CONSIDÉRATIONS PATHOLOGIQUES
La forme anguleuse est plus rare. Heymann (Annales
d'oculistique, l. L., p. 57), a dit en 1863 que la papille anguleuse était particulière aux sujets alteinls de strabisme convergent. Tous les livres d'oculislique se sont fait un devoir d^enregistrer cette particularilc. Certes, si tous les sujets dont l'une ou l'autre papille esl anguleuse étaient atteints de strabisme convergent, l'humanité serait certainement à plaindre. Quoiqu'on en ait dit, nous sommes forcé de ne pas nous ranger à celte opinion, qui nous parait exagérée. Nous avons examiné les yeux de plusieurs sujets atteints de slral)isme convergent, et si nous avons trouvé quelques papilles anguleuses, nous en avons trouvé de ctrculaireSy d'obliques, comme chez les individus dont la vision est normale cl dont Taxe nntéro-i^osléricur de Tœil n'est pas dévié.
Quelle que soit la forme de la papille, ni l'acuité visuelle, m la distance de la vision distincte ne sont changées, ces modifications d'aspect dans l'image du disque optique sont donc des états normaux.
Les dimensions de l'organe sont pour le moins aussi variables que la forme. La circonférence de là papille sur le cadavre a0°"0015 de diamètre, à i'ophthalmoscope et avec une lentille de 2 p. et demi, le disque nerveux paraît avoir à peu près 0"*01 cent, de diamètre. Il nous a paru résulter des examens nombreux auxquels nous nous sommes livrés, que souvent les deux papilles étaient d'égale dimension, plus souvent encore que la droite était plus grande que la gauche ; enfin, il nous a paru que la gauche était quelquefois, mais rarement, plus grande que l'autre.
rotique, laissée à découvert par la choroïde, qui n'avance pas jusqu'au disque nerveux. On sait, en effet, quelagaîne externe du nerf optique ne traverse pas l'ouverture de la sclérotique et le plus souvent même fusionne ses fibres avec celles de cette membrane.
Enfin sur les limites du cercle externe, oh voit un cercle d'aspect gris foncé, noir par places, dont l'aspect est dû au pigment choroïdien en quantité plus ou moins considérable selon les sujets.
Outre cet aspect, on aperçoit quelquefois sur cette portion de l'organe un segment d'une grandeur variable et d'une couleur grise rosée, ayant à peu près la couleur du cercle intermédiaire.
Cette demi- lune que l'on confond quelquefois avec un segment d'atrophie choroïdienne, lorsqu'on est peu familiarisé avec l'ophthalmoscope, nous paraît être un faisceau de libres nerveuses, non encore dissociées, qui donne un léger reflet produit par une petite réflexion de la lumière.
Cette portion du fond de l'œil, qui, à proprement parler ne fait pas partie de la papille, mérite cependant de lui être rattachée, parce qu'elle lui forme une limite périphérique.
M. Perrin signale chez les vieillards (fig. 1, 3, 5 PI. IX) un élargissement sénile sclérotical. A cet âge, dit-il, on observe au pourtour de la papille une plaque qu'on dirait être une scléro-choroïdite postérieure.
Supposons maintenant que la largeur de l'un ou l'autre cercle prédomine dans la surface de la papille et nous aurons l'explication de ces papilles dont la coloration est à
peu près uniforme. Ces cercles ont une importance capitale dans le diagnostic des maladies du nerf optique, car c'est sur eux que se montrent les premières modifications morbides.
Toutefois, s'il est jusqu'à un certain point facile de comprendre comment il se fait que certaines papilles paraissent uniformément grises, nous voyons moins bien comment on arrive à expliquer la coloration uniformément blanche de certaines autres. Car, on comprendrait très-bien que les fibres nerveuses en nombre très-considérable pussent masquer la plus grande partie des intervalles de la lamina cri- 'brosa et donnassent ainsi un aspect grisâtre. Mais dans les cas des papilles dont la couleur blanche est uniforme, fautil attribuer cet aspect à une pauvreté de la substance nerveuse ? La chose n'est pas probable, car dans ces cas, trèsnombreux du reste, l'acuité visuelle est normale, et la vision n'est pas inférieure à celle des papilles grises ?
Les fibres nerveuses seraient-elles devenues pâles ? Manifestement non, puisque cet état est un degré avancé de la dégénérescence nerveuse incompatible avec une vision normale. Serait-ce une conséquence de l'accumulation du pigment à la périphérie du disque nerveux? Comment expliquer alors que certaines papilles sont blanches uniformément, lors même qu'au pourtour on ne découvre que trèspeu de pigmentation ?
Ce n'est pas non plus la conséquence de l'anémie, car chez les sujets robustes, nous avons noté cette particularité. Nous avouons en toute sincérité que cette coloration a une origine qui nous est inconnue.
Souvent encore les cercles sont incomplets, ils manquent
soU en dehors, soit en dedans, soil en haut, soit en bas de la papille ; dans la plupart des cas où ils ne forment pas ;Une circonférence fermée, c'est la portion interne qui manque.
Quoi qu'il en soil, les cercles ont une disposition symétrique. Quand ils existent adroite, on les retrouve toujours à gauche. Il est remarquable que, parmi les nombreuses différences qui existent sur les papilles d'un même individu au point de vue de la forme, de la grandeur, des artères, des veines et des limites périphériques, il existe deux choses qui n'ont pas de modification sensible, ce sont : la couleur générale et l'existence des cercles. Faisons remarquer que» lorsque les cercles sont incomplets d'un côté, ils ont la même disposition de l'autre ; lorsqu'ils manquent entièrement à gauche, ils n'existent jamais à droite. C'est une règle que nous donnons comme générale.