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COULEUR GÉNÉRALE DE LA PAPILLE

Si Ton examine à rophthalmoscope les yeux d'un sujet blond ou ceux d^un sujet brun, on constate dans les deux cas une coloration du fond de l'œil très-diflérente. Cette différence d^aspect, s'il faut en croire les auteurs, tient à la pigmentation de la choroïde, que l'on verrait à travers la transparence de la rétine. En effet, le pigment choroidien, très-abondant chez les bruns, donne à l'oplithalmoscope une coloration rouge foncée, tandis que chez les blonds, où la pigmentation est moins riche, la rétine apparaît avec une couleur rouge claire. Nous nous rattachons complètement à celte opinion, cependant nous ferons entrer en ligne de compte un autre élément qui nous parait avoir une certaine importance : nous voulons parler de la circulation. Il est manifeste, en effet, que plus le système circulatoire sera riche, surtout la circulation capillaire, plus la coloration du fond de l'œil sera modifiée proportionnellement, toute chose étant égale d'ailleurs : cet état se traduira par un aspect d'un rouge plus vif.

Pour lacolorationdelapapille, nous ne pouvons invoquer le pigment, le microscope ayant démontré son absence sur cette portion de l'organe de la vue ; mais, comme nous l'avons dit plus haut, elle possède un riche réseau capillaire.

raisons : la circulatioD chez les gens âgés est moins active que dans Tenfance, et en second lieu les milieux réfringents ont une transparence moindre.

L'adulte a des papilles qui sont le terme moyen entre celles de la vieillesse. Nous ne voudrions pas cependant ériger celte proposition en loi absolue, et prétendre, par exemple, qn'à la vue du fond de l'œil on peut annoncer l'âge d'un individu : nous ne nous sentons pas capable d'un pareil tour de force.

La couleur rosée est aussi plus vive, indépendamment de l'âge, après une course rapide, une récréation dans un pensionnai, un travail pénible, des efforts répétés, une veille employée à un travail d'esprit sérieux, après un repas copieux, après d'amples libations.

Nous avons pris encore des observations chez les femmes • en état de grossesse, et nous avons constaté des différences appréciables, abstraction faite des cas d'albuminurie, en prenant pour terme de comparaison des femmes qui n'étaient pas enceintes, d'un même tempérament et d'une même constitution.

L'influence des sexes est nulle chez les enfants, chez les adultes et chez les vieillards, toute chose égale d'ailleurs : la papille n'offre pas de différence appréciable à l'ophlbalmoscope.

Nous avons dit les cas les plus communs comme coloration générale de la papille : il est quelques exceptions. Nous avons signalé dans nos observations ces papilles blanches bleuâtres, présentant assez bien l'aspect de la sclérotique chez certains sujets. Cette coloration est notée chez

les auteurs, mais aucun d'eux ne donne l'explication de ce phénomène. Nous signalerons encore la couleur de certaines papilles. Dans les 7^ et 8% 21^ et 22** observations, il est noté que les papilles sont d'un jaune rougeâtre. Cet aspect nous a paru tellement bizarre que nous nous sommes demandé, si nous n^étions pas en présence d'une altération du nerf optique. En conséquence, nous nous sommes livré à un examen minutieux : après avoir mis en usage tous les procédés d'investigation dont nous disposions, nous avons constaté l'intégrité absolue de l'acuité de la vision. Dès lors, nous avons cherché dans les livres spéciaux et nous avons trouvé que Follin, dans sa pathologie externe, faisait mention de celte singulière coloration.

En somme, il ressort de l'observation que les nuances du blanc au gris sont variables, mais dans tous les cas on retrouve toujours la couleur rosée. Pour nous, c'est la coloration propre de la papille normale et, si elle manque, il y a altération du nerf optique, sauf les cas très-rares de papilles jaunes rougeâtres.

Que ces altérations soient simplement de 1 anémie, ou un degré plus ou moins avancé d^atrophie, hyperémie ou inflammation de nature quelconque, la base du diagnostic repose sur cette coloration spéciale.

Considérations pathologiques

Nous venons de dire que chez les enfants, jusqu'à l'âge de huit ou dix ans, la papille offrait un aspect très-rouge, même carminé; (observations 1, 2, 3, 4, 5, 6); nous avons noté que certains états physiologiques, la grossesse

en particulier (observ. 42, 43, 44, 45), modifiaient la couleur générale de la papille optique, enfin nous avons fait remarquer qu'une course rapide, une récréation dans un pensionnai, un repas copieux, une veille employée à un travail d'esprit sérieux, etc. (obs. 37, 38, 39), apportaient des changements considérables dans Torgane.

