‹ De la paix de Dieu à la paix de fer 1923Chapitre 12 sur 21 · RON · texte numérisé non relu

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« d'assurer le maintien de la paix qui vient d’être conclue. » — Il offre son arbitrage à Gênes (78). — Sur ses ordres, Cheragato essaye de ramener Îa paix dans le royaume de France; et il harangue le roi dans son palais : « Le pape, dit-il, appelle « à l’aide les puissances chrétiennes ; or, elles ne peuvent « répondre que si la paix règne entre elles. C’est pourquoi Île « pape offre sa médiation dans le but d'arriver à l’apaisement « des lamentables querelles qui les divisent... » (79). Raymond Perandi vint joindre ses efforts à ceux de Cheragato, afin de réconcilier Charles VIII et Maximilien. Il fut décidé qu’une diète se tiendrait à Francfort à cet effet. Elle eut lieu le 6 juillet 1487. Le pape avait envoyé un bref : « Quels efforts, « disait-il, Îles papes n'ont-ils pas faits déjà pour obtenir « l'union des peuples et. des princes chrétiens contre l'ennemi « héréditaire... Avant toutes choses, il importe de supprimer « toutes les causes de discordes et de querelles. Les légats « du pape sont à la disposition des princes pour atteindre ce « but... » Dans les délibérations qui suivirent cette lecture, dit Pastor, Perandi déploya une extrême habileté. Au bout de dix jours, il était parvenu à faire jurer la paix par le roi des Romains et par l’ambassadeur de Charles VIII à Francfort. — Entre temps, il parvenait, avec l’aide de l’évêque Ange, nonce du pape, à faire signer un armistice entre Mathias Corvin et l'Empereur (80). Lui-même nous l’apprend quand, à propos du congrès des puissances que le pape avait réuni à Rome pour étudier les mesures à prendre pour défendre la chrétienté, il écrit au roi de Pologne : « Depuis les premiers jours de son « Pontificat jusqu'à l'heure présente, le pape Innocent est « uniquement préoccupé des moyens de détourner les périls qui « menacent la république chrétienne. C’est pourquoi le pape « a envoyé à toutes les cours d'Europe des légats chargés « d’apaiser toutes les constestations pendantes et de travailler « à l'union des peuples en vue d’une croisade à entreprendre « en commun. JLui-même, Perandi, a visité la France, puis « l'Allemagne, et sa mission a eu pour résultat le « tétablissement de la paix entre le roi Charles et Maximilien.

(78) Zbid., t. V, pp. 241 et suiv.

(70) Zbid., t. V, pp. 286 et suiv.

(80) Zbid., t. V, pp. 288-289.

« Les troubles qui désolaient la Bretagne, la Flandre et Île « Brabant sont apaisés, il travaille actuellement à faire la paix « entre l'Empereur et la Hongrie. » — Quand le congrès s'ouviit, le Pape, tout de suite, mit sur le tapis la question de Ia paix : « Peut-être, déclare-t-il aux cardinaux, « pourrait-on se demander « s’il ne convenait pas de décréter, en vertu de l’autoria apos- « tolique, la paix ou un armistice d’une certaine durée entre les « princes chrétiens, comme le fit de son temps le pape Sixte... » — Sans aller jusque-là, le congrès insista cependant auprès du pape pourqu'il amenât les princes chrétiens à conclure entre eux une paix tout au moins provisoire (81).

Alexandre VI (1492-1503), manifesta un égal amour de la paix. Dès 1401, il disait à l’ambassadeur de Florence : « Je veux « travailler au maïntien de la paix et me montrer le père « commun de tous. » Mêmes déclarations à l’ambassadeur de Milan (14091) ; puis encore aux ambassadeurs de Naples (x497) (82). De fait, en 1495, une ligue était conclue entre Venise, l'Espagne, l'Allemagne, Ludovic le More et le pape (83). Cinq ans plus tard, devant les progrès des Turcs, le pape de nouveau fait appel à l’Europe qu'il faut encore pacifer. Perandi est encore sur la brêche. Il court vers l'Allemagne ; mais un ordre de Maximilien l’arrête à Roveredo. De 1là, ïül écrivait jour et nuit, à tous les princes et prélats d'Allemagne, de Suède, de Danemark, les adjurant « de faire la paix entre eux et de combattre les Infidèles. » Puis vers la fin de l’année, il se rend dans le Nord de l'Allemagne, dans l'intention de rétablir la paix entre Lubeck et le Danemark. — Quant au roi d'Angleterre Henri VII, s’il favorisa peu les projets du pape contre le Croissant, il déclarait néanmoins « qu’il ne pouvait « que le louer d’avoir entrepris, pour le bien de cette cause « sacrée, la noble tâche de rétablir la paix entre les princes de « la chrétienté. (84)

(81) Zbtd., t. V, pp. 296-290.

(82) PASTOR, Ibid., t. V, pp. 382 et 48r.

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