même

i. Voir au codeThéodosien, livre XII, titre I*', dedecuriontbus.

2. Omis augustalitatis, Orell., 3678; Uonor uugustalit., 3213; Henzen, 5269.

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