Ces diverses modifications se traduisent à l'ophthalmoscope par une coloration de la papille plus rouge qu'à l'état normal, quelquefois même son contour n'est pas tout-à-fait aussi net, et l'on peut voir, comme une atmosphère sombre qui environne j'organe. Cette dernière apparence est surtout remarquable chez les femmes dont la grossesse est à terme. Chez les gens qui, par un exercice quelconque, se sont fatigués outre mesure, on remarque un état analogue, mais un peu moins prononcé.

Tout le monde sait que la neuro-rétinite se traduit à Texamen ophthalmoscopique par des symptômes analogues.

Nous ne ferons pas entrer en ligne de compte pour établir la différence entre les deux états, l'acuité visuelle, qui pour la neuro-rétinite est au-dessous de l'acuité visuelle normale.

Nous ne nous occuperons que des signes fournis par l'ophthalmoscope. En effet, dans la majorité des cas, les symptômes fonctionnels de l'organe pourront servir pour porter un diagnostic exact ; mais , dans quelques cas particuliers, l'acuité visuelle peut n'être d'aucun secours.

Avec l'aide de l'ophthalmoscope, on arrivera le plus souvent à établir nettement un diagnostic entre la neurorétinite et ces injections neuro-rétiniennes. En effet, dans

les cas normaux, où le ^ioule est peimis par suite de Tinjection des papilles, la coloration du disque optique est uniforme, rose vif, mais d'une grande pureté , tandis que dans la neurorètinile, la teinte de la papille n^est pas uniforme, celle-ci paraît avoir été balayée par un pinceau chargée d'ocre : aspect produit par des exsudais.

Dans cette affection, la papille optique a complètement perdu son éclat et semble striée : ce sont des stries formées par les fibres nerveuses. Elle affecte à ce moment de grandes ressemblances avec l'œillet panaché, dit Warlomont. Hutchinson lui a donné le nom de 7ierf lanugineux.

Il est important de noter, qu'à l'inverse de leur état normal, les veines sont plus volumineuses sur le plan de la rétine, à une certaine distance du disque optique, que sur le disque même. Ces vaisseaux sont, en effet, comme étranglés par les exsudats sur la papille optique, dans une certaine zone péripapillaire^ variable d'étendue.

Nous nous demandons si cet état d'injection de longue durée du fond de l'œil, chez les femmes enceintes, n'est pas capable de déterminer une véritable inflammation, une neuro-rétinite. Il ne nous semble pas impossible qu'il puisse en être ainsi. Quelque soin que nous ayons mis à chercher dans les auteurs la confirmation de cette idée, nous ne IV vons pas trouvée. Cependant, notre observation 44 nous porte à croire que, parmi les causes de la neuro-rétinite, il serait juste déplacer la grossesse.

I II. — Sur des papilles saines, on rencontre quelquefois des plaques noires, qui sont formées par du pigment. Ces plaques isolées (obs. 19, 29), ont été signalées par M. Maurice Perrin. fig. 5, planche VII de son atlas. De

cet clal physiologique, nous devons rapprocher un étal pathologique grave, l'hémorrhagie de la papille. Celle erreur regrettable, avec un peu d^atlention, on ne devra jamais la commettre. En effet, la tache de pigment, sur une papille optique normale, présente une coloration uniformément noire, tandis qu'un foyer hémorrhagique présente une couleur rouge noire.

Dans cette affection^ il peut arriver qu'une portion des fibres nerveuses s'^atrophient et, qu'au fur et à mesure de cette atrophie, une pigmentation particulière apparaisse sur la section du nerf. Il y a donc deux états de pigmentation, l'un normal, l'autre pathologique. Les nuances des images ophthalmoscopiques ne seront ici d'aucune ressource, c'est aux symptômes fonctionnels qu'il faudra avoir recours. Dans l'état pathologique, l'altération de l'acuité visuelle sera toujours en rapport avec la quantité des productions pigmentaires morbides. On ne connaît du reste que deux observations bien authentiques de celte affection, l'une due àLiebreich (Annales d'oculist., t. LU, p. 31), l'autre de Knapp (Arch. fur ophthalm., Bd XIV, A 1).

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