OBSERVATION XXII
(Mass rapportée par R. Fitz)
Femme de 39 ans plutôt grasse. — Se livre à la boisson. Un an ou deux avant sa maladie, elle est prise d’inappétence, de gêne après le repas, de renvois gazeux, de constipation opiniâtre, douleurs subites épigastriques sans cause connue, constipation
ET pee
et vomissements. — Le lendemain, la douleur s'accroît mais diminue après les vomissements. — Le jour suivant, la malade après un repas copieux est prise de douleurs insupportables à l'épigastre. Le hoquet et les vomissements deviennent incessants
L’abdomen est tuméfié.
Pouls : 120. Température : 103,4 Fahrenheit.
La malade reste plusieurs jours dans cet état. — Constipation opiniâtre.
On soupçonna une obstruction intestinale. — On prescrivit de l'huile de castor qui donna une selle suivie d’un abaissement notable du pouls et de la température.
Admise à l'hôpital, elle y resta deux semaines. — Pendant son séjour, la malade est en état de stupeur. — La douleur épigastrique est modérée. Les nausées et vomissements persistent. Incapab'e de manger des aliments solides. — La peau n’est pas chaude,
le pouls est à 80. — On n'obtient des selles que par des laxatifs,et des lavements. Traces d’albumine dans l'urine. L'abdomen est plein, arrondi. — Rien à la palpation. Pendant la fin de son
séjour, la malade commence à se lever chaque jour un instant.
Elle quitte l'hôpital sans l'avis des médecins, et on suppose qu'elle se livra à la boisson.
Le Docteur Sears la vit trois jours après. Elle souffrait vivement et se maintenait dans un état de stupeur. La soif était intense, mais elle vomissait immédiatement ce qu'elle avalait.
L’expectoration consistait en un mucus épais et mousseux. Pouls : 120. Température : 99,4 K. L’abdomen est distendu. Les parois rigides. — On trouve une tumeur à l'épigastre et dans l'hypochondre droit. — Cet état persiste encore pendant trois jours, puis elle entre à l'hôpital où elle meurt en quelques heures, 7 semaines après le début de la maladie.
Autopsie. — Le pancréas a son volume et sa densité normaux. Sa couleur est d'un gris foncé. À la partie inférieure de la tête, on trouve une cavité cloisonnée à parois vert-sale, anfractueuses et contenant une substance caséeuse et nécrotique. Une grosse branche du canal s’ouvre dans la cavité par une déchirure. — Les parois près de la cavité sont vertes et molles. — Le canal principal est intact, mais contient près de son orifice une petite quantité de liquide visqueux, brunâtre. Le tissus péripancréatique graisseux forme une partie de la cavité décrite plus haut.
VO
A côté de l’exirémité splénique du pancréas, on voit une cavité creusée dans le tissu graisseux, de la grosseur d’une noisette et contenant un liquide verdâtre. Çà et là, dans le tissu environnant et dans le tissu graisseux du mésentère du mésocolon et de la paroi abdominale postérieure, on trouve de petits nodules blancs opaques, surélevés, de la grosseur d'une tête d'épingle à celle d’un pois. Il y en a d'agglomérés en petite masse. Leur contenu s'énuclée facilement. Les plus petits de ces nodules sont fréquemment limités par un bord injecté.
Rien d'anormal dans la veine porte et ses branches. Le foie présente des traces d'atrophie brune : la vésicule et le cholédoque contiennent des calculs. Pas de marque de péritonite généralisée, mais en disséquant le mésocolon on trouve de faibles adhérences. A l'examen microscopique du tissu graisseux, on trouve des traces de nécrose graisseuse caractéristiques et une infiltration de cellules embryonnaires. Il y a également de petits abcès et une infiltration de leucocytes. .
On voit de plus des taches circonscrites arrondies composées de cellules plates plus ou moins allongées entourées d’une bordure fibreuse. Ces cellules sont de taille variable, quelques unes beaucoup plus grosses que les cellules graisseuses à plusieurs noyaux, d'autres, et ce sont les plus petites, sont quatre fois plus grosses que les globules sanguins. Ces plaques font penser à un vaisseau lymphatique bourré d’endothélium desquamé et œdémateux.
On fit de plus une analyse du tissu graisseux nécrosé et une recherche bactériologique qui permit d'isoler quatre sortes de bacteries.
1) Un organisme lactescent, fluorescent, ayant l'aspect d'un mince et court batonnet, de taille moitié moindre que le bacille de Koch.
2) Un organisme très semblable au staphylocoque doré et par ses cultures et par son aspect.
3) Des bacilles très courts plutôt minces, non liquéfiants qui formaient des pellicules minces, grisâtres, presque translucides et chagrinées sur gélatine et agar-agar, tout autour de la piqûre.
4) Un organisme qui fut trouvé en très grande quantité. Les. cultures se montrèrent comme des colonies finement perlées tout
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le long de la piqûre avec une extrémité aplatie, gris perle s'étendant à deux ou trois millimètres sur la surface du milieu nutritif. Au microscope, il se présente sous forme de bâtonnets très courts, épais, ressemblant quelque peu à l'aspect des coupes de tissu nécrosé. Il ne liquéfiait pas la gélatine.