‹ De la paix de Dieu à la paix de fer 1923Chapitre 14 sur 21 · IO0 DE LA PAIX DE DIEU · texte numérisé non relu

IO0 DE LA PAIX DE DIEU

« tribunal, les princes esclaves de leurs seuls intérêts et de leurs « seules passions, ne devaient en effet s'attacher qu'aux « résultats. Mais sans scrupules pour eux-mêmes, ils ne peuvent « attendre chez autrui, des scrupules à leur égard ; avides de « s'étendre, ils doivent se garder de l’avidité des autres ; «n'ayant à compter sur aucune garantie morale, ils ne peuvent « faire état que de garanties matérielles. La politique libérée « de tout principe, se réduit à un calcul de forces. » Elle se trouve ainsi forcément ramenée « au seul principe qui se « puisse imposer à ceux qui n'en veulent avoir d'autre : au « principe d'équilibre. Ce principe, tout matérialiste exigera que « nul Etat ne puisee croître au point d’être en mesure de « dominer tous les autres, que foule augmentation de puissance « d'un prince déjà puissant trouve sa contre partie dans un « équivalent accroissement de force. » (03)

Les conséquences étaient faciles à apercevoir. Progression croissante des armements, progression croissante dans la dépense stérile des forces vives du pays, dont l’activité. désormais sera dirigée en grande partie — comme dans la société païenne ou barbare — vers la guerre.

Et c’est ainsi que développant et appliquant toujours plus rigoureusement Îles principes d’une politique matérialiste nous en sommes arrivés à organiser cette paix qui pèse sur l’Europe aussi lourdement que les longues guerres du temps passé, cette « paix de fer » que les peuples dans leurs assemblées maudissent, autant qu'ils ont acclamé jadis dans les conciles du xr1® et du xrr1e siècle la « benoîte Paix de Dieu. » (04)

(03) M. Ch. Dupuis. Le principe d'équilibre. Paris, Pertin 1909, p. 14.

(94) Ces trois dernières pages qui n’ont pas été écrites par Frédéric DUVAL reproduisent une de ses dernières conversations avec des amis catholiques, avant la guerre, et les réponses documentées qu'il faisait à leurs critiques sur son propte travail.

PIût à Dieu qu’il n’eût pas eu tellement raison |

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