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D'ailleurs, quelques chiffres vont mieux nous montrer la véracité des faits avancés par M. Defresne.
L'expérience lui a montré que la mastication, durant une heure, pouvait faire écouler 140 gr. de salive, et qu’en temps de repos, il s'écoule à peine 25 gr. de ce liquide. Donc, pendant les quatre à cinq heures que dure la digestion stomacale, l’estomac reçoit 240 gr. de salive pouvant saccharifier 40-gr. d’amidon; mais un adulte, absorbant en moyenne 115 gr. d’amidon par repas, il reste 75 gr. d’amidon à saccharifier. C’est la transformation que termine le suc pancréatique.
* Claude Bernard avança que le suc pancréatique a pour propriété caractéristique d’émulsionner les corps gras et les dédoubler en glycérine et acides gras.
Bérard, au contraire, prouve que les matières grasses peuvent être absorbées sans action pancréatique. À l'appui de son objection, il donnait le résultat d’une expérience qu’il fit sur un herbivore: il lia, chez un bœuf, le conduit du pancréas et y plaça un tube qui devait faire écouler audehors le suc pancréatique. Néanmoins, il trouva dans le canal thoracique un liquide latescent, et de là il conclut que l'absorption des matières grasses s'était faite sans le concours du liquide pancréatique. Mais CI. Bernard n’eut pas de peine à réfuter les conclusions de l'expérience de Bérard, en faisant simplement remarquer que chez le bœuf il y a deux conduits pancréatiques, et souvent même davantage.
De leur côté. MM. Bouchardat et Sandras (1), Bidder et Schmidt (2) ne croient pas au dédoublement des corps gras
(1) Annuaire de thérapeutique, 1843. } (2) Traité de maladies du foie. ï
apr en glycérine et acides gras, et avancent ce fait, à l'appui de leur critique, que la graisse, préalablement modifiée par le suc pancréatique, puis saponifiée, leur a donné de la glycérine. Cela peut-être vrai, mais cela tient à ce que la digestion n'a pas duré assez longtemps, ou qu’il y avait une trop faible quantité de suc pancréatique.
M. Defresne, répétant ces expériences avec la pancréatine, vit nettement que les corps gras sont dédoublés en glycérine et acides gras, ayant eux-mêmes la propriété de s’émulsionner spontanéinent.
Nous avons fait nous-même une solution très concentrée de pancréatine ; nous l’avons agitée avec un corps gras durant deux heures, et nous avons obtenu une émulsion crémeuse, se délayant très bien dans l’eau.
Dans une partie conservée et chauffée, nous-avons séparé la graisse qui était devenue très acide et très soluble dans l'alcool chaud.
D'un autre côté, ayant fait digérer la graisse avec la pancréatine pendant huit heures, nous avons isolé la glycérine par l'alcool, qui la dissout très bien à froid, sans entraîner la pancréatine et les acides gras.
Après une digestion de six heures environ, la pancréatine émulsionne 24 fois son poids de corps gras, se mélangeant à l’eau parfaitement.
M. Lassaigne (1), ayant fait de nombreuses expériences, est arrivé au résultat suivant :
1° L'action du suc pancréatique sur les huiles s'exerce, à une assez faible température (de + 12° à H 15°\, en quelques heures. En effet, en mouillant, en différents endroits, un papier bleu de tournesol avec l’émulsion produite par l'huile d'olives et le suc pancréatique, les parties mouillées
(1) Comptes rendus de l’Institul.
du papier bleu rougissent peu à peu de la circonférence au centre en présence de l'air, et il n’est pas nécessaire de maintenir le mélange d'huile et de suc pancréatique pendant 12 à 14 heures à la température de + 38°:
2° À 159, lemélange de sue pancréatique et d'huile d'olives s’acidifie après un temps égal dans les vases qui le contiennent; |
3° Cette acidification se produit dans divers gaz, tels que l'oxygène, l'hydrogène, l'azote, l’oxyde de carbone; l'air ne semble donc pas participer à cette singulière réaction, qui est peut-être due à une force de la même nature que celle “désignée par Berzélius sous le nom de force catalytique ;
4 Le suc pancréatique peut conserver son alcalinité faible et sa propriété d'agir sur l'huile pendant plusieurs jours ;
D° Dans les conditions où l'huile est modifiée par le contact du suc pancréatique, le sucre et la gomme, dissous dans ce fluide, conservent leur neutralité, ce qui dénote l’action toute spéciale qu’il exerce sur les corps gras. A
Nous venons de voir la pancréatine attaquer avec une égale énergie tous les aliments; nous l’avons vu successivement
igérer 30 gr. d’albumine cuite ; saccharifier 9 fois son poids digérer 30 gr. d’alb e cuite ; Sacc
. d’amidon, et émulsionner, en les transformant, 24 gr. de
corps gras. Mais là ne se borne pas l’action de ce précieux ferment. En effet, 1 gr. de pancréatine peut modifier simultanément ces trois substances, c’est-à-dire digérer 30 gr. d’albumine, 9 gr. d’amidon, 24 gr. de corps gras. En un mot, elle agit sur 63 fois son poids d’aliments solides.
en ns One sur © Faihamie; chargée d’albuminose sur Vamidon ; chargée d’ albuminose et de sucre sur la 6 a e.
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