ANALOGIE PATHOLOGIQUE
L'excavation physiologique ou cercle mterne atteint quelquefois de telles proportions qu'à s'y méprendre on pourrait la considérer comme un état pathologique. Il arrive quelquefois^ et nous n^en voulons pour preuve que la Fig. 5 de Tatlas de Liebreich, que des ophthalmologues pourraient être induits en erreur, si Ton n'avait pour faire un diagnostic entre cet état et l'excavation du glaucome, les symptômes fonctionnels de l'organe de la vision. Cependant même dans ces cas difficiles, comme ophthalmoscopie, il y a des différences notables que nous allons mentionner.
Et d^abord, il est bon de dire que les cas où la confusion entre l'excavation physiologique et l'excavation glaucomateuse est permise sont très-rares ; car dans le glaucome les milieux réfringents ont rarement conservé leur transparence, le corps vitré étant presque toujours le siège de corps flottants très-nombreux. Il est même des glaucomes sans excavation. Il suffit cependant que le doute puisse exister pour que nous devions en tracer la différence. Lorsque la papille optique se creuse en une excavation dite glaucomateuse, le cercle sclérotical, dont la largeur est peu considérable à l'état normal, parait s'aggrandir et présente la forme d'un anneau de coloration jaune claire, le cercle choroïdien est d'une teinte très-foncée, pendant que le centre offre l'aspect brillant des tendons. Dans certains cas cependant le fond de l'excavation est jaune verd&tre. Les dimensions de cette excavation sont, du reste, très-variables, suivant la période de la maladie : à un degré
Dans la planche ix de son altas, M. Perrin a dessiné trois figures 1^ 3, 5, qu'on pourrait prendre pour des staphylômes postérieurs, si l'on n'était prévenu de cet état chez les vieillards. A tout prendre, c'est une forme d'atrophie choroidienne spéciale puisque les éléments de la choroïde disparaissent pour laisser voir la sclérotique sous forme d'une demi-lune péri-papillaire. Mais où la différence est nette, c'est que la choroïde ne disparaît jamais en totalité, puisque « on peut observer sur la plaque quelques petits vaisseaux choroïdiens : » Ce qui établit une grande différence entre cet élat physiologique et le staphylôme postérieur. Cela prouve simplement que la circulation de l'organe perd de son activité et de sa richesse par l'influence de l'âge.
En définitive, cet état normal de M. Perrin serait un état pathologique, celui que nous décrivons est absolument normal, nulle part on ne voit de lésion. Autour de Ja papille dans une étendue variable, toutefois peu considérable, et n'atteignant jamais une demi-circonférence de longueur, on voit une petite plaque de forme semi-lunaire, de couleur grise rosée, ressemblant comme coloration à celle du cercle moyen, un peu plus blanche peut-être.
Par son siège, par sa forme, on pourrrait la prendre pour une plaque d'atrophie choroidienne, mais par sa couleur elle s'en éloigne tellement que le doute n'est plus permis. Cet aspect de la papille optique normale est rare, puisque sur 42 observations nous ne Tavons vu que deux fois, et chaque fois sur une seule papille du même individu. Cependant il faut être prévenu du fait pouréviter des erreurs regrettables